Liliside et le haras de tourgeville, une histoire depuis des générations

Autres informations / 18.02.2010

Liliside et le haras de tourgeville, une histoire depuis des générations

ÉLEVAGE    

Liliside (American Post) a étonné en remportant le Prix de

la Californie (L), ce dimanche à Cagnes. Cette petite jument possède un cœur

plus gros qu’elle et François Rohaut tentait un pari audacieux en la présentant

à ce niveau. Un pari osé, mais un pari tenu qui nous donne l’occasion de

revenir aux sources de Liliside, au Haras de Tourgeville.

 

LILISIDE ET LE HARAS

DE TOURGEVILLE, UNE HISTOIRE DEPUIS DES GÉNÉRATIONS

Depuis quatre générations, les “Lepeudry” élèvent des

chevaux à Tourgeville, et le pedigree de Liliside y trouve ses origines à

partir de sa quatrième mère, Dilly Dally (Abernant).

Actuellement, Pierre Lepeudry, qui est l’éleveur de

Liliside, passe au fil du temps la main à son fils Antoine et à son petit-fils

Jean-Charles pour gérer le haras. Âgé de quatrevingt-six ans, ses problèmes de

vue ne lui permettent plus de prendre des responsabilités trop importantes au

sein de l’élevage, qu’il a vu grandir. Un élevage qui date d’avantguerre, comme

il nous l’a raconté : « C’est mon père qui a commencé à mettre des chevaux à la

maison. Il était un bon ami du vétérinaire du baron Édouard de Rothschild (le

père du baron Guy) et c’est ainsi que nous avons récupéré quelques juments

réformées dont il ne voulait pas. Nous avons commencé à faire un peu d’élevage

ainsi, mais, après la guerre, mon père a arrêté le pur-sang pour faire dans les

trotteurs. À sa mort, j’ai gardé quelques trotteuses, mais j’ai également pris

quelques juments pur-sang avec des amis, notamment les propriétaires de The

Marshal [lauréat du Prix Jacques Le Marois, ndlr]. Également, après la guerre,

je travaillais au Haras de Gouffern, qui appartenait alors à un propriétaire

américain. Je travaillais trois jours par semaine là-bas et revenais m’occuper

de mon élevage le reste du temps. Un an ou deux après la mort du propriétaire

du haras, ses enfants ont décidé de le vendre. Et il a alors été acheté par

Jean-Pierre de Gasté. Je suis donc revenu chez moi, pour m’occuper à plein

temps de mon élevage. »       

 

Pierre Lepeudry se rappelle bien de Dilly Danny, qui est à

la base de Liliside. « C’était une jument grise que nous avons faire saillir

par The Marshal. Elle a eu une jument, Maradadi, qui, saillie avec Lyphard, a

produit Lymara. Lymara n’a pas couru, car elle était estropiée. Alors, je l’ai

fait saillir par Miller’s Mate, ce qui a donné Miller’s Lily, la mère de

Liliside. Donc Liliside est la cinquième génération de sa famille au Haras de

Tourgeville. »

 

The Wise Lady, la première réussite de Miller’s Lady Avant

Liliside, Miller’s Lily a eu une autre jument black type. Il s’agit de The Wise

Lady (Ganges), entraînée par Markus Nigge, multiple placée de Groupe et qui a

débuté victorieusement dans le Prix d’Avranches (B) à Deauville. Elle est

désormais la mère des bons Good Bye my Friend (Kendor) et Melodyman (Green Tune

Prix Zeddaan, L). « Miller’s Lily avait eu un bon produit par Ganges, en 1996,

nommé Fleur des Indes. Elle a gagné quelques courses et était très solide.

Mais, ensuite, Miller’s Lily est restée vide pendant trois ans. Je commençais

un peu à perdre patience, alors je l’ai renvoyée à la saillie à Ganges, qui

était toujours vivant. Également, Ganges étant un fils de Riverman, je voulais

refaire le croisement qu’Alec Head utilisait souvent et avec réussite, dans un

sens ou dans l’autre, Riverman sur Lyphard. Et c’est ainsi qu’en 2000 est née

The Wise Lady. » 

 

Liliside l’étonnante

Ceux qui étaient présents le 18 octobre à Angoulême ont pu

voir Liliside s’imposer pour la première fois de sa carrière, dans le Prix le

Marché des Saveurs (G). Elle s’élançait plutôt à l’extérieur ce jour-là et elle

avait fait le tour du peloton, en troisième épaisseur et s’était imposée très

nettement. Sur    le moment, Liliside donnait

l’impression qu’elle resterait sur cette victoire, car elle était plutôt fine

et on pouvait craindre qu’elle encaisse mal cette course. Dimanche dernier,

elle a prouvé le contraire et JeanCharles Lepeudry nous disait : « Liliside

étonne beaucoup de gens. C’est une petite jument, certes, mais elle a un modèle

très séduisant. Elle n’est pas issue d’une famille dont les produits se vendent

cher habituellement. Mais elle, elle s’était bien vendue, pour 39.000€, en

octobre 2008. Elle était clairement très belle, mais elle appartient aussi à

une souche de chez nous que les gens connaissent bien, grâce notamment à The

Wise Lady. »

Jean-Charles Lepeudry nous expliquait aussi que Liliside

était une sorte d’exception au haras : « Nous sommes avant tout un haras

commercial. Nous avons parfois des parts dans les poulinières, mais celles-ci

appartiennent souvent en totalité à des clients. Ce n’était pas le cas pour la

mère de Liliside, qui appartenait en totalité à mon grandpère. » Actuellement,

le Haras de Tourgeville gère une quarantaine de juments sur une surface d’une

centaine d’hectares.

 

L’histoire du croisement de Liliside

La famille Lepeudry a fouillé dans ses archives pour

retrouver la logique du croisement qui a donné Liliside. Croisement dont Pierre

Lepeudry est, en grande partie à l’origine, en concertation avec son fils et

son petit-fils.

En 2006, Miller’s Lily a eu un produit mort-né par American

Post (Bering) et pour l’année suivante, il a été choisi de reproduire ce même

croisement, qui date donc de 2005. American Post est un étalon qui plait

beaucoup à la  famille Lepeudry et

qu’elle a toujours utilisé, car il était précoce et a gagné deux Grs1 à 2ans.

Deux atouts importants pour Pierre Lepeudry. Également, son modèle était

complémentaire par rapport à Miller’s Lily, car American Post

 est un cheval assez

épais. En 2003, Miller’s Lily a produit The Blue Miller (Ocean of Wisdom), qui

était un grand cheval. La petite taille d’American Post n’était donc pas un

problème. De plus, en choisissant American Post, il leur a semblé intéressant

d’avoir des imbreedings 3x4 sur Lyphard et 3x5 sur Mill Reef.

Le croisement de Liliside est donc un vrai croisement

vitesse sur vitesse avec beaucoup de précocité pour le père et pour la mère.

Depuis longtemps Pierre Lepeudry cherchait à produire des chevaux de courte

distance et très précoces. Jean-Charles Lepeudry nous disait que le dernier

produit de Miller’s Lily, qui est morte, est une propre sœur de      Liliside      née     

en      2009.