Notre combat est aussi culturel

Autres informations / 17.12.2008

Notre combat est aussi culturel

Par Mayeul CAIRE, Directeur de JDG

Par nature, nous avons peu l’occasion de parler des courses

au trot. Nous faisons une exception aujourd’hui, à l’occasion de la dernière

campagne de promotion du Cheval Français. L’affiche, reproduite ici, est belle.

Mais c’est surtout le slogan qui nous a interpellés : « Le trot, plus qu’une

allure, une culture ».

Dans un précédent éditorial, j’avais abordé la question de

l’avenir du PMU en annonçant une suite. La suite, c’est que la guerre qui nous

attend n’est pas seulement une bataille entre opérateurs de paris mais aussi

une terrible bagarre entre organisateurs de compétitions. Le combat qui nous

attend n’est pas seulement celui du PMU contre les nouveaux opéra-

teurs agréés, mais aussi celui du "sport courses"

contre les autres sports. Car l’avenir du financement de la filière hippique se

joue dans la capacité qu’auront les courses à continuer à attirer les parieurs,

malgré l’attrait constitué par des sports qui seront "nouveaux" sur

le plan du pari.

Dans ce combat contre le football ou le tennis, quelles sont

les forces et les faiblesses des courses ?

Leur première force est la récurrence : pouvoir proposer une

occasion de jeu tous les quarts d’heure est une bénédiction. Nous aurons

l’occasion d’y revenir dans un prochain article, mais pour conserver cet

avantage, on peut penser qu’il faudra toujours plus de courses et toujours plus

de chevaux. Donc, pour schématiser, plus de courses le matin, plus de

"sur" production pour fournir des partants, et plus de pistes

synthétiques à utilisation intensive.

Seconde force, les courses jouissent d’une longue tradition

comme jeu d’argent. Le pari est même constitutif des courses, puisque les

premières d’entre elles n’avaient d’existence que comme support d’un pari entre

aristocrates. En décembre 2008, elles sont toujours le seul sport sur lequel il

est permis de parier dans toute la France. Un million de Français joue régulièrement

au PMU. Cela ne signifie pas que ce public est acquis, mais au moins qu’il est

habitué à parier sur les courses.

A l’inverse, un des points de faiblesse est le relatif

manque de culture hippique dans notre pays. Or, malheureusement, la dimension

culturelle sera bientôt essentielle. Si l’on veut que les turfistes actuels

nous restent fidèles (et que de nouveaux turfistes les rejoignent), il faut

qu’ils connaissent et qu’ils comprennent le sport courses. Qu’ils aient une

vraie culture courses. C’est d’ailleurs, quand on observe nos concurrents, une

des forces du football : « Je parie sur un match parce que j’ai l’impression de

connaître et de comprendre ce sport dont on me rebat les oreilles à longueur

d’émission de télé et de radio ».

Et là, nous en revenons à l’affiche créée par le Cheval

Français. Pourquoi son message nous a-t-il tant plu ? Parce qu’il lutte

précisément contre un de nos points faibles : le manque de culture. En

affirmant que les courses (au trot) sont aussi une culture, un mode de vie, un

style, cette campagne met dans le mille ! Et nous espérons qu’elle ne sera pas

la dernière sur ce thème.

 

Bien sûr, tout ne se jouera pas sur ce plan-là. Au cours des

derniers mois, nos dirigeants ont mené avec acharnement le combat juridique et

réglementaire à Bruxelles. Dans les mois qui viennent, ils auront à mener le

combat commercial (conserver et développer la clientèle du PMU – France Galop

vient notamment de provisionner de l’argent pour aider le PMU dans cette

tâche). Mais avec l’ouverture effective, le combat culturel deviendra très

important aussi. Et il faudra alors multiplier les slogans comme celui que le

Cheval Français nous propose dès aujourd’hui, avec au moins un an d’avance.