Ils nous ont quittes en 2008

Autres informations / 22.12.2008

Ils nous ont quittes en 2008

par Guy THIBAULT,

historien des courses

 

Personnalités plus ou

moins en vue, ils avaient tous en commun d’être des amoureux des chevaux

et  du monde des courses.

 

 

Lorenzo Attolico, le 24 juin dans sa 83e année.

Cet Italien, gentleman-rider talentueux dans sa jeunesse, était un grand ami de

la France où il résidait, promenant régulièrement sa silhouette dégingandée sur

l’hippodrome de Deauville.

 

Philippe Barbié de Préaudeau, le 30 janvier. Ancien

contrôleur général des Haras nationaux.

 

Maurice Bernardet, le 18 octobre à 87ans. Journaliste

hippique passionné, non seulement avec sa plume (France-Soir, Week-End) mais aussi grâce à sa voix commentant à la

radio (RTL) les courses et événements hippiques. Également présentateur chaleureux

du Gala des Courses durant ses plus belles années.

 

Marc Boudot, le 9 janvier dans sa 56e année.

Ancien moniteur d’équitation et cavalier de concours complet, il s’était

installé entraîneur à Paray-le-Monial. Son élève Graal de Chalamont avait enlevé

à Auteuil le Prix du Président de la République en 2000.

 

Henri Champliau, le 8 octobre à 96ans. Ce médecin, en

Saône-et-Loire, était un fervent des courses. Sa pouliche Wild Miss, gagnante

en 1955 du Prix Vermeille, lui donna en 1964 Pétrone, lauréat du Prix du Prince

d’Orange et du San Juan Capistrano Handicap. En obstacle, son meilleur

représentant fut Mosca vainqueur du Prix Jean Stern en 1989.

 

John Ciechanowki, le 22

avril dans sa 87e année. Né Polonais, chassé de son pays par la

guerre, il devint « cosmopolite », observant, montant, entraînant le

cheval partout dans le monde, avant de se fixer enfin en Angleterre. Mais c’est

en France qu’il connut ses plus grands succès comme cavalier amateur,

remportant le Prix des Lions en 1968, le Prix Aly Khan en 1967, le Prix Georges

Courtois en 1968, le Prix Paul-Noël Delahoutre en 1963 et 1965, et le Prix de

France à Auteuil trois fois (1959, 1965, 1966). Il fut « Éperon

d’Or » de la Fegentri en 1968. En 1980 il devint le premier entraîneur,

privé de la famille Maktoum au centre de Lambourn, avant de participer à

l’organisation des premières courses à Dubaï.

 

Mme Auguste Daubin, le 7 août à 88ans. Après la mort

brutale de son mari en 1954, elle prit, durant quarante-deux ans, les rênes du

haras de La Beauvoisinière où elle éleva une multitude de chevaux de qualité,

tels Haridelle (Prix Vanteaux 1954), Mother Goose (1955, 2e des

Oaks), Mi Carina (1956, Prix Vermeille), Mandolina (1956, Prix de Minerve),

Negresco (1957, Grand Prix du Printemps), Old England (1958, troisième mère de

Vision d’État), Quiqui (Prix Robert Papin 1962), Pampa Bella (Prix Pénélope

1984, 3e Prix de Diane et future mère de Pistolet Bleu) et des

sauteurs tels Beberova, Floirac, Jerking, Ouargla, Quina et Sans Atout.

 

Pierre Devort, le 3 juin dans sa 86e année.

Amateur passionné, titulaire d’une quarantaine de succès, il monta

victorieusement la bonne jument Francillon appartenant à son père Raoul Devort,

avant qu’elle ne gagne le Prix de l’Élevage en 1961. Plus tard, il se dévoua à

la cause de l’amateurisme, exerçant la présidence du Club des Gentlemen-Riders

et celle de la Fegentri de 1980 à 1986.

 

Serge Doulcet, le 14 août dans sa 90e année. Ses

couleurs (casaque blanche, brassards et toque bleus) furent victorieuses avec

un bon stayer, Urgay, lauréat du Prix de l’Espérance et de La Coupe en 1945.

 

Florence Forneron, le 13 mai à 45 ans. Un brusque écart de

son cheval, une chute aux conséquences mortelles, ainsi disparaît cette

passionnée du cheval, entraîneur des bons sauteurs d’Auteuil, Vic Toto (Prix

Alain du Breil, 2001) et Ladykish (Prix Fleuret, 2003, 3e Prix

Cambacérès, 2002).

 

Claude Gour, le 30 avril

à 83ans. Les couleurs rouge et blanc de ce passionné de courses furent d’abord

à l’honneur en 1984 dans le Grand Prix de Pau avec Lucas, avant de connaître la

célébrité dans la capitale dix ans plus tard, avec Millkom, invaincu dans ses

neuf premières courses, dont le Grand Prix de Paris (Gr1).

 

Philippe Hamel, le 25 juin à 49 ans. Fils et petit-fils

de jockey, il s’était contenté des courses d’amateurs où il brilla durant une

vingtaine d’années comme en témoignent les trois titres de champion des

gentlemen-riders qu’il remporta en 1987, 1989 et 1992.

