Px du haras de fresnay-le-buffard

Autres informations / 17.08.2009

Px du haras de fresnay-le-buffard

DEAUVILLE, DIMANCHE

Px du Haras de Fresnay-le-Buffard – Jacques Le Marois (Gr1)

Ce fut d’ailleurs, à l’entrée de la pouliche dans sa boîte,

la première salve d’applaudissements de la course. Dans une ambiance survoltée,

le public très nombreux a applaudi une seconde fois à trois cents mètres du

poteau, lorsque Goldikova a eu course gagnée. Et une troisième fois à son

retour aux balances, pour ce qui est sa sixième victoire de Gr1. Gérard

Wertheimer déclarait alors : « C’est fantastique ! Que peut-on ajouter ?

Maintenant, c’est à vous, les journalistes, de faire votre travail. Mais,

surtout, il est important de souligner le travail des pousseurs. Ils ont été

extraordinaires. »

Quinze jours après le Prix Rothschild (c’était la seule

toute petite source

d ’ i n q u i é t u d e avant la course), Goldikova a encore

mieux c o u r u . Paradoxalement, c’est plutôt sa leader qui a pâti du peu

d’écart entre les deux é p r e u v e s ,comme le soulignait Freddy Head : «

Only Green (Green Desert) avait déjà fait le leader dans le Prix Rothschild et

s’en ressentait peut-être ce dimanche. » Voilà pourquoi, elle a mis près de

trois cents mètres à se porter devant Goldikova. Et il ne faut pas chercher

plus loin la raison de la brutale rétrogradation d’Only Green au poteau des six

cents derniers mètres.

Goldikova est alors seule face à son destin, qu’elle

affronte “dans un canter”. L’image est saisissante : Olivier Peslier est rênes

longues, mais Goldikova prend déjà du champ avec ses adversaires. Et lorsque

son jockey la lance, uniquement aux bras, elle se détache irrésistiblement pour

l’emporter de six longueurs, en laissant une impression visuelle

sensationnelle. Les temps de passage des quatre cents derniers mètres sont

révélateurs de l’impression laissée. Elle est passée de 12’’00 (400 aux 200m) à

11’’30 (200m à l’arrivée). Le tout ralentie par Olivier Peslier, qui confiait

aux frères Wertheimer à sa descente de cheval : « A deux cents mètres du

poteau, j’ai cherché l’écran géant sur ma droite. Je voulais savoir où nous en

étions, parce que je n’entendais plus les autres chevaux. Et là, j’ai vu

l’écart sur l’écran, et j’ai eu la confirmation que c’était bon ! »

 

Les larmes de Freddy Head

Freddy Head laisse parler l’émotion. Il regarde la

championne qu’il a façonnée revenir aux balances. Il est ailleurs. Mais il

arrive à reprendre ses esprits pour nous parler de Goldikova : « C’est

extraordinaire, ce qu’elle réalise. Surtout quand elle passe ses adversaires

d’une façon… Elle est incroyable. C’est une grande dame. Puisque vous me posez

la question, je vous dirais qu’elle est plus facile que Miesque (Nureyev), qui

était assez brutale. Elle est aussi mieux dans sa tête. Elle a beaucoup de

cœur. C’est la meilleure pouliche que j’aie jamais entraînée. Est-elle la

meilleure tout court ? Marchand d’Or (Marchand de Sable) aussi est un champion.

»

 

 

DEAUVILLE, DIMANCHE

 Px du Haras de

Fresnay-le-Buffard – Jacques Le Marois (Gr1)

Le Prix de la Forêt ou les “Sun Chariot” avant le Breeders’

Cup

Après des comparaisons entre une championne qu’il a montée

et une autre qu’il entraîne, Freddy Head a évoqué les prochains objectifs de

Goldikova : « Nous allons éviter le Prix du Moulin de Longchamp (Gr1, 6/09). En

effet, le délai avec le Breeders’ Cup Mile (Gr1, 7/11) serait trop long puisque

la course américaine a lieu plus tard que l’an dernier. Et il faut la garder en

forme jusque là. Nous pensons au Prix de la Forêt (Gr1, 3/10, 1.400m) ou aux Sun

Chariot Stakes (Gr1, 3/10, 1.600m) en vue du Breeders’ Cup Mile. »

Des championnes qui ont leurs “manières”

A l’image de Zarkava (Zamindar) qui appartient à la même

promotion, Goldikova a ses manières. C’est souvent le cas avec les meilleures

femelles. Elle secoue la tête dans le rond de présentation. Derrière les

stalles, munie du bonnet, elle refuse plusieurs fois d’entrer dans les boîtes,

avant de se faire “porter” par les pousseurs. « Elle n’a absolument pas de

mauvais vouloir, nous explique Freddy Head. Cela n’a rien à voir avec du

“caractère”. C’est simplement une sorte de phobie. Le matin, quand je la sors

en piste, elle peut passer à côté des stalles sans broncher. Mais s’il y a du

monde à côté, elle n’aime pas cela. Elle est très agréable à entraîner, ne fait

pas d’histoires et possède un mental à la hauteur. Elle atteint le sommet de sa

carrière à 4ans. » Zarkava, à l’inverse, rentrait bien dans sa stalle, mais ne

voulait pas en sortir. C’est aussi pour cela qu’un champion devient populaire

et reste dans les mémoires. Par sa personnalité.