Les ventes en 2009 : l’année de la réforme

Autres informations / 15.12.2008

Les ventes en 2009 : l’année de la réforme

LE DISCOURS RESPONSABLE D'HENRY BEEBY

Le patron de Goffs Irlande est à l'écoute des réalités et il

a montré en 2007/2008 qu'il était un homme d'action, doté d'une vision

d'entreprise, en réalisant la fusion de Goffs et des ventes de Doncaster en

Grande-Bretagne. À l'instar de Dominique Strauss-Kahn, directeur général

français du Fonds Monétaire International (F.M.I.), Henry Beeby nous annonce

que 2009 sera l'année des décisions "dures" et difficiles.

Il vient de dresser le contexte rencontré en cette fin

d'année : « celui, d'une part, de la plus grande crise économique depuis la

seconde guerre mondiale et, d'autre part, d'une crise de surproduction dans

l'élevage du pur-sang ». Tableau dramatique que les retours des grandes ventes

internationales de 2008 et nos analyses ont déjà été largement rapportés. Henry

Beeby a conclu : « Cette conjoncture frappe de plein fouet le monde de

l’élevage irlandais qui est bien plus atteint que tout autre secteur de

l’économie, du fait de la surproduction locale qui nous vient des années de croissance

non maîtrisée. »

La conséquence pour le patron de Goffs est claire : « En

2009, nous étudierons de près chaque vente que nous organisons, et nous

prendrons des décisions internes et externes à Goffs. Nous serons forcément

conduits à envisager une "contraction" de nos ventes. » Bien qu’il y

mette les formes, l’annonce de cette politique traduit une volonté simple :

celle d’écarter d’un marché déjà très chargé les animaux qui n’ont rien à y

faire, dans la mesure où ils ne se vendent pas, et où ils tirent vers le bas

l’ensemble des valeurs. Henry Beeby et tous les responsables des organismes de

vente savent parfaitement que les ventes de pur-sang nécessitent une dynamique

et une ambiance. Pour obtenir ce cocktail indispensable, les architectes du marché

doivent impérativement sélectionner, afin d’offrir des vacations qui présentent

toutes les caractéristiques d’un marché actif. C’est la leçon pour 2009.

Quelles réformes ? Sans doute la segmentation

Nul doute que tous les dirigeants européens partagent les

préoccupations exprimées à haute voix et courageusement par le leader

irlandais. Bien que les situations locales soient chaque fois différentes, il

est essentiel d’envisager des réformes qui renforcent le marché global dont

tous les éleveurs ont impérativement besoin.

En ce sens, le succès relatif de la vente de yearlings

d’Arqana du mardi 9 décembre ne doit pas nous laisser indifférents, tout comme

la bonne tenue des deux premiers jours de la vente d’octobre. Il ne faut pas

avoir peur d’organiser des vacations resserrées ("contracted" dirait

Henry Beeby), quitte à les multiplier. Les ventes interminables qui

s’effilochent, créent, par temps de surproduction, un contexte impropre à toute

commercialisation. Il ne faut pas craindre d’écourter les vacations, tout en

multipliant les opportunités et en leur associant des spécifications plus

précises.

C’est pour cela que les organismes doivent segmenter leurs

ventes en fonction des niveaux de marché, en fonction des valeurs estimées des

animaux présentés. N’oublions pas le succès imprévu, certes dû à des

circonstances particulières, de la petite vente de Fasig Tipton, le dimanche

qui précédait l’ouverture de la vente d'élevage de Keeneland en novembre.

L’heure est à la réflexion et aux réformes pour créer les conditions

d’un marché acceptable en 2009, sachant que l’assurance de la croissance

maintenue des courses françaises devrait contribuer à la bonne résistance du marché

des yearlings d’Arqana. Mais il ne faut pas se contenter d’un marché qui nous

livre passivement le reflet d’une situation, il faut le modeler de façon à ce

qu’il agisse précisément sur les circonstances en en limitant les effets

négatifs. Les maîtres du marketing nous enseignent que l’agencement du magasin

et de sa vitrine, en conditionnant le client, influence l'écoulement du

produit. Une des solutions à la crise actuelle passe par le remodelage du

marché et donc des ventes.

Cette conjoncture frappe de plein fouet le monde de

l’élevage irlandais qui est bien plus atteint que tout autre secteur de

l’économie, du fait de la surproduction locale qui nous vient des années de

croissance non maîtrisée.