Nonantlepin sous la menace de déchets toxiques

Autres informations / 14.03.2009

Nonantlepin sous la menace de déchets toxiques

Un inquiétant projet

d’enfouissement de déchets menace NonantlePin et ses alentours. Le plus grand

risque est un empoisonnement des eaux qui irriguent quelques-uns des plus

prestigieux haras français…

 

Le Groupe Guy Dauphin

Environnement (GDE) projette d’implanter une unité d’enfouissement de déchets à

NonantlePin (Orne). Elle accueillerait 150.000 tonnes de déchets par an, dont

90.000 tonnes de Résidus de Broyage Automobile (RBA), venus du centre de

Rocquancourt (Calvados). La commune de l’Orne et celle du Calvados sont

distantes de 87 kilomètres : pourtant, la loi indique que les déchets doivent

être stockés le plus près possible de l’endroit où ils sont broyés ; or il

existe trois centres de stockage près de Rocquancourt…

Cette décision inquiète

beaucoup les acteurs locaux, parmi lesquels de nombreux hommes de cheval

puisque NonantlePin et ses alentours ont une forte densité de haras : Haras du

Pin, Reboursière et Montaigu, Capucines, Cruchettes, Tuilerie, Grand’Cour, pour

n’en citer que quelques-uns.

Si cette unité

d’enfouissement était autorisée, quelles pourraient être les conséquences

environnementales ? D’abord une pollution des eaux sur une grande partie du

secteur. La contamination partirait du ru situé sur les cinquante hectares du

futur site, lequel ru se jette dans la Dieuge, qui se jette elle-même dans

l’Ure et passe à La Cochère avant de longer le Haras du Pin… Puis l’Ure se

déverse dans l’Orne. Le second risque vient des poussières, car un tel projet

va remuer de la matière en permanence, notamment par le transport des déchets.

Troisième nuisance grave : la circulation routière. On estime que soixante

camions au moins transiteraient par le site chaque jour.

En toile de fond, tout le

monde s’inquiète aussi du profil de la société choisie : GDE n’a pas toujours

eu des pratiques irréprochables. Elle a déjà implanté des décharges sauvages,

comme près de Falaise où

40.000 tonnes ont été

enfouies illégalement il y a quelques années. Pas très rassurant.

 

Où en est le projet ?

L’enquête publique, menée il y a deux ans, a rendu un avis défavorable sur

l’enfouissement des RBA. Prochaine étape, la réunion du C.O.D.E.R.S.T. (cf. ci-dessous),

programmée ce lundi, mais qui sera peut-être décalée de quelques jours. La

tradition veut que son avis soit suivi par le Préfet à qui, dans les quinze

jours, reviendra la décision finale. En attendant, l’association Nonant

Environnement fait circuler une pétition. Pour plus de renseignements :

poirier.dubois@free.fr