« la bataille va être rude »

Autres informations / 18.08.2009

« la bataille va être rude »

ACTUALITÉS

PHILIPPE GERMOND :

 

« LA BATAILLE VA ÊTRE RUDE »

Mardi matin, sur l’hippodrome

de Clairefontaine, le Syndicat des éleveurs a tenu son Assemblée générale annuelle.

Trois cents membres avaient répondu présent – le chiffre le plus élevé jamais

atteint par cette réunion. Une des explications de ce succès tient dans la

présence du nouveau président du PMU, qui s’exprimait pour la première fois

devant une assemblée socioprofessionnelle.

Nous reviendrons dans notre

édition de demain sur les autres points de cette réunion (fiscalité, sanitaire,

équarrissage et allocution de Bernard Ferrand).

 

Découverte du PMU

« Depuis le mois d’avril, je

découvre l’univers des courses. J’ai bien compris que le PMU est à votre

service et qu’il est là pour financer la filière hippique. »

 

Points positifs

« Le premier point positif

pour le PMU, c’est que les paris par internet représentent déjà 8% du chiffre

d’affaires. Et 50% des parieurs qui utilisent internet n’avaient jamais parié

auparavant. Ces chiffres sont très promet-

teurs, dans la perspective de

l’ouverture du marché des jeux en ligne. Il montre que le PMU a su se

moderniser.

Le second, c’est la notoriété

de la marque, qui atteint 95%, avec un sentiment de confiance. A l’avenir, il

faudra capitaliser sur l’image et sur la notoriété du PMU.

Le troisième, c’est

l’excellent travail de mon prédécesseur Bertrand Bélinguier sur les coûts de

gestion. Aujourd’hui, nous sommes à 5,5% – mais il faut savoir que 35% à 40% de

ce pourcentage correspondent aux commissions que nous reversons aux points de

vente, lesquels jouent un rôle essentiel. »

 

Points négatifs

« D’abord, il existe au sein

du PMU une certaine rigidité sociale. Face à la concurrence, nous devrons nous

adapter.

Ensuite, le marché des

parieurs s’est peu renouvelé. Il est toujours CSP moins, âgé et masculin.

Le système d’information

central [l’ordinateur géant du PMU, qui traite les paris, ndlr] a encore trop

de failles, comme on l’a vu le 14 juillet et lundi dernier. Je suis

personnellement sensible à ces questions, pour avoir tra-

vaillé dans des entreprises

de haute technologie. Et je dis : le système ne doit jamais faillir. Savez-vous

que les deux pannes dont je viens de parler représentent une perte de chiffre

d’affaires de 4 millions d’euros… »

 

Le projet de loi sur

l’ouverture du marché des jeux en ligne

« Il y a beaucoup de points

positifs dans le projet de loi. Malgré cela, nous devons être très vigilants

sur le taux de retour aux parieurs, car il ne faut pas que la différence avec

le football soit trop importante.

 

Ma crainte, ce n’est pas la

concurrence d’un autre opérateur sur le marché des paris hippiques, mais celle

des paris sur le football. On voit déjà la forte croissance du jeu Cote &

Match de la Française des Jeux, qui a certainement pris des parts de marché.

Nous allons aussi nous battre

pour que les bases de données parieurs soient remises à zéro le jour de

l’ouverture. Car il n’est pas normal que les parieurs recrutés illégalement en

ce moment soient conservés par les opérateurs lorsqu’ils deviendront légaux.

Nous devons aussi combattre

le betting exchange, qui est très dangereux puisque les parieurs jouent entre

eux, y compris sur la défaite d’un cheval.

La première lecture du projet

de loi à l’Assemblée nationale aura lieu en octobre. Le texte passera au Sénat

fin 2009. Il sera adopté au premier trimestre 2010. Puis l’Autorité de

régulation des jeux en ligne (Arjel) devrait sélectionner les candidats au deuxième

trimestre, pour une ouverture effective quelque temps avant le début de la

Coupe du monde de football, fixé au 11 juin 2010. »

 

Le PMU face à son avenir

« Le PMU doit maintenir sa

croissance. Pour cela, il faut transformer la menace en opportunité, comme a

très bien su le faire France Télécom.

Le PMU doit d’abord fidéliser

ses clients. Mais il doit aussi en conquérir de nouveaux et pour cela, il doit

se diversifier. Moi, je ne voudrais pas qu’un turfiste ouvre un compte

ailleurs, parce que le PMU ne lui donnerait pas l’occasion de parier sur le

football. Ne croyez pas que je fasse une annonce de diversification.

Simplement, notre offre doit être similaire à celle de nos concurrents. De

plus, je crois à un effet retour des autres sports vers les courses.

Nous devons être excellents.

Par exemple, il ne faut plus de failles comme il y en a eu au cours de l’été.

J’ai dirigé SFR, qui s’est

attaquée à France Télécom. Je sais donc assez bien ce que peuvent faire nos

concurrents. Je vais mettre ma sensibilité de la concurrence au service du PMU.

La bataille va être rude. Nos concurrents seront redoutables. Il va falloir

s’adapter, anticiper, ne pas être dans l’angélisme. Et frapper très fort dans

les trois à six premiers mois, car ils seront décisifs.

Le PMU a tout pour réussir. »