Osarus : vente décevante

Autres informations / 18.01.2009

Osarus : vente décevante

Samedi, à Pau, la première

vente de chevaux d’obstacle d’Osarus n’a pas rencontré le succès escompté. Avec

seulement 22 chevaux vendus sur 106 présentés, on obtient un taux de vendus de

20%. La moyenne s’établit à 7.045€, ce qui est incontestablement le bon

indicateur de la journée. Le top de 22.000€ a été réalisé pour un AQPS de 2ans,

par Sleeping Car. Appartenant à Jean-Claude Laisis, ce poulain dénommé Tokyo Javilex

(Passing Sale) a su se rendre encore plus attractif après la victoire de son

frère, Mon Môme, en décembre, dans un steeple paré du label Listed à

Cheltenham.

Une chose est sûre : le « miracle

» économique du marché, qui veut que vendeur et acheteur se retrouvent sur un

même prix, s’est trop peu réalisé, samedi, sur le centre d’entraînement de Sers

MANQUE DE NERF À OSARUS

Acheteurs, vendeurs, chevaux,

convivialité. Il est midi et tous les ingrédients sont réunis pour que ces

ventes Osarus soient réussies. A 18h, changement d’ambiance. Le dernier lot

vient de passer et le résultat est loin d’être à la hauteur des espérances.

Alors, qu’a-t-il manqué ? Sûrement un peu d’adaptabilité de la part des

acteurs, qui ont eu du mal à s’aligner sur les nouvelles exigences de la

situation économique que nous vivons. C’est la crise. C’est un fait et cela

touche toutes les ventes. Alors, il faut parfois savoir faire des sacrifices ou

donner un peu plus pour que le système garde sa dynamique. Le dynamisme, c’est

certainement aussi ce qui a manqué ce samedi à Pau.

Mais les organisateurs ont

tout de même des raisons de se consoler. Ce n’était que la deuxième expérience

d’Osarus et nous n'avons entendu que des retours positifs concernant l’organisation.

La convivialité était vraiment le mot d’ordre de ces ventes. Le catalogue était

bien fait pour le marché qu’il vise. Pedigrees et modèles répondaient aux

attentes des acheteurs qui s’étaient déplacés. Pour ceux qui voulaient acheter

et bénéficier de prix attractifs, c’était le moment d’investir.

Mais ce constat de crise des

ventes est aujourd’hui partagé par toutes les places aux enchères dans le

monde. Alors, autant se faire une raison et se plier à la conjoncture. Il reste

à espérer que la dimension cyclique des ventes, comme la bonne part des

économies, prenne le dessus. En attendant, il faut garder confiance. « Nous

serons là le 12 septembre prochain à La Teste », affirmaient certains acteurs

aux organisateurs. En effet, ces ventes proposent une offre alternative et

méritent de trouver leur place, en dépit des résultats décevants de cette

session.

FIL DE LA JOURNÉE

« L’avant-vente » laissait

augurer une belle journée. Le soleil était présent, les acteurs aussi. Le

buffet était, comme souhaité, festif. A 14h, le premier lot entre en scène. Les

enchères sont hésitantes. Une demi-heure plus tard, une tendance se confirme.

C’est vers l’entrée du chapiteau que cela se passe. Les enchères prennent vie,

là-bas. C’est l’endroit où il faut être.

15h, un lot dépasse 10.000€.

Enfin. « C’est dur chez les 3ans » entend-t-on. Pourtant, la salle continue de

se remplir. Elle est quasiment comble.

A 15h40, les 2ans prennent le

relais. Dix minutes plus tard, les prix commencent à grimper. Pour la première

fois, on dépasse les 20.000€ avec le lot 54. Les deux lots suivant affichent

également des prix à cinq chiffres. « C’est parti », estiment beaucoup de

personnes dans l’assistance. Mais les statistiques qui arrivent quelques

minutes plus tard plombent l’ambiance. Partout, on entend : « Il paraît qu’au

bout de 54 lots, il n’y avait que 10 vendus ».

