Meaulnes du corta, nouveau patron de l’amérique

Autres informations / 26.01.2009

Meaulnes du corta, nouveau patron de l’amérique

Dimanche 25 janvier,

Vincennes. Un « Levesque » en chasse un autre. Meaulnes du Corta (Voici du

Niel) a triomphé dans le 88e Prix d’Amérique Marionnaud (Gr1), un an après son compagnon

de box, Offshore Dream (Rêve d’Udon) – sixième seulement cette année.

L’entraîneur Pierre Levesque réussit donc une difficile passe de trois dans

l’épreuve après les deux succès consécutifs d’Offshore.

« Le Grand Meaulnes », comme le

surnomme son propriétaire JeanPierre Barjon, a appliqué sa tactique préférée :

tête et corde. Il a pu déployer à son aise son grand compas. L’autre fait marquant

de la course, c’est la réussite des femelles : Nouba du Saptel (Canada) a

retrouvé sa forme et les fins de courses tranchantes de l’hiver dernier pour prendre

la deuxième place, à distance du lauréat. La 5ans Qualita Bourbon (Love You), drivée

par Jean-Pierre Dubois, a conservé la troisième place après avoir voyagé en

épaisseur. Et la petite Olga du Biwetz (Cézio Josselyn) a, comme d’habitude,

fini très vite à l’extérieur. Enfin, Jean-Pierre Dubois, âgé de 69 ans, a

annoncé qu’il s’agissait là de son dernier Prix d’Amérique.

 

 

 

Raven's Pass…

Pour sa campagne de 3ans, il

rentre, le 17 avril, dans les Craven Stakes (Gr3) où il est battu de peu par

Twice Over (Observatory), tous deux laissant le peloton à six longueurs. Il est

donc en forme pour sa rentrée, mais s'incline nettement dans les 2.000 Guinées

(Gr1), battu de plus de quatre longueurs par Henrythenavigator et New Approach,

tous deux séparés d'un nez.

Il fait l'impasse sur les

Guinées irlandaises pour retrouver ses concurrents dans les St James's Palace

Stakes (Gr1), à Ascot, où il est à nouveau battu par Henrythenavigator qui le

devance de 3/4 de longueur. Fort de ses bonnes performances face aux meilleurs

qui lui barrent la route, Raven’s Pass vient en France, le 13 juillet, dans le

but de cueillir le

« Jean Prat » (Gr1).

Malheureusement pour lui, il

ne peut rien contre l'éblouissante domination de Tamayuz qui le laisse à une

longueur et demie. Il se replie alors sur les Sussex Stakes (Gr1) où il est —

une fois de plus — battu par le champion miler Henrythenavigator.

Bref, le protégé de John

Gosden, en toute possession de ses moyens, est battu à cinq reprises durant le

premier semestre par les meilleurs milers européens dans tous les classiques

sur la distance. Il apparaît alors comme un très bon cheval valeureux qui

manque d'un peu de classe pour vaincre les tops de la génération.

Constat qui conduit son

entraîneur à le déclasser dans les Celebration Stakes (Gr2), au mois d'août, où

il bat effectivement Bankable (Medicean) d'une longueur et enregistre du même

fait sa première victoire de l'année… Il retourne alors vers les Gr1 et il

produit une excellente performance, devançant (enfin) d’une longueur

Henrythenavigator dans les Queen Elizabeth II Stakes (Gr1). Il réédite cette performance

un mois plus tard dans le Breeders' Cup Classic (Gr1) où il bat à nouveau

Henrithenavigator d’une longueur trois-quart, ainsi que Curlin (Smart Strike)

de trois longueurs sur la nouvelle surface synthétique de Santa Anita.

