Louis romanet : « il existe un vrai danger de dérégulation »

Autres informations / 08.10.2009

Louis romanet : « il existe un vrai danger de dérégulation »

Le président de la Fédération

internationale des autorités hippiques nous a accordé une longue interview

mardi matin.

Les prises de position de

Louis Romanet y sont, comme à son habitude, à la fois réfléchies, argumentées

et tranchées. Et l’on avait hâte de l’entendre sur des sujets aussi chauds que

l’harmonisation des jugements des incidents de courses.

 

Jour de Galop. – Où en est la

Fédération internationale des autorités hippiques (FIAH) ?

Louis Romanet. – La

Fédération a beaucoup grandi : nous avons désormais cinquante-neuf pays à

gérer. Pour rester efficaces, nous avons souhaité faire évoluer notre

organisation, selon trois grandes lignes : encourager un traitement régional

des problèmes pour préparer les décisions mondiales, donner plus de poids aux

petits pays, et tenir compte des difficultés économiques de certains de nos

membres. Et enfin, en ce qui me concerne, le président de la FIAH va devenir

indépendant de toute structure nationale. Je ne représenterai donc plus officiellement

France Galop à la Fédération. Ce sera Hubert Monzat.

 

 

 

LOUIS ROMANET…

Concrètement, comment va se

passer cette régionalisation ?

D’ores et déjà, cela

fonctionne très bien en Asie, où la Conférence initiale s’est même transformée

en Fédération. Ça marche également bien en Amérique Latine. En revanche, les

choses sont plus difficiles avec les pays de la zone Europe-Méditerranée.

D’abord, cette zone comporte beaucoup de pays : trente au total, dont vingt

font partie de l’Union européenne , cinq sont européens mais non membres de

l’U.E., et cinq sont “méditerranéens”, notamment la Turquie… bien qu’elle soit

aussi membre de la Conférence asiatique. Ces pays, d’une grande diversité, ont

besoin d’un organe de liaison, que j’ai proposé de créer. J’ai demandé au

Conseil exécutif de monter une réunion de constitution d’une nouvelle

structure. Cette structure sera opérationnelle l’an prochain et se réunira elle

aussi autour de “l’Arc”. Elle aura aussi un souscomité “Union européenne”, car

beaucoup de questions naissent par l’activité de Bruxelles.

 

Vous parliez aussi de la

gestion des petits pays...

Nous allons réviser le

système de cotisation, pour tenir compte des moyens plus ou moins importants de

nos membres. Au Conseil exécutif, qui comprend neuf membres permanents (3

Europe, 3 Amérique, 3 Asie), nous allons intégrer deux membres qui

représenteront à tour de rôle les “petits” pays. L’un représentera l’Asie et

l’autre l’Europe-Méditerranée. C’est important car nous voulons créer plus de

solidarité entre les pays.

Il y a un sujet sur lequel

vous étiez très attendu. C’est celui de l’harmonisation des règles internationales.

Pourquoi ne progresse-t-on pas plus vite sous l’égide de la FIAH ?

Contrairement aux apparences,

nous avons beaucoup avancé ! En effet, nous avons signé il y a plusieurs années

un accord international sur les courses, l’élevage et les paris, qui est très

riche. Il comprend vingt-neuf articles : les substances prohibées, l’identification

des chevaux, les transports, les échanges de données sur les performances des

chevaux, l’agrément des propriétaires, le stud-book, la sécurité des jockeys,

les forfaits, les noms de chevaux, les problèmes sanitaires et de

vaccination... Cet accord est ignoré de beaucoup de gens pour la simple raison

qu’il fonctionne très bien !