Philippe germond est le futur président du pmu

Autres informations / 13.02.2009

Philippe germond est le futur président du pmu

Ancien président de Cegetel

et de SFR, Philippe Germond (52 ans) sera élu Président du PMU au cours de

l’Assemblée générale du mois d’avril. Il prendra la présidence effective début mai.

Ce choix des sociétés des

courses a reçu la bénédiction de la Présidence de la République et d’Eric

Woerth, et s’est fait avec le plein accord de Bertrand Bélinguier, à qui

Philippe Germond va succéder.

Pour les courses, après des mois

de suspense, cette nouvelle – exclusive JDG / JDT – est excellente.

L’Institution a, en effet, réussi à attirer un grand patron qui possède une

solide expérience dans trois domaines essentiels à la veille de l’ouverture du

marché des paris : l’expérience de la fin d’un monopole (en l’occurrence la

téléphonie), celle du marketing et celle des nouvelles technologies (il a

présidé Vivendi Universal Net). Philippe Germond est l’homme qui a fait Cegetel

(téléphonie fixe) et SFR (téléphonie portable) – dans une lutte difficile pour

s’imposer face à l’opérateur historique France Télécom. On parlait beaucoup de

Philippe Germond pour succéder à Jean-Marie Messier, président de Vivendi,

avant que l’histoire n’en décide autrement… Son dernier poste, Président d’Atos

Origin, Philippe Germond l’a quitté en novembre 2008, suite à une lutte entre

actionnaires, alors qu’il avait toujours atteint ses objectifs.

Loin d’être un handicap, le

fait que Philippe Germond soit totalement extérieur au monde des courses (ses

passions actuelles sont l’opéra, le billard, le golf et le ski, indique sa

biographie du Who’s Who) est un atout. Car cela permettra de créer un métissage

intéressant à la tête de l’Institution avec les présidents des sociétés-mères,

issus comme chacun sait de la filière, et par conséquent garants de ses

intérêts.

Pour mémoire, Philippe

Germond est diplômé de l’Ecole Centrale, titulaire d’un Master of Science

Management de la Stanford University (Californie, Etats-Unis), et père de

quatre enfants.

 

 

POURQUOI LE PMU FRANÇAIS NE

PRENDRA PAS DE PARIS CETTE ANNÉE À SAINT-MORITZ

Les parieurs suisses et

français devaient jouer ensemble sur les épreuves sur neige de Saint-Moritz…

mais ce ne sera pas le cas dimanche.

Récit d’un embrouillamini

historique.

Chaque année, au mois de

décembre, la Fédération Suisse des Courses (F.S.C.) sélectionne une liste

d’épreuves majeures puis, après discussion avec la Loterie locale, soumet ce

calendrier aux sociétés de courses françaises. Celles-ci se tournent alors vers

le PMU français, qui valide l’organisation de paris en masse commune sur ces

courses (et leur diffusion par le biais d'Équidia).

Problème : en novembre 2008,

le président de Saint-Moritz, Rudolf Fopp, écrit à la F.S.C. pour lui dire

qu’il souhaite cette année travailler avec la société allemande SpiritOn. Cette

holding a pour filiale un site de paris sportifs, baptisé Equi8. Le président

de Saint-Moritz annonce même qu’un contrat avec SpiritOn est en cours de

signature : SpiritOn retransmettrait les courses du White Turf et prendrait des

paris en masse commune avec le PMU français.

En décembre, la F.S.C. répond

que cela est hors de question. « Selon la législation suisse, nous explique

Jean-Pierre Kratzer (président de la F.S.C.), il est interdit de prendre des

paris sur un événement sportif sans passer par les Loteries d’Etat ou par les

autorités cantonales. Or SpiritOn n’est agréé ni par les unes, ni par les

autres. »

Le dossier habituel de

collaboration entre le PMU français et la F.S.C. suit cependant son cours et le

20 janvier, le PMU fait parvenir son projet de contrat à Saint-Moritz.

Le 31 janvier, Rudolf Fopp le

renvoie signé au PMU, mais en émettant une réserve : le contrat sera valable

uniquement si SpiritOn est associé à la prise de paris et à la retransmission

des courses.

Informée de ce courrier, la

F.S.C. écrit parallèlement à Rudolf Fopp que cela est impossible car contraire

à la loi, et laisse à Saint-Moritz deux jours pour réfléchir.

Fopp répond à la F.S.C. qu’il

sait ce qu’il fait – et s’en remet à la réponse du PMU français.

Cette réponse ne tarde pas.

Le 9 février, le PMU se range logiquement à la ligne de la F.S.C. Donc, pas de

cohabitation avec un autre opérateur.

Comprenant qu’il est dans une

impasse, Fopp reprend la plume pour se dédouaner. En trois phrases, il assure

qu’aucune collaboration n’est désormais plus envisagée ni avec SpiritOn ni avec

un autre opérateur.

Mais ce courrier ne suffit

pas à rassurer la F.S.C. : « Nous ne sommes pas aujourd’hui en mesure de

garantir que Saint-Moritz ne laissera pas SpiritOn prendre tout de même des

paris en Allemagne, explique Jean-Pierre Kratzer. Après les mensonges et les

tractations secrètes que nous avons vécus, le Comité de la F.S.C. ne veut pas

prendre le risque

de laisser se développer une

prise de paris illicite, fût-ce sur le sol allemand. C’est une question

d’éthique et d’honnêteté. Le PMU a trop apporté aux courses suisses depuis près

de vingt ans pour que nous ne lui soyons pas à 100% fidèles ! »

Dimanche matin, Rudolf Fopp,

qui nous a confirmé les faits par téléphone, tiendra une conférence de presse à

Saint-Moritz. On saura alors s’il a définitivement changé d’avis. De son côté,

la F.S.C. se dit prête à « prendre les mesures qui s’imposent » si les courses

du White Turf étaient l’objet de paris illégaux en Allemagne. La sanction la

plus forte serait une exclusion de Saint-Moritz de la Fédération. Quant au PMU

français, contacté également par nos soins, il ne souhaite pas s’immiscer dans

les affaires internes à la Suisse.