L'anomalie Raven's Pass

En terme d'évaluation, 2008

s’est transformée en un match entre Henrythenavigator et Raven's Pass, avec

trois victoires pour le « Navigateur » et deux succès pour le fils d'Elusive

Quality. En regard des écarts, « Henry » devance Raven's Pass de quatre

longueurs dans les Guinées, d'une petite longueur dans les St Jame's, d'une

tête dans les Sussex. Raven's Pass prend sa revanche d’une longueur dans les

Queen Elizabeth II et de trois longueurs dans le Breeder's Cup, en fin de

saison. En somme, une sorte de symétrie s’est créée entre ces deux chevaux de classe.

Cette analyse minutieuse démontre que leur confrontation, tout en donnant un

avantage à Henrythenavigator, se termine par une sorte de match nul, les

situant à peu près à la même valeur.

C'est alors que surgit la

question qui dérange : comment le panel d'experts a-t-il pu gratifier Raven's

Pass d'un rating de 129 contre 125 à son éternel rival ? Battu dans les deux

prestigieuses courses classiques que sont les Guinées et les St Jame's par l’«

O'Brien », par quelle mécanique surprenante le 3ans de John Gosden termine-t-il

la saison avec un avantage global de 4 livres ?

La seule explication possible

réside dans la surévaluation des références du Breeder's Cup Classic, qui a

conduit le collège des handicapeurs à estimer que la valeur réalisée par

Raven's Pass dans cette course est exceptionnelle et qu'elle motive son rating

à 129. Dans un premier temps, Raven’s Pass s’est donc retrouvé à égalité avec

le champion New Approach, qui avait hérité de la même valeur après le Breeders'

Cup, avant d'être réévalué dernièrement à 130. Faisant de cette course «

l'épreuve de l'année », les experts ont dû alors prendre au pied de la lettre

la longueur trois-quart, et décider ainsi d'un écart de 4 livres entre les deux

rivaux.

Mais les handicapeurs gomment

par là même le fait que Henrythenavigator était clairement en forme descendante

depuis septembre, après une saison bien chargée au premier semestre où il

aligna quatre victoires de suite dans des Gr1, dont les deux Classiques que

sont les Guinées anglaises et irlandaises. Mais dans le Prix du Moulin, il ne

fut qu'une ombre de Goldikova (Anabaa), finissant sixième à Longchamp.

Cependant, il a tenu sa partie courageusement dans les Queen Elizabeth II et le

Breeders' Cup en terminant à chaque fois deuxième. Visiblement, il n'était plus

le champion du printemps. Cette fin de saison en demiteinte est-elle suffisante

pour conclure que Raven's Pass le surpasse ? Pourquoi utiliser cette seule

dernière performance pour diagnostiquer un écart de 4 livres en faveur de

Raven's Pass ? D'autant que tous les observateurs bien informés savent

qu’Henrythenavigator a participé au Breeders' Cup sous l'insistance de John

Magnier qui avait pour objectif de le rentrer comme étalon au Kentucky.

Nous sommes là en présence

d'un parti pris choquant du panel des spécialistes qui décident unilatéralement

que le Breeders' Cup Classic « vaut » bien plus qu'un classique européen. Et

par quels alibis une telle démarche est-elle rendue crédible ? D'abord par

l'engouement médiatique qui fait de ce rendez-vous annuel le clou de la saison

du Galop mondial. Puis, par la participation des stars à cette course, à

l'image de Curlin, le champion du monde 2007, reconduit dans son titre en 2008.

Or, tous les observateurs à Santa Anita ont dit et redit que Curlin n'était que

le pâle reflet de la « flying machine » qu'il fut en prenant la quatrième place

du « Classic ». Et pour justifier le rating de 130 qu'on lui attribue encore

cette année, les experts exhibent les huit longueurs du Dubaï World Cup, en

mars. Comment accepter un tel sauvetage, bien artificiel, alors que la

meilleure performance américaine de Curlin en 2008, réalisée dans le Stephen

Foster Handicap (Gr1), à Churchill Downs, en juin, ne représente au mieux qu'un

rating de 124 ? Et si, pour Curlin, on retient le début d'année dans les

Emirats pour le juger, pourquoi ne procède-t-on pas ainsi pour Raven's Pass,

toujours défait par Henrythenavigator, le roi de la période classique sur le

mile européen ?

