Prix cambaceres

Autres informations / 10.11.2008

Prix cambaceres

 

LONG RUN : MISSION ACCOMPLIE !

Dimanche 9 novembre, Auteuil. En ce dimanche

international à Auteuil, les 3ans sacraient leur leader, dans le Prix Cambacérès

(Gr1). En l’absence de Viotti (Dream

Well), dont l’ombre plane toujours sur cette génération, c’est Long Run (Cadoudal) qui en prend les

commandes. A lui désormais de tenter de garder son trône l’an prochain,

challenge, au vu du palmarès, toujours difficile à réaliser.

 

Un final vraiment haletant

Dans

le dernier tournant, Long Run semblait au-dessus du lot. Mais rien n’était

encore fait et ils étaient encore sept ou huit à pouvoir lutter pour la

victoire. Entre les deux dernières haies, nous avions l’impression d’assister à

une arrivée de handicap, avec plusieurs chevaux se tenant à peine deux

longueurs. Au saut de la dernière haie, Long Run, alors en tête, commettait une

très grosse faute et le doute s’est alors installé un instant. Qu’allait-il se

passer ? En cheval dur, Long Run allait repartir sur le plat pour

s’imposer en champion des 3ans devant un excellent Buck’s Boum (Cadoudal). « J’étais

inquiet au saut de la dernière haie, quand il a fait sa faute, expliquait

Guillaume Macaire. Mais David (Cottin, son jockey, ndlr), m’a dit qu’il avait

encore du gaz, ce qui l’a fait « survivre ». »

 

De grandes premières

Ce

Prix Cambacérès permet à Long Run de remporter son premier Gr1. Mais, ce n’est

pas la seule première de cette course. En effet, Guillaume Macaire, qui possède

un palmarès déjà bien rempli, remportait son premier Prix Cambacérès. L’autre

grande première, c’est la victoire au niveau Gr1 de David Cottin. Encore

gentleman l’an dernier, il avait d’ailleurs fini tête de liste de cette

catégorie. Il venait de remporter son premier Groupe grâce à Long Run dans le

Prix Georges de Talhouet-Roy (Gr2). Cette fois, c’est à l’étage au-dessus

qu’ils se sont illustrés et David Cottin, désormais jockey professionnel,

remporte donc son premier Gr1.

 

Pour le moment, Long Run reste en France

Avec

cette victoire, Long Run pourrait attirer les convoitises d’acheteurs anglais,

toujours friands d’achats de chevaux français. Mais, son entraîneur, Guillaume

Macaire, expliquait après la course : « Pour

le moment, Long Run reste en France pour son année de 4ans. C’est un cheval qui

a été économisé. C’est sa première course dure aujourd’hui. On peut donc voir

l’avenir avec une certaine sérénité. »

 

Un élevage familial mis en exergue

Comme

le champion Master Minded (Nikos),

Long Run a été élevé par Benoît Gabeur, vétérinaire équin bien connu, et sa

femme. Ils possèdent cinq poulinières. C’est un véritable élevage familial qui

mobilise toutes les énergies, y compris celles des enfants. Chacun a son rôle

et, après la victoire, c’était madame, l’éleveur officiel, qui était chargée

d’aller chercher le trophée sur le podium. Guillaume Macaire, toujours

intarissable quand on aborde le domaine de l’élevage, rappelait : « Les éleveurs font toujours au mieux. Il

est toujours difficile d’expliquer pourquoi un produit est meilleur que

certains de ses frères et sœurs l’ayant précédé. Long Run est un Cadoudal, un

étalon qui a fait ses preuves. Sa mère était d’un bon niveau également et a

déjà donné des bons chevaux. » La mère de Long Run, Libertina (Balsamo) a remporté une

course en haies, à Pau et a donné de bons compétiteurs. C’est la mère de Liberthine (Chamberlin), lauréate à

Auteuil, puis exportée en Angleterre où elle compte un titre peu banal :

une cinquième place dans le Grand National d’Aintree (Gr3), la course anglaise

mythique par excellence. Un autre produit, Bica

(Cadoudal), a remporté deux épreuves à Auteuil avant de suivre également la

voie anglaise. Il a remporté un petit steeple à Kelso.

 

Buck’s Boum, un cheval en devenir

La

grande révélation de ce Prix Cambacérès s’appelle Buck’s Boum, excellent deuxième.

