Rentrée 2009 pour arqana et une interrogation pressante

Autres informations / 17.02.2009

Rentrée 2009 pour arqana et une interrogation pressante

Les ventes sont

indispensables à la vie du Galop français et international. Elles rythment les

élevages de chaque région, et elles donnent la tonalité économique de la

conjoncture. Elles permettent les échanges entre des offreurs et des acheteurs,

impulsant ainsi l'activité parfois trop quotidienne de l'élevage. Une vente,

c'est aussi un moment de rencontre des professionnels, et tant Arqana que le

Syndicat des Eleveurs l'ont parfaitement compris, organisant festivités et

forums autour de cet événement.

 

Cependant, les ventes de

Février ont une particularité : elles sont très nouvelles en Europe, ne

correspondant à aucune exigence du cycle de l'élevage et des courses, à la

différence des ventes de yearlings d'août-octobre, de ventes d'élevage de

décembre, ou des breeze-up de mai. Cet aspect en fait une sorte de moment

artificiel du commerce du pur-sang, à la fois une vente d'opportunité ou de

rattrapage tant pour des vendeurs que pour les acheteurs.

 

Il est donc difficile de

situer une vente de février, et son déroulement est chaque fois singulier. Mais

à la lecture du catalogue de ces ventes du 17 février, il est clair que les

absents auront forcément tort. En dehors du plaisir de revoir ses amis et

voisins, en dehors de la possibilité de régler certaines affaires et de

finaliser son plan de monte, cette vente Arqana est très bien composée avec,

bien sûr, la vente pour cessation d'activité de l'élevage Wattinne, un des

grands noms de l'élevage français, tant de Plat que d'Obstacle.

Toutefois, chacun le sait, une

interrogation muette planera sur le déroulement de cette première vacation de

l'année 2009 : de quelle façon, et suivant quelle intensité, la crise

économique mondiale affectera-t-elle le marché français ? Pour éviter tout

malentendu, précisons que l'aspect parti culier et chaque fois singulier de

cette vente de février lui ôte label de test pour l'année qui s'ouvre. Cette

vente ne donnera qu'une indication isolée en fonction d'une offre forcément

limitée. Néanmoins, on pourra tâter la tempéra ture, se livrer à des analyses,

esquisser des pronostics pour les importants rendez-vous que seront les

Breeze-up de mai et les ventes d'août.

Reconnaissons que le contexte

est défavorable. Nous assis tons en effet, en plus de la cohorte des mauvaises

nouvelles économiques attendues et confirmées chaque jour, à une dramatisation

médiatique et politique de la crise. C'est ce dernier constat qui est

préoccupant car il exagère for cément les traits de la gravité. Les médias

entonnent à l'in fini le culte de la mauvaise nouvelle qui les fait vendre, et

les politiques font de même, camouflant leurs insuffisances sous l'extrême

gravité de la situation. Sous l'avalanche des oiseaux de mauvais augure, il est

difficile de respirer. Mais les professionnels de la filière. hippique,

éleveurs et propriétaires, en ont vu d'autres ! À la différence des marchés,

les chevaux grimpent difficilement au ciel, et les hommes de chevaux sont

toujours tenus de garder les pieds au sol. C'est un avantage aujourd'hui, et

c'est avec cette lucidité terrienne qu'il nous faudra apprécier le marché.