 

 

 

L'injustice Zarkava

Le

traitement infligé à Zarkava, qui s'était retrouvée à 127 après le Breeders'

Cup relève des mêmes partis

pris que ceux qui ont permis de

surestimer la valeur de Raven's Pass.

Gérald Sauque, le représentant français des handicapeurs, s'est manifesté lors de la dernière réunion de Hongkong

pour demander enfin une revalorisation des performances de cette championne

hors du commun, et il a obtenu… une livre, ses interlocuteurs lui faisant faire

valoir, film à l'appui, qu'elle n'avait pas gagné si facilement le Qatar Arc de

Triomphe !

Que

les handicapeurs sortent leur décamètre pour

évaluer les compétiteurs qui se rencontrent dans les quintés

et autres handicaps, rien de plus normal et de plus efficace.

Mais, arrive un palier la métrique

n'est plus qu'un accessoire,

lorsque la classe pure parle et fait taire les

appareils de mesure. Or Zarkava, perforant le peloton en quelques foulées, dans la Poule ou dans le Diane,

pour gagner « arrêtée », surclassant

une opposition de qualité supérieure,

sont des instants d'exception dans la mémoire

du Turf. N'oublions pas de resituer rétrospectivement la Poule d'Essai, la star de S.A. Aga Khan a cloué sur place, sur

sa distance préférée, une Goldikova

qui gagnera plus tard du Prix Guy de Rothschild (ex-Astarté) au Breeders' Cup — tous les Gr1 sur le mile qu'elle a

courus, torpillant elle aussi

ses opposants. La référence à Goldikova dans la Poule d'Essai est postérieurement implacable.

Cependant, si l'on en croit la logique

métrique des experts, il eût

fallu exiger de Christophe Soumillon qu'il sorte le bâton dans la Poule pour gagner de

3 longueurs au lieu des 2 longueurs affichées ! Elle aurait alors pu prétendre à un rating de 130 !

Cette démarche est absurde. Une pouliche invaincue

qui torpille toutes les oppositions à 2ans et à 3ans en France dans les

épreuves classiques du programme, terminant par une victoire facile dans l’Arc,

mérite un traitement particulier, et un rating exceptionnel. Le fait qu’elle ne

l’ait pas obtenu déshonore les juges professionnels dont le métier est précisément

de regarder une course. La championne d'Alain de Royer Dupré est au-dessus de

ce qu’estiment les ouvriers arpenteurs qui veulent réduire la classe pure et si

rare à une métrique des écarts à l'arrivée.

Et là encore, nous sommes «

victimes » du système des courses américaines, où de tels exploits doivent

nécessairement se traduire par des marges d'une dizaine de longueurs, comme

Curlin a su le faire en 2007, et comme Big Brown (Boundary) l'a fait, à moindre

mesure, gagnant de cinq longueurs le Florida Derby, le Kentucky Derby et les

Preakness Stakes avant de s'effondrer… Les courses européennes, et les courses

françaises en particulier, offrent rarement l'opportunité de tels écarts, et

messieurs les experts internationaux doivent le comprendre. Comme il leur faut

comprendre qu'un écart en terrain lourd ne vaut pas ceux en bon terrain, que

Saint-Cloud en novembre n'est pas Longchamp en juillet, et qu’un Breeders’ Cup

n'est pas Royal Ascot.

C'est en ce sens que nous

regretterons toujours que Zarkava — notre première ? JDG

Rising Star ? — soit sortie par la grande porte, sans avoir

eu l'occasion ni le temps de survoler les débats sur quelques champs de courses

étrangers, histoire de remettre les pendules à l'heure dans les classements

internationaux.