16h30, le lot 74 débute à

10.000€. Son petit frère a été vendu 115.000 guinées aux ventes de décembre à

Tattersalls. Cette référence motive l’assistance. Mais, finalement, comme

beaucoup, il sera racheté pour 48.000€. Ses vendeurs en attendaient 2.000€ de

plus…

Trente minutes plus tard, la

température se rafraîchit et la salle commence à se vider peu à peu. Beaucoup

ne resteront pas jusqu’à la fin. En fin de session, on sent un certain manque

de motivation de chaque côté. A 18h, le lot 121 fait afficher 15.000€. Mais lui

aussi est racheté. Ce sera le lot de beaucoup de vendeurs. 20% des chevaux

présentés sont repartis entre d’autres mains.

MANQUE DE NERF

Le Top Price, un AQPS de 2ans

Le marteau tombe à 22.000€ pour

Tokyo Javilex (Sleeping Car), un AQPS. Encore un racheté ? Non ! Et les

acheteurs sont britanniques. Son nouveau propriétaire est

Mick Deren, un gallois à l’accent

particulier. C’est son deuxième achat de la journée et il est satisfait de celui-ci,

car il faisait partie des lots qu’il avait repérés. On doit sa

présence à Arnaud Poirier, créateur

du site France-Sire.com. Il le connaît depuis Cheltenham et l’a guidé sur les

pedigrees et les familles d’AQPS. Après avoir choisi sur

le catalogue, Mick Deren a

confirmé ses choix avec l’aide de son entraîneur, une fois à Pau, en voyant les

chevaux. Les britanniques restent friands des chevaux d’obstacles

élevés en France et ce n’est

pas étonnant que Mick Deren se soit porté acquéreur de ce lot. En effet, Tokyo

Javilex est le frère de Mon Môme (Passing Sale), un cheval de valeur

Groupe sur les obstacles

outre-Manche.

 

Guy Blasco, organisateur de

la vente

«On peut se satisfaire, car

les professionnels étaient là. Il y avait même des

Anglais et des Irlandais. Mais

la Conjoncture est difficile, ce qui rejaillit forcément

sur la vente. Quand on

regarde le résultat, je trouve assez dommage que les éleveurs n’aient pas pu

vendre, sachant que les acheteurs étaient là. Il faut parfois savoir faire un

pas en arrière lors des périodes difficiles, ce qui n’a pas forcément été fait.

Malgré cela, nous avons eu beaucoup d’échos positifs. Notamment au niveau de

l’organisation. J’ai aussi eu des retours de courtiers sur le catalogue, qu’ils

trouvaient homogène. Ils avaient des acheteurs, mais dans une certaine limite

de prix. Il a manqué le nerf de la guerre. »

 

Mathieu Daguzan-Garros, Haras

des Granges

« Je pense qu’il n’y avait

pas assez de matière première. C’est une période difficile, avec ce contexte

économique. Et cela touche forcément les ventes. Il ne fallait pas s’attendre à

des miracles. Le catalogue était ce qu’il était : moyen, mais c’est normal. »

 

Pierre Boulard, P.B.

Bloodstock

« On s’attendait à cela.

Pourtant, j’ai trouvé les poulains bien sélectionnés. Ce n’était pas un rebut des

ventes d’Arqana. Ils tenaient la route et avaient du modèle. Il y

avait de beaux modèles pour

l’obstacle. Ce n’est pas vrai

ment décevant, compte tenu du

fait que c’est la première vente de l’année et que nous sommes en période de

récession. On ne peut donc pas vraiment dire que c’est une mauvaise vente. J’ai

acheté une fille de Valanour [#25, ndlr], qui est très belle et provient d’une

bonne famille d’obstacle. Elle devrait aller à l’entraînement à Paris. »