Retour sur les ventes arqana

Autres informations / 19.08.2009

Retour sur les ventes arqana

COMMENT L’EST INVESTIT À

L’OUEST

 

De nouveaux acheteurs sont

apparus lors des ventes d’août. Parmi eux, plusieurs clients venus de l’ex-URSS

(et pas exclusivement de la Russie), achetant des yearlings par l’intermédiaire

de Jean-Pierre Deroubaix, MarcAntoine Berghgracht, Carlos LaffonParias ou l’Allemand

Jürgen Albrecht.

Il faut d’ailleurs saluer le

travail de fond des courtiers tricolores, qui passent leur année à aller

prospecter dans le monde entier pour “vendre” les courses et l’élevage

français, pour le plus grand profit des éleveursvendeurs français.

Focus sur ces nouveaux

passionnés qui contribuent à la bonne dynamique actuelle des ventes françaises.

 

Le profil de ces clients

Comme nous l’expliquait Jean-Pierre

Deroubaix, ces acheteurs possèdent deux profils bien distincts.

Ils achètent des yearlings

pour courir chez eux et améliorer la qualité de leur stock. Pour cela, ils

achètent plutôt du bas de gamme, comme l’an dernier à Keeneland, où ils ont

acquis soixante yearlings. C’est une clientèle qui n’investit pas ou peu lors

des ventes d’août.

D’autres achètent pour courir

en France. Ils ont une base en France et veulent apprendre sur le système des

courses françaises. Ce sont des gens qui recherchent le côté prestige et

veulent avant tout courir lors des grands week-ends, comme celui du

“Jockey-Club” ou de “l’Arc”.

 

Qui sont-ils ?

Ardak Amirkulov : Vendredi,

le premier jour des ventes, deux lots ont été achetés par Chris Richner

Bloodstock pour un client russe, Ardak Amirkulov. Il s’agit du lot #6, vendu

140.000€ et du lot #69, pour 110.000€. Pour l’instant, il n’a pas de chevaux à l’entraînement

en France.

 

Sergey Efros : Sa casaque est

connue en France, puisqu’il est le propriétaire de The Bogberry, à

l’entraînement chez Alain de Royer Dupré. C’est le Président du Jockey Club

russe. Il habite en Californie et possède une entreprise de panneaux solaires.

 

Viktor Timoshenko : Cela fait

quelques années déjà qu’il possède des chevaux en France, ayant eu notamment le

sculptural Kentucky

Dynamite, acheté à Keeneland

en septembre 2004 et désormais étalon au Quesnay. Actuellement, il a cinq

chevaux chez Alain de Royer Dupré, dont Jakonda.

 

MAB Agency et ses clients

russes Le courtier Marc-Antoine Berghgracht travaille pour trois clients venant

de l’Est. Il y a Valentin Bukhtoyarov, Eduard Mordukhovitch et le Syndicat Red

Square. « Ils sont tous Russes et j’ai rencontré mon premier client russe en

Espagne, il y a quelques années. Ils aiment courir et ont un vrai amour

pour le cheval. Ils ont

également des chevaux chez eux, à Moscou et leur but en achetant ici est

d’atteindre le topniveau, et de courir lors des grandes journées de courses.

Valentin Bukhtoyarov travaille dans la métallurgie, en Sibérie, et Eduard

Mordukhovitch dans les télécommunications. Valentin Bukhtoyarov a une grande

passion, les Ferrari, il en possède plusieurs. Si Anzas court samedi dans le

Critérium du Fonds Européen de l’Élevage (L), peut-être viendra-t-il avec son

avion privé. »

 

L’argent russe stéréotypé

L’argent dépensé par des

propriétaires russes peut poser quelques questions, voire inquiéter, car la

Russie a une mauvaise image en France due à une réelle méconnaissance du pays.

À cela, Jean-Pierre Deroubaix nous a répondu : « Ce sont des gens qui n’ont pas

peur du risque et veulent s’amuser. Ils ont fait fortune suite à la fin du système

communiste et travaillent. Ce ne sont pas des gangsters Ils sont heureux

d’investir chez nous en euros. »

 

La restructuration des

courses russes

Jean-Pierre Deroubaix est

également conseiller du ministère de l’Agriculture russe et du Jockey Club.

Là-bas, il a pour mission d’aider à la restructuration des courses et de

l’élevage. « Nous avons recensé tout ce qui touchait au domaine hippique en

Russie et notre audit montrait que c’était archaïque. Vladimir Poutine souhaite

que la Russie s’inscrive au niveau international du Turf. Nous avons donc

emmené leurs décideurs à l’étranger, pour leur montrer la façon dont cela se

passait. Dès le début, à Hongkong, ils ont été conquis, ensuite, ils sont

également venus à “l’Arc”. Ils ont compris le système du PMU et veulent la même

chose pour eux. C’est pourquoi tous les bookmakers et casinos illégaux ont été

fermés à Moscou. L’an dernier, nous avons fait passer une loi donnant les

courses au ministère de l’Agriculture, alors qu’auparavant elles dépendaient du

ministère des Sports. Beaucoup de gens n’avaient pas compris le côté élevage

des courses. Nous avons également créé une société-mère qui chapote toutes les

races de course. Avec le Jockey-Club russe, je travaille sur les courses de

galop, notamment sur la rénovation des hippodromes et le code des courses. Le

système était très archaïque et nous avons dû répertorier tous les chevaux pour

faire un studbook. J’y retourne dès mercredi, avec une délégation française

venant du sudouest, French Equi Trade. »