Cependant, une remarque

technique doit être rappelée à nos lecteurs. Le Handicap international se

déchiffre tel un classement « asexué ». Ce qui signifie, dans l'optique de la

course, qu'il faut ajouter 3 livres aux pouliches dans ce classement pour

obtenir leur valeur intrinsèque. En somme, le handicapeur intègre dans son

classement les 3 livres de décharge des pouliches ! Il est évident que cette

pratique est absurde dans le contexte du « classement » des chevaux en fonction

de leur valeur propre. C'est pourquoi JDG propose, pour l'avenir, de distinguer

les notions de « classement » international et de « handicap » international.

Ce qui intéresse les professionnels et les archives, c'est la valeur

intrinsèque de tel ou tel compétiteur, indépendamment de son sexe.

Dans cette optique, malgré la

rigueur métrique de ces experts, Zarkava eût obtenue automatiquement 132 dans

le classement international. Et la première place de ce classement… >>

 

 

 

Tamayuz gravement lésé

Si la sous-estimation

d'Henrythenavigator, en regard de Raven's Pass, est manifeste, il nous semble

que le cas de Tamayuz est identique. Une fois de plus, les valeurs réalisées en

France se retrouvent bien inférieures aux équivalentes outre-Manche.

Survolant son maiden et sa «

B » à 2ans, domination qui lui valu d'être ? JDG Rising Star ?, puis

remportant sûrement le Fontainebleau Gr3 pour sa rentrée à 3ans, Tamayuz est

arrivé invaincu et « tout neuf » dans la Poule d'Essai des Poulains. Cette

course fut un désastre pour le fils de Nayef, qui avait tiré un numéro à la

corde tout à l'extérieur, dans ce lot pléthorique de dix-neuf partants. Sa

performance est totalement inexacte, car il n’a jamais pu défendre sa chance.

Freddy Head lui donna le temps de se remettre de la mauvaise leçon, et Tamayuz

revint dans le Prix Jean Prat, où il domina de la tête et des épaules Raven's

Pass d’une longueur et demie qui en valait bien plus, tant la suprématie fut

nette. La victoire dans le Fresnay-leBuffard Prix Jacques Le Marois

(Gr1), fut d'une facilité

insolente, Tamayuz distançant Natagora (Divine Light) de deux longueurs et

demie, et Major Cadeaux (Cadeaux Généreux), arrivé troisième, de cinq longueurs

et demie. Préparé pour les Queen Elizabeth II, il a fort mal voyagé. Il est

arrivé sur la piste nerveux et humide, et sa prestation fut bien moyenne, comme

l'on pouvait s'y attendre dans ces conditions. Voilà pour toutes ses courses

2008 : deux victoires impressionnantes dans deux Gr1 notoires, le Jean Prat et

Le Fresnay-le-Buffard Le Marois, et deux défaites sans appel dans des épreuves

où il n'était pas en position de défendre sa chance.

Comment évaluer ce top miler

qui a gagné cinq courses en se baladant, et seulement battu à deux reprises,

quand il fut dans l'impossibilité de s'exprimer normalement ? Une seule méthode

: reprendre ses deux victoires significatives de Gr1, et chercher les valeurs

accomplies. Dans le Jean Prat, il terrasse un Raven's Pass en pleine forme — ce

dernier venait de finir deuxième des St Jame's Palace derrière

Henrythenavigator. Et il allait — trois semaines après le Jean Prat — finir à

nouveau deuxième du même Henrythenavigator dans les Sussex Stakes, battu de

peu. Ce qui veut bien dire que Tamayuz dans le Jean Prat devance un Raven's

Pass très proche de son maximum. Dans « Le Marois », il explose et laisse Major

Cadeaux à cinq longueurs et demie. Or, ce même Major Cadeaux, vieux serviteur

régulier, venait de terminer troisième des Sussex Stakes de Henrythenavigator

et Raven's Pass, battu de trois longueurs et demie par la paire indissociable.

