Les classements du défi du galop

Autres informations / 09.09.2009

Les classements du défi du galop

LE MAGAZINE

Après l’étape de ce lundi à

Craon, les classements du Défi du Galop ne sont pas bouleversés. Los Cristianos

(Gold Away) rejoint la liste des chevaux “à six points”, c’estàdire ceux ayant

remporté une victoire.

Premier au classement

provisoire, Young Tiger (Tiger Hill) a notamment remporté l’étape de San

Sebastian au mois d’août. Le règlement du circuit stipule qu’une victoire

acquise à l’étranger donne neuf points au vainqueur, au lieu des six attribués

quand le cheval s’impose dans son pays d’entraînement. Ainsi, le pensionnaire

de François Rohaut a pris une confortable avance avec vingtsix points au total

contre treize pour Daly Daly (Medaaly) et sept pour Inestimable (Mark of

Esteem), troisième.

JEANPIERRE TOTAIN :

”JE VOUDRAIS QU’ILS SOIENT

RESPECTÉS, NON POUR CE QU’ILS SONT, MAIS POUR CE QU’ILS APPORTENT”

 

Si le pursang arabe est un

brillant ambassadeur de la France dans les régions du Golfe et de la

Méditerranée, le mérite en vient aux éleveurs au processus de sélection

drastique tout comme aux entraîneurs dont la réussite ne se dément pas. Et quel

meilleur exemple de réussite que celui de JeanPierre Totain, amoureux du cheval

arabe et dont le travail a été une nouvelle fois récompensé la semaine dernière

à Istanbul, lors du meeting inter national, avec la victoire de Badad (Tidjani)

dans le 2009 International IFAHR Trophy (Gr2 PA), premier cheval 100% français

à dominer les chevaux turcs sur leur territoire.

 

La victoire de Badad en

Turquie

C’est un cheval qu’on avait

entraîné sur la “fibrée” de Pau et qui y travaillait très bien, c’est pourquoi

on avait choisi cet engagement en Turquie. On aurait pu courir également à

Deauville le Prix Manganate (Gr1 PA), mais, en accord avec François Rohaut qui

entraîne également des chevaux pour Cheikh Mansoor bin Zayed Al Nahyan, on a

préféré courir Lahib (Kairouan de Jos) à Deauville et Badad (Tidjani) à

Istanbul.

C’est une préparatoire à la

grande course de Longchamp (le Qatar Arabian World Cup). Il a d’ailleurs été

malheureux l’année dernière dans celuici, s’étant retrouvé trop tôt devant. Je

n’avais malgré tout pas été surpris par sa per

formance (5e) au cours d’une

arrivée très disputée, s’étant

auparavant imposé dans deux

belles épreuves au Maroc (Grand Prix de Son Altesse Royale le prince héritier

Moulay El Hassan) et à Hambourg (Qatar Cup).

Je l’avais préservé à 3ans,

ne voulant pas le mettre dans le “rouge”, étant d’un modèle imposant.

Toutefois, ces courses de Groupe 1 PA sont de plus en plus difficiles à gagner

car le niveau des pursang arabes s’est grandement amélioré.

 

Sa rencontre avec le pursang

arabe

J’ai eu la chance il y a une

vingtaine d’années qu’un client m’amène une pouliche qui s’appelait Danzina

(Zulus), une arabe un peu nerveuse mais avec qui finalement on gagne pas mal de

courses. Puis j’ai travaillé avec JeanPierre de Gasté pour le compte du Cheikh

Khalifa bin Zayed Al Nahyan et on a vraiment “cartonné”. J’étais même le premier

entraîneur public à entraîner des pursang arabes. J’avais pris une longueur

d’avance. Aujourd’hui, les choses se sont beaucoup professionnalisées.

 

L’évolution de la race

Il y a vingt ans de cela, les

chevaux couraient la queue en panache. Aujourd’hui elle a beaucoup évolué grâce

au niveau des courses en France. Ce sont surtout des chevaux qu’il faut

respecter aussi bien sur le plan mental que physique. Ils sont peutêtre un peu

moins généreux que le pursang mais la sélection effectuée dans notre pays a

fait que nous possédons les meilleures souches mondiales à présent.

 

Place au sein de l’écurie

Je possède actuellement une

vingtaine de pursang arabes, soit le tiers de mon effectif. Je m’occupe

beaucoup d’eux jusqu’à l’été et à partir d’octobre, lorsque j’en ai vendu certains,

que d’autres sont au pré ou bien partent dans le Golfe comme ce sera le cas de

Badad pour la saison hip pique, je me concentre sur les pursang anglais et le

meeting d’hiver d’obstacle. Je travaille avec des propriétaires éleveurs comme

Dominique Akel (CedarOak Arabians),Véronique Laborde, et j’ai également mon

propre élevage avec mon épouse.

 

Situation des courses

de pursang arabes aujourd’hui

Les courses se portent très

bien dans la mesure où la majeure partie du programme est dotée par le

sponsoring et par un gros travail effectué par l’AFAC. Le mépris dont fait

parfois l’objet le pursang arabe me semble par contre totalement injustifié

dans la mesure où son programme ne nuit pas à celui du pursang. Nous sommes

également une formidable vitrine pour la France quand on regarde le pourcentage

énorme de victoires de chevaux français à l’étranger. Cela est lié à la

sélection qui a été faite au préalable, à la qualité de l’élevage et des

professionnels qui les entraînent. De même, il existe des passerelles entre les

deux mondes car de nombreux professionnels entraînent main tenant les deux

races, tout comme certains propriétaires ont investi ensuite dans le pursang.

Moi, j’aime le cheval arabe, c’est vrai, mais cela ne m’empêche pas de rêver de

posséder un bon pursang aussi. Les courses de pursang arabes n’ont plus rien à

voir avec celles d’il y a 20 ans avec des chevaux éparpillés sur la piste.

Enfin, par respect pour tous ces gens qui dépensent beaucoup d’argent dans le

pursang arabe, je ne vois pas pourquoi on devrait les mépriser. Ces

propriétaires du Golfe sont avant tout des gens passionnés.

 

Le sponsoring de “l’Arc”,

arme fatale ?

Je le souhaiterais car le

Qatar a amené un sponsoring énorme. Ils nous apportent beaucoup dans un

situation économique difficile. On ne peut pas demander et rien donner en

retour. Bien les accueillir est le minimum que nous puissions faire. Je n’ai

d’ailleurs aucun complexe à amener ces gens aux ventes de pursang, quitte à

leur conseiller ensuite un entraîneur pour mettre leurs chevaux.

Cela me semble un échange

intelligent.