Pousseurs-tireurs, au parloir !

Autres informations / 20.08.2009

Pousseurs-tireurs, au parloir !

Sans eux, Spanish Moon n’aurait

pas remporté le Grand Prix de Saint-Cloud… et Goldikova ne serait pas entrée

dans sa stalle pour gagner le Prix Jacques Le Marois. Sans parler des anonymes,

chaque jour, dans des courses moins prestigieuses. Les pousseurs-tireurs du

G.H.T.P. sont considérés comme les meilleurs du monde. Et pourtant, même si

leurs visages sont familiers, on les connaît très peu.

JDG est donc parti à leur

rencontre au cours d’une interview – fait rare – collective. Comme pour mieux

symboliser le formidable esprit d’équipe qui anime cette bande à laquelle le

monde des courses doit un grand respect.

 

Jour de Galop. – Quelles sont

vos relations avec les jockeys ?

Les pousseurs-tireurs. – Avec

le temps, on a appris à les connaître. Mais il faut aussi bien les connaître que

les chevaux.

 

Quant un cheval ne rentre

pas, quel est votre sentiment ? Est-ce un échec ?

Nous n’avons pas le sentiment

d’échec. Le cheval est plus fort que nous ; nous le savons. Lorsqu’un cheval

récalcitrant parvient à pénétrer dans sa stalle, c’est qu’on l’a eu au bluff.

S’il a décidé qu’il ne rentrera pas, il ne le fera pas. L’essentiel est que

personne ne soit blessé chez nous.

 

À qui appartient le jugement

de déclarer un cheval non partant ?

À partir de la mise sous les

ordres, nous avons trois minutes pour faire pénétrer tous les partants.

Lorsqu’un cheval ne veut pas rentrer, la décision appartient au starter de le

déclarer non partant.

 

On dit de vous que vous êtes

les meilleurs au monde ?

Cela ne veut rien dire. Il

faut rester humble. Il est vrai que lorsque Sir Michael Stoute vient courir en

France avec Spanish Moon (El Prado), qui vient d’être déclaré non partant en

Angleterre, et qu’il nous rend hommage après la victoire de son pensionnaire,

cela nous fait plaisir, mais nous continuons à travailler toujours de la même

façon.

 

Pousseur, ça s’apprend ?

Ça ne s’apprend pas du jour

au lendemain, c’est sûr. C’est une habitude à prendre avec l’autre. C’est le

matin que l’on apprend le plus. Oui, le matin à Chantilly. En période de forte

activité, il arrive que l’on passe entre 70 et 80 chevaux par jour, avec une

moyenne à l’année de 40 chevaux. Ces jours-là, on “mouille vraiment la

liquette“. On apprend beaucoup au contact des jeunes chevaux.

Quel effort représente le

fait de faire entrer 18 chevaux dans les boîtes en 5 minutes ?

C’est un effort intense et

rapide, avec des difficultés en cours de route. On pourrait comparer cela à un

110 mètres haies !

 

Une anecdote, un cheval qui

vous a marqué ?

Zarkava, bien sûr, durant

toute sa carrière et le jour de “l’Arc” en particulier. Dalakhani également

nous a marqués. Dalakhani, c’était un crack en piste mais un poney au moment du

départ, un très gentil cheval.

 

Yves Noé 36ans, pousseur

Ancien cavalier

d’entraînement chez Christiane Head-Maarek.

 

Michel Lebranchu

47ans, pousseur

D’abord cavalier de concours.

Depuis cinq ans au G.T.H.P.

 

Philippe Neaud

56 ans, tireur

Premier garçon puis garçon de

voyage chez Victor Greco.

Depuis 32 ans au G.T.H.P. («

À l’époque, cela s’appelait encore le Service Commun ! »).

 

Robert Bonaventure

54 ans, tireur

Entraîneur pendant sept ans.

 

René Mascle 40 ans, pousseur

Ancien entraîneur-driver de

trotteurs.

 

Stéphane Alcalde

36 ans, pousseur

Ancien maréchalferrant.

Puis Casque bleu de l’ONU. A

beaucoup joué au rugby.

 

Laetitia Logghe

33 ans, tireuse

Ancienne cavalière

d’entraînement.

