Prince muteb bin abdullah : « j’adore la france ! »

Autres informations / 11.08.2009

Prince muteb bin abdullah : « j’adore la france ! »

Fils du roi Abdullah d’Arabie

Saoudite, le prince Muteb bin Abdullah a choisi la France pour développer une

écurie en Europe. Comme l’an dernier, il sera présent aux ventes de Deauville.

Il nous a fait l’honneur de nous parler de sa passion et de ses objectifs.

 

Jour de Galop. – D’où vous

vient votre passion des courses ?

Prince Muteb bin Abdullah. –

J’ai grandi entouré de chevaux. Quand j’étais petit, mon père [le roi d’Arabie

Saoudite, ndlr] m’emmenait aux courses au Liban. Il a toujours énormément

apprécié les chevaux de course et m’a transmis sa passion. Mon père a même

monté en course, dans des compétitions organisées avec des amis. C’est un

excellent cavalier.

 

L’année dernière, vous avez

acheté vos premiers yearlings chez Arqana et, cette année, vos premiers 2ans

ont débuté sous l’entraînement d’André Fabre. Pourquoi avoir choisi la France ?

Lorsque j’ai voulu tenter ma

chance dans les courses en Europe, j’ai choisi la France. J’adore votre pays et

vos courses. Je viens à Longchamp dès que je suis à Paris, et je regarde le

plus souvent possible Equidia. Je suis très ami avec Louis Romanet, et cette

amitié a été importante dans mon choix. Et puis je dois dire aussi que France

Galop accueille et accompagne parfaitement les nouveaux propriétaires.

 

Et l’Angleterre ?

J’ai tenté ma chance en

Angleterre deux fois. Le résultat était convenable. Mais là-bas, les

hippodromes sont loin les uns des autres, ce qui n’est pas très pratique pour suivre

ses chevaux. Il faut voyager en permanence.

 

Etes-vous heureux de votre

choix ?

J’ai eu un bon début, non ?

(sourire) [Yamam a remporté le Prix de Lisieux, un des maidens les plus convoités

de l’été à Deauville, et Ezdehar a fini deuxième du Prix de la Verrerie le 19

juin à Chantilly, ndlr]

 

Comment avez-vous été amené à

confier vos chevaux à André Fabre ?

J’apprécie énormément M.

Fabre. Je suis sa carrière depuis longtemps. C’est un desmeil-

leurs entraîneurs du monde –

si ce n’est le meilleur. Etje le remercie d’avoir accepté d’entraîner mes

chevaux.

Comment avez-vous choisi ces

chevaux ?

Yamam a été choisie par M.

Fabre [à la vente Breeze-up d’Arqana en mai 2009, ndlr]. J’étais en Arabie

Saoudite lorsqu’il m’a appelé au téléphone. Il m’a dit qu’il aimait beaucoup

cette pouliche. Et nous l’avons achetée. Pour les yearlings achetés en août 2008,

M. Fabre et mon manager Franck McGovern avaient fait un choix préalable. Et

nous nous sommes réunis avant la vente pour parler de leur sélection.

 

Quel est votre objectif dans

les courses en France ? Ce qui m’intéresse, c’est d’avoir un bon cheval, qui

soit capable d’être compétitif dans de grandes courses. Voilà ce qui me

rendrait très heureux car, vous l’avez compris, je préfère la qualité à la

quantité. C’est dans cet objectif que je vais continuer à investir en France,

et notamment à Deauville lors des ventes de yearlings.

 

 

Vous êtes-vous fixé une

limite dans votre développement ?

J’essaie de commencer

doucement. Ce que mon écurie en France deviendra, il est impossible de le dire.

Je suis très admiratif des écuries de Khalid Abdullah et de Son Altesse Aga

Khan. Avec peu d’investissements extérieurs, ils ont une grande réussite. Cela

indique bien la très grande qualité de leurs poulinières et de leurs étalons.

 

 

Pourriez-vous développer un

élevage spécifiquement européen, avec les pouliches que vous avez acquises en

France ?

Si nous parlons par exemple

de Yamam, il est encore prématuré de parler de son entrée au haras, puisqu’elle

n’a que 2ans. Mais elle pourrait tout à fait devenir poulinière en France. Car

demain, il n’est pas impossible que j’élève des chevaux en France.

 

Nous avons parlé de votre

investissement en France. Mais vous êtes surtout très attentif au développement

des courses en Arabie Saoudite… Notre ambition est grande, pour le futur. Nous

avons de bons hippodromes et nos structures d'élevage ont été développées, en

essayant de faire preuve du plus grand professionnalisme. Nous étudions aussi

la possibilité de développer notre programme de courses ouvertes aux chevaux

qui ne sont pas nés et élevés en Arabie Saoudite. Mais nous voulons nous

développer progressivement, en respectant les étapes nécessaires. Nous en

reparlerons d’ici quelques mois.

 

Quelles races possédez-vous ?

En Arabie Saoudite, nous

avons deux types de chevaux : les pur-sang anglais pour les courses et les

arabes pour le show. Et chez les pur-sang anglais, nous distinguons les

importés et les local bred (nés et élevés en Arabie Saoudite).

 

 

Quel est le niveau actuel de

ces local bred ?

Il s’améliore chaque année.

Chez nous, les local bred ont battu plusieurs fois les importés. Et nous avons

déjà obtenu des résultats dans des Groupes à l’étranger. Depuis plusieurs

années, nous avons investi dans d’excellentes souches maternelles aux

Etats-Unis. Nous avons choisi de les acheter là-bas parce que le programme de

sélection américain se fait, comme le nôtre, sur le dirt. Chez nous, il est en

effet difficile d’envisager une piste en gazon, du fait du manque d’eau et de

la chaleur ambiante. En revanche, j’ai acheté mes yearlings en Europe, et

notamment en France, car avec eux, je veux pouvoir courir en Europe.