Déjà, le 9 octobre, à Auteuil, dans le Prix de l’Hippodrome de Rostrenen, il

avait montré une partie de son potentiel, l’emportant facilement. Cette fois,

pour son premier essai au niveau des Groupes, il prouve qu’il a sa place parmi

les meilleurs de la génération avant, pourquoi pas ?, d’en devenir le chef

de file l’an prochain. Il possède, en effet, un profil qui le destine à être

meilleur encore à 4ans. Son entraîneur, René Eloi Lecomte, nous livrait après

la course : « Il fait une

course très honorable, mais il a eu du mal à trouver son équilibre dans ce

terrain. »

 

Buck’s Boum et sa famille en or

En

plus d’être bon, Buck’s Boum est également très bien né. C’est le frère de Big Buck’s (Cadoudal), lauréat à

Auteuil du Prix Amadou (Gr2) et 2e du Prix Alain du Breil (Gr1).

Désormais, en Angleterre, chez David Nicholls, il a remporté le John Smith’s

Mildmay Novices’ Chase (Gr2), à Aintree. « Je

le pense meilleur que Big Buck’s, désormais en Angleterre, nous a dit Henri

Poulat, éleveur des « Buck’s ». Son entraîneur ne tarit pas d’éloges

à propos de Big Buck’s et vise avec lui la Cup »

Henri

Poulat est installé au haras de Rabodanges, dans l’Orne. Il connait une très

belle réussite avec les descendants de Bucks

(Le Glorieux), la mère de Buck’s Boum. Pourtant, « je n’ai que deux poulinières, Buck’s et Buck’s Beauty (Lyphard’s Wish), une fille de Buck’s. Cette année,

Buck’s ira encore à Trempolino. Elle

a un 2ans et un yearling par Turgeon, ainsi qu’un foal par Trempolino. Buck’s

Boum sera encore meilleur l’an prochain. Ce n’est pas dans les projets de le

vendre. Nous l’avons gardé entier en pensant à son avenir d’étalon. Il est par

Cadoudal, l’un des meilleurs étalons d’obstacle. Maintenant, vous le reverrez

la saison prochaine. »

 

Kalin des Côtière, un dur à cuire

Comme

à son habitude, Kalin des Côtières (Ski

Chief) a rapidement pris la tête de l’épreuve. C’est un cheval très courageux

et très dur et sa troisième place est très méritoire. Il n’a jamais flanché

dans la phase finale et est parvenu à repousser plusieurs attaques. Jean-Paul

Gallorini, son entraîneur, nous disait après la course : « Ils sont venus l’embêter à partir de

la haie du Pavillon. A chaque fois qu’ils venaient à sa hauteur, Kalin des

Cotières repartait car il est très généreux. De plus, il a eu le mérite de

supporter tout le poids de la course et de s’être déferré avant le

départ. »

Son

éleveur/propriétaire, Marcel Basset, se montrait ravi et nous commentait :

« Je suis très heureux même s’ils

sont venu l’embêter en face, notamment. La première fois que j’ai vu Kalin des

Cotières passer devant les tribunes à l’occasion du Prix Finot (L), j’en ai eu

la larme à l’œil tellement son action m’a impressionné. J’ai trois poulinières

du côté de Loudéac et je vends rarement mes produits car je fais de l’élevage par

passion. J’ai fait naître Flame des

Côtières qui s’annonce prometteuse. Kalin fait partie de la famille de Rocky des Côtières (Diamond Prospect), un bon cheval. Pour Kalin, j’ai

voulu apporter de la vitesse dans son pedigree avec Ski Chief (Chief’s Crown) et cela fonctionne bien. Je pense que

l’on pourrait revoir Kalin à la fin du mois de novembre dans la Grande Course de

Haies d’Enghien (Gr3) s’il récupère bien. Ensuite, il aura droit à un peu de

repos avant de revenir à 4ans. »

 

Et Viotti ?

Lauréat

de ses trois seules sorties à Auteuil, Viotti a longtemps été considéré comme

le chef de file de cette génération des 3ans. Mais, il n’a pu venir le prouver

ici, à cause de problèmes de santé. Au printemps, il avait par deux fois battu

Long Run et son absence laisse planer un doute. Qui est vraiment le meilleur

des deux désormais, sachant que Long Run a progressé depuis ? Nous ne le

sauront pas cette année, mais Jean-Paul Gallorini, entraîneur du poulain, commentait :

« Mon regret concerne Viotti, car il

avait devancé à deux reprises Long Run… »