Ce rappel des arrivées et des

écarts nous démontre qu'en ces deux occasions, Tamayuz établit des valeurs

supérieures à celles affichées à la fois par Raven's Pass et par

Henrythenavigator si l'on retient la ligne directe de Major

Cadeaux. En un mot, si

Raven's Pass a montré une valeur de 125 en ces occasions (Jean Prat et Sussex),

valeur inférieure de 4 livres à celle retenue dans le Breeders' Cup Classic,

Tamayuz montre une valeur minimale de 128. Pourquoi le Raven's Pass des «

Q.E.II » et du Breeders' Cup serait-il supérieur de plus de 6 ou 7 livres à

celui du Jean Prat et des Sussex ? Si l'on admet une progression normale de ce

dernier, le rating de Tamayuz ne peut être inférieur à 128. Or les handicapeurs

internationaux, ignorant apparemment les exploits du cheval de Freddy Head qui

a sombré dans les « Q.E.II » (comme Henrythenavigator dans le Moulin), se sont

contentés d'un rating de 124, ce qui est une véritable honte pour quiconque

trace des lignes directes et indirectes pour évaluer Tamayuz.

 

 

La surestimation du « Curlin

2008 »

Le rating de Curlin (130) est

un artifice incroyable qui discrédite ce classement international. Curlin était

un champion phénoménal en 2007, et nul ne contestera cette réalité. Il confirma

sa forme en se baladant à Dubaï en février et mars dans des courses qui ont une

signification sportive très particulière. Il gagne effectivement arrêté le

Jaguar Trophy en février (2,5L) ainsi que le Dubaï World Cup (7,5L), devant le

bon Asiatic Boy (Not For Sale), établissant, à la lettre, de bons ratings dans

ces épreuves où il n'avait aucune concurrence sérieuse. De plus, le statut de

ces courses gagnées à coup de millions de dollars, est pour l'instant incertain

: il faut du recul pour juger de la crédibilité d'une piste ou d'un contexte

climatique et hippique très spécifique. Ces éléments sont aujourd'hui trop

fragiles pour servir d'assises au rating du meilleur cheval du monde.

Or, les cinq courses de

Curlin aux USA en 2008 ont toutes révélé des ratings entre 120 et 125, et

jamais au-dessus. Ce cheval, dont il ne faut pas oublier l'irrégularité même en

2007 n'a rien fait de saillant dans sa saison de courses américaine où il a

vécu sur son capital prestige acquis l'année précédente. La seule base des

performances de Dubaï est très insuffisante pour justifier un rating de 130

généreusement accordé. >>

 

 

 

Le diktat du Breeders' Cup

Le Breeders' Cup étant la

dernière rencontre significative de l'année, il apparaît que c'est le dernier

qui parle qui a raison : telle est notre impression, après l'étude de cette

classification. Or le Breeders' Cup, étendu maintenant à un week-end, attire

tous les performers valides, fatigués ou non. Ce rendez-vous clôture la saison

et, pour les handicapeurs, il « fixe » visiblement les valeurs, ne serait-ce

que parce que les meilleurs mondiaux font le voyage américain. Il confère

implicitement une importance inouïe aux épreuves courues, comme on le constate

avec Goldikova et Conduit (Dalakhani) qui doivent leur très bon rating à

leur dernière performance

victorieuse à Santa Anita.

Or le Breeders' Cup de

création récente est un meeting qui intervient après les épreuves

traditionnelles de la sélection européenne et américaine. Bref, c'est un

meeting de fin de saison avec tous les inconvénients que représente cette

position. Les meilleurs chevaux européens sont bien fatigués après une saison

de plus en plus exigeante : la véritable saison commence en avril avec les

préparatoires pour les Classiques et s'achève le premier dimanche d'octobre

avec le week-end de l'Arc, sauf pour les tout neufs 2ans. Même les Champion

Stakes sont devenus une épreuve de consolation pour chevaux frais et préparés

pour cet objectif, comme l'a bien compris Jean-Claude Rouget l'an dernier avec

Literato (Kendor).