 

Le vicomte Pierre d’Indy, le 28 janvier dans sa 83e

année. Fils de Jacques d’Indy (membre du comité de la Société des

Steeple-Chases de France de 1941 à 1969), ce « sage » assuma de

nombreuses fonctions bénévoles au sein de l’institution des courses, avant

d’être nommé président du Conseil juridictionnel de France Galop et de devenir

membre de la Commission supérieure d’appel.

 

Jean Laborde, le 21 mai à 79 ans. Anglo-arabes et pur sang

étaient réunis au haras du Bosquet qu’il exploitait à Lème près de Pau. Il fut

un membre influent du Syndicat des Éleveurs dont il fut vice-président dans les

années quatre-vingt. Avec l’aide de Pierre Valentin, ce malicieux invita ses

amis du Sud-Ouest à dynamiser leurs élevages, mettant à leur disposition des

étalons de qualité comme RB Chesne, Rose Laurel (champion des étalons

d’obstacle en 1990) et Concertino. C’est lui qui initia aux courses Jean

Biraben.

 

Marcel Lotte, le 17 février dans sa 95e année.

Fils d’Eusèbe Lotte, entraîneur à Maisons-Laffitte, son poids l’obligea à

abandonner la carrière de jockey. Un peu plus tard, il obtint la confiance de

François Mathet dont il devint « le premier garçon » dès que l’ancien

officier-gentleman prit sa licence d’entraîneur en 1944. C’est lui qui

accueillit en 1955 à Gouvieux un candidat apprenti venu d’Agen, Yves Saint-Martin,

qui deviendra son gendre.

 

Raymond Malin, le 19 octobre à 65ans. Avocat au barreau de

Laval et de Paris, il était spécialiste des affaires concernant les courses et

l’élevage.

 

Philippe Monnier, le 4 juin à 66 ans. Personnalité des

courses des Pays de la Loire et de Bretagne, cet imprimeur de Château-Gontier

fonda à la fin des années soixante-dix La

Casaque de l’Ouest, hebdomadaire hippique apprécié, et devint un speaker

enthousiaste sur plusieurs hippodromes. Il présida aussi la société des courses

de Senonnes.

 

Claude Munet, le 16 octobre dans sa 78e année.

Ingénieur agricole, il assumera des responsabilités au sein de plusieurs

sociétés de courses, avant d’être élu en 1989 à la présidence de la Fédération

Anjou-Maine qu’il ne quittera qu’en 2007.

 

Jean-Pierre Renard, le 22 août dans sa 65e année.

Apprenti chez l’entraîneur Dominique Sartini, il fut un des meilleurs jockeys

d’obstacles de sa génération. Il gagna la plupart des grandes courses

d’Auteuil : le Grand Steeple-Chase en 1974 avec Chic Type, le Prix Haye

Jousselin en 1966 avec Weather Permitting, le Grand Prix d’Automne en 1969 avec

Arrondi et en 1974 avec Porto Rafti, le Prix Maurice Gillois en 1967 avec Le

Cabotin, les Prix Cambacérès (1973) et Renaud du Vivier (1974) avec Dom Hélion.

 

Bruno Ridoux, le 24

avril à 59 ans. Après avoir collaboré à l’Agence Française aux côtés de

Philippe Augier, il s’était reconverti dans la profession de courtier. A

l’origine de l’achat d’Helissio pour Enrique Sarasola.

 

Louis Sayer, le 5

décembre à 73ans. Éleveur au haras de la Huderie, où sont actuellement

stationnés les étalons Sagacity et Sandwaki.

 

Éric Simian, le 8 février à 75ans. Ce sportif de haut niveau

(boxe, voile), véritable force de la nature, était aussi un passionné des

chevaux, galopeurs et trotteurs. Ses couleurs connurent quelques succès, mais

il s’intéressait principalement à l’élevage et à ses mystères.

 

Mme Claude Victor-Thomas, le 28 janvier dans sa 97e

année. Veuve de Claude Victor-Thomas qui fut le président directeur général de

l’Office du Pur-Sang de 1946 à 1974. Elle était la mère d’Olivier (courtier) et

de Michel.

 

Jean de Watrigant, le 20

avril dans sa 91e année. Il fut longtemps juge du départ sur les

hippodromes parisiens. C’est lui qui étrenna les stalles de départ mises en

service à Paris en 1964. Il prit sa retraite en 1976 et eut pour successeur son

fils Jean-Louis, actuel starter.

 

Alec Wildenstein, le 18

février à 67ans. Bien avant le décès de son père, Daniel Wildentein, en octobre

2001, il avait été responsable de l’élevage familial, assurant personnellement

les croisements de la jumenterie. Homme secret, timide, il était, certes,

distant, mais un « faux cynique ». Associé à son frère Guy, il

poursuivit l’œuvre paternelle, fixant l’élevage (jusqu’alors hébergé en diverses

places) au haras du Bois Roussel acheté aux ayants-droit de la comtesse

Batthyany. Avec lui, le palmarès de l’Écurie Wildenstein a continué de

conquérir des trophées classiques grâce à Aquarelliste (Prix de Diane et

Vermeille 2001), Bright Sky (Prix de Diane 2002), Vallée Enchantée (Hong Kong

Vase 2003), Késaco Phédo (Prix d’Amérique 2004), Westerner (Ascot Gold Cup, 2e

Arc de Triomphe 2005).