 

Nicolas Guesdon

38 ans, tireur

Ancien jockey chez Christiane

Head-Maarek et salarié de l’écurie Wertheimer

& Frère.

 

Philippe Le Breton

37 ans, tireur

Ancien jockey et entraîneur d’obstacle.

 

Pierre Tacail

54 ans, tireur

Trente ans d’expérience dans

une écurie de course, dont quinze en tant que garçon de voyage.

DEAUVILLE, Mercredi

Prix de la Côte de Grâce (B)

LA VICTOIRE DU MÉRITE POUR BLUSTER

Courageux poulain, Bluster

(Indian Rocket) ne déçoit quasiment jamais. En onze sorties avant ce Prix de la

Côte de Grâce (B), il avait gagné deux courses et s’était placé huit fois.

Jeudi, il a ajouté un troisième succès à son palmarès dans cette “B”, prenant

la suite au palmarès de chevaux de Groupe sur le sprint, tels qu’Etoile

Nocturne (Medicean), gagnante en 2007, Garnica (Linamix), lauréat en 2006, ou

encore Ela Merici (Beaudelaire). Une fois encore, Bluster s’est montré tenace.

Il le fallait pour gagner d’une courte tête et contrer Letteratura (Danehill

Dancer), qui est revenue finir vite le long de la corde « Il méritait son

succès, nous a déclaré Robert Collet, mentor du poulain de Slim Chiboub. Cela

s’est mal passé la dernière fois [non placé à MaisonsLaffitte, ndlr]. Il a

ensuite eu du repos, partant à la mer. Il est revenu et aujourd’hui, cela s’est

bien passé. C’est un cheval de bon terrain et je le préfère sur 1.000 que

1.200m. Quand un 3ans gagne une course B sur le sprint, il n’a pas trop le

choix pour la suite du programme. Il va devoir affronter les vieux. » Bluster

pourrait donc revenir dans la catégorie des Listeds, dans laquelle il s’est

placé à six reprises.

Adrar commence à se régler

Très régulier lui aussi,

Adrar (Marchand de Sable) a très bien couru, après s’être retrouvé derrière

Cafe Racer (Royal Applause) qui plafonnait légèrement. Il a bien prolongé son

effort pour prendre la troisième place. « Il commence à trouver son point

d’appui, nous a confié son entraîneur, Rodolphe Collet. Il démontre que la

valeur qui lui est attribué [40,5] est la bonne. Il s’était montré brillant

dans une Listed à Chantilly se classant septième. Là, il affrontait un bon lot

avec des chevaux de Listed et il court très bien. »

Le contrepied des Indian

Rocket

Elevé par Michel Jarlan,

Bluster est un fils d’Indian Rocket, gagnant de Gr2 à 2ans et connu pour

apporter beaucoup de précocité à ses produits. Parmi ces derniers, Bluster va

un peu à contre courant puisqu’il a brillé à 2ans (deux victoires et quatre

places en six sorties) et continue de courir sa bonne valeur à 3ans. Mère de

Bluster, Tell me Why (Distant Relative) a couru treize fois, remportant trois

courses. Elle a eu six produits dont deux gagnants. En 2008 est née la propre

sœur de Bluster, elle se nomme Feltzer.

 

Les autres partants dans leur

ordre d’arrivée : Nareion (Areion), Antinea (Royal Applause), Belle Chasse

(Kyllachy), Derek (Refuse To Bend). – Non partant : Alta Luna (Fasliyev). Les

"Rouget" Letteratura et Belle Chasse prennent un bon départ et

s’installent rapidement en tête. Mais leur leadership est contesté peu avant la

mi-parcours par Antinéa, qui se rapproche et vient sur la ligne de tête, plutôt

à l’extérieur. À 300m du but, des trois concurrentes en tête, seule Letteratura

donne l’impression de pouvoir s’imposer. Longtemps, on pense d’ailleurs que ce

sera le cas, mais, après lutte, Bluster, monté près des meneuses, parvient à

lui prendre le meilleur et à lui résister jusqu’au poteau. Troisième, Adrar

vient à distance et règle Indomito. Très mal parti et loin durant le parcours,

Nareion a fait un "truc", revenant finir tout près des chevaux

classés.