 

Le statut tardif de ce

meeting devrait en relativiser les résultats, dans la mesure où le Breeders'

Cup récompense ceux qui l'ont visé de loin, et qui se sont éventuellement

économisés pour cette joute. Ce qu'André Fabre avait deviné le premier quand il

avait préparé Arcangues spécialement pour le Classic, faisant de lui le premier

gagnant européen de cette épreuve sur dirt (ce qui n'a pas été le cas de

Raven's Pass qui a triomphé sur une surface artificielle le pro-ride beaucoup

plus proche des pistes européennes). D'une manière générale, il faut faire

l'impasse sur le week-end de l'Arc pour avoir une chance dans le Breeders' Cup,

ce rendez-vous très américain qui s'est ouvert progressivement aux Européens

pas trop fatigués, ce qui est rare. Remarquons, dans ce sens, que Freddy Head a

couru Goldikova dans « le Moulin », avec donc le Breeders' Cup en tête, deux

mois auparavant.

 

Enfin, outre le

positionnement tardif qui pénalise les classiques européens, le profil et les

surfaces des champs de courses américains ne favorisent guère les performances

des compétiteurs européens, habitués à des situations (herbe et longue ligne

droite) bien différentes dans les grandes épreuves.

 

Pour toutes ces raisons

structurelles, le Breeders' Cup est un grand spectacle qui passionne, mais qui

ne récompense pas nécessairement les meilleurs d'une génération, et surtout pas

les 3ans pour qui les courses classiques pèsent sur les organismes et les

jambes. Les handicapeurs le savent, mais ils l'oublient souvent, pris par

l'attractivité médiatique de l'événement, par les monceaux de dollars

distribués, par le décorum et le battage que les dirigeants américains ont su

organiser avec succès autour des courses. Il faut donc tenir compte de ce

meeting, mais il faut se rappeler qu'il n'offre pas les garanties de sélection et

de hiérarchie des grands meetings européens, des Guinées à l'Arc. Or,

actuellement, il nous semble que c'est l'inverse qui se produit dans les

instances internationales, responsable du classement de toute l'année.

 

 

Rétablir le verdict des

courses classiques

La conséquence de notre étude

sur l'année 2008 et le classement des valeurs qui en résulte, est fort simple :

les handicapeurs doivent rétablir les verdicts des épreuves dites classiques en

Europe. Pour les 3ans, les épreuves qui comptent sont parfaitement identifiées,

et elles ont été disposées ainsi pour remplir précisément cette fonction

sélective : les Guinées anglaises et irlandaises, les Poules d'Essai,

Jockey-Club, Derby, Oaks et Diane, les grandes courses de Royal Ascot comme les

St Jame's Palace Stakes, les Eclipse Stakes, l'Irish Derby, les Irish Oaks, le

Jean Prat, Le Grand Prix, puis les grandes intergénérationnelles comme les King

George, les Sussex, le Guy de Rothschild, le Jacques Le Marois, les Juddmonte

International, les Irish Champion, le Moulin, le Niel, le Vermeille, le St

Léger, le Queen Elizabeth II, les Gr1 du week-end de l'Arc, et en dernier les

Champions. Ces courses sont des sanctuaires qui célèbrent la qualité et la

classe. Elles sont incomparables et elles structurent l'année. Elles élisent

les stars.

Ce statut traditionnel et

supérieur n'enlève rien aux meetings et épreuves qui sont venus se greffer

postérieurement aux joutes classiques : que se soit le Breeders' Cup américain,

le Carnival Week-end de Dubaï, le Samedi international de Hongkong, le Japan

Cup ou autres courses spectaculaires et bien dotées de par le monde.

Heureusement, elles ont vu le

jour dans un contexte mondial qui est désormais le nôtre, et elles réalisent

une prolongation salutaire de la saison classique. En ce sens, elles sont

utiles, et leur multiplication est bonne. Cependant elles n'auront jamais, sauf

exception, un statut qui leur permette de se hisser au niveau des grandes

épreuves de la sélection européenne ou américaine. Il suffit de s'en souvenir,

contre l'amnésie ambiante.