Info jour de galop

Autres informations / 29.11.2008

Info jour de galop

 

CHICHICASTENANGO,

VENDU, PART AU JAPON

L’information circulait depuis quelques semaines dans les

backrooms de l’élevage. L’association qui possède Chichicastenango (Smadoun) avait reçu une offre de la famille

Yoshida, à la tête de Shadaï Farm, le plus important haras japonais.

L’opération a demandé un peu de temps en raison d’approches divergentes des propriétaires-associés

de Chichicastenango, mais, cette fois, l’information nous a été

confirmée : la vente de Chichicastenango a été signée. L’étalon quitte ce

samedi matin le haras de Victot où il a exercé toute sa carrière de

reproducteur depuis ses débuts en 2003. Il passe par l’Angleterre pour

respecter les exigences de quarantaine et subir les ultimes tests nécessaires à

sa vente. Mais sur le fond, la vente est effective.

 

Une perte pour

l’élevage français

C’est incontestablement une perte pour l’élevage français. L’étalon

lancé par Roland Monnier (propriétaire et dirigeant du haras de Victot) a connu

un début de carrière fulgurant. Avec une jumenterie tout ce qu’il y a de plus

commun – et il n’y a là aucune condescendance –, Chichicastenago a produit, dès

sa première génération née en 2004, deux lauréats de Groupes : Chinandega, titulaire du Prix des

Réservoirs à 2ans et Chichi Creasy, lauréat

du Prix de Fontainebleau (Gr3) à 3ans. La deuxième production allait être

meilleure encore. Treize gagnants individuels dont… Vision d’Etat. En 2008, ce dernier, invaincu lors de ses six

premières sorties, a occupé avec certitude la place du meilleur 3ans français

sur la distance classique. Sa série comprend les Prix du Jockey-Club (Gr1) et

Prix Niel (Gr2). Sa cinquième place un Arc de Triomphe relevé, dominé par la

phénoménale Zarkava (Zamindar), le

positionnait au premier rang de la génération classique, exception faîte de la

lauréate.

 

Les vendeurs

Ils sont trois, à savoir les coéleveurs du cheval :

Gaétan Gilles et Sylvain Ouaki et l’indivision Béatrice Brunet. C’est sous les

couleurs de Béatrice Brunet que le cheval a connu une carrière au plus haut

niveau, remportant deux Groupes 1, le Prix Lupin (Gr1) et le Grand Prix de

Paris (Gr1), dans sa formule sur 2.000m (lire « un très bon cheval de

courses »).

Gaétan Gilles nous a déclaré qu’une tentative de syndication

avait été lancée en France. Avec succès puisqu’un groupe d’investisseurs

français et étrangers a été réuni. Roland Monnier a ajouté qu’un accord avait

été trouvé, pour que les propriétaires initiaux obtiennent une répartition

équitable des parts. Ensuite, certaines de leurs parts étaient mises sur le

marché dans le cadre de la syndication, sur la base de 80 parts. Mais

parallèlement, une offre a été communiquée à Patrick Barbe pour explorer la

piste d’une éventuelle transaction au Japon. Celle-ci a été acceptée par Shadaï

Farm et s’est révélée supérieure à ce qui pouvait être obtenu dans le cadre de

la syndication française. La vente à l’étranger a, alors, pris le pas sur les

autres scénarios.

« Nous pensions

fixer le prix de saillie à 8.000€ pour 2009, nous a déclaré Gaétan Gilles. Ou peut-être un peu plus, à 10.000€, si le

cheval avait été syndiqué. C’est toujours difficile de laisser partir un tel

cheval. Mais nous n’avons finalement pas eu vraiment le choix. »

Roland Monnier aura été l’étalonnier qui a

« fait » Chichicastenango. « J’ai

toujours cru en ce cheval qui s’est exprimé au haut niveau sur des distances

différentes (de 1.600 à 2.400m, ndlr). J’ai bien sûr tout fait pour le

conserver dans le cadre d’une syndication mais rien n’y a fait : l’offre

japonaise nous était supérieure. »

 

 

Chichicastenango, un

très bon cheval de course

Entraîné par Philippe Demercastel, Chichicastenango a montré

très tôt de la qualité. Ponctuant sa saison de 2ans par une victoire dans le

Prix Thomas Bryon (Gr3), il a obtenu deux Gr1 à 3ans : les Prix Lupin et

Grand Prix de Paris (2.000m). Entre ces deux victoires, il a obtenu une

deuxième place ultra-valorisante dans le Prix du Jockey-Club (Gr1, 2.400m), à

une demi-longueur d’Anabaa Blue

(Anabaa). Quatrième durant l’été du Prix Jacques le Marois (Gr1), synonyme d’un

raccourcissement sur le mile, il s’est ensuite classé troisième du Prix Niel

(Gr2). Cette sortie sera sa dernière avant des ennuis tendineux. Chichicastenango

a toujours montré, en compétition, le tempérament d’un cheval combatif et dur à

la lutte. Cette carrière au plus niveau a permis à Béatrice Brunet de vivre une

grande et ultime « folle » histoire. « Chichi » est alors

devenu un allier de poids contre la maladie qui l’habitait. Elle attendait,

avec impatience, de voir les premiers produits de son représentant. Mais la

maladie aura eu raison d’elle en 2003, avant même la naissance de la première

génération de son cheval de cœur.