Malberaux, une histoire d’amitié

Autres informations / 10.02.2010

Malberaux, une histoire d’amitié

LE MAGAZINE      

Dimanche, Malberaux (Michel Georges) a été sacré roi du

cross-country de Pau pour la deuxième année consécutive en remportant le Prix

Gaston de Bataille (L). Le maître des gros obstacles palois est né de la relation

de trois amis : son éleveur, Michel Pigaut, son entraîneur, Philippe Cottin, et

Daniel Lassaussaye, le propriétaire de son géniteur, Michel Georges.

Malberaux connaît un destin particulier. Sa mère a été cédée

par son propriétaire de l’époque, Naji Pharaon, à Michel  Pigaut, contre son premier produit. Cette

jument, c’est Fleur Blanche (Surumu), une jument autrefois entraînée par Cédric

Boutin qui a obtenu sa meilleure valeur lors de ses débuts à Strasbourg où elle

se classait quatrième d’une course F. Si Fleur Blanche n’était pas une

championne en piste, son papier maternel aurait pu lui permettre de le devenir.

Sa mère, Bohema (Shahrastani), a gagné à Saint-Cloud et la propre sœur de cette

dernière, Blue Daisy, était une petite championne qui a remporté plusieurs

Listeds et un Gr3. Elle s’est notamment classée quatrième des 1.000 Guinées

irlandaises (Gr1) sous la férule de John Oxx et la casaque du Cheikh Mohamed Al

Maktoum. En seize sorties elle a été “payée” à quatorze reprises.

 

La naissance du champion

Une fois au haras, Fleur Blanche a d’abord mis au monde un

poulain par Sagamix promis à Naji Pharaon. Malheureusement, As Familly – le

poulain en question – n’a pas connu le même destin que son frère cadet. « Il

est né avec une malformation qui l’empêchait de se nourrir normalement »,

explique Michel Pigaut, qui l’a élevé dans les riches terroirs de

Ferrières-la-Verrerie, dans l’Orne, aux côtés de la propre sœur d’Oh Câlin

(Alamo Bay), une autre de ses poulinières. Plus spécialisé dans l’élevage de

trotteurs que de galopeurs, Michel Pigaut a ensuite décidé d’associer sa jument

aux étalons de son ami de toujours, Daniel Lassaussaye. Michel Georges, Reste

Tranquille et Discover d’Auteuil sont ses étalons à l’époque et le choix se

porte alors sur Michel Georges, un bon reproducteur de chevaux d’obstacle, qui

n’a pas eu la jumenterie qu’il mérite. C’est alors qu’est né un an plus tard,

Malberaux, dont le destin allait l’orienter bien loin de celui de sa grande

tante Blue Daisy, lauréate d’épreuves semi-classiques en plat sous la casaque

princière du chef politique de Dubaï.

 

Les malheurs de Fleur Blanche

Les années suivantes, Fleur Blanche a été très malheureuse

au haras. « Tous les ans, nous sommes retournés à la saillie et à chaque fois

elle a été déclarée pleine au bout de quatorze jours. Puis une semaine plus

tard, à chaque fois, elle coulait », nous a confié l’éleveur qui poursuit : «

j’ai alors choisi de la donner aux enfants de Philippe Cottin, David et

Margaux, l’année où David a reçu sa Cravache d’Or de gentleman-rider. » À ce

moment-là, les vétérinaires sont très sceptiques quant à sa capacité à pouvoir

reproduire et déconseillent à la famille Cottin de l’envoyer à la saillie. « On

a tenté le coup avec Panoramic, un étalon du Haras national du Lion-d’Angers,

et ça a marché » raconte Philippe Cottin, l’entraîneur de Malberaux. « Le

poulain est même très bien, c’est un beau yearling » poursuit l’homme d’Andigné

dans le Maine-et-Loire. Affaire à suivre…

 

Vers un triplé historique…

Comme tout le monde le sait, Malberaux est devenu l’un des

meilleurs chevaux de cross-country, sinon le meilleur, en remportant un

deuxième Prix Gaston de Bataille (L). Son avenir devrait l’emmener vers un

troisième Grand Cross de Pau, pour devenir le premier cheval à réaliser le

triplé. L’idée de disputer le Crystal Cup [compétition européenne dans la

discipline du cross-country, ndlr] ne devrait pas être envisagée, comme nous

l’a expliqué son mentor. « Rien n’est encore certain mais je ne pense pas que

ce soit envisageable. Les épreuves à l’étranger sont soit trop dangereuses,

soit hors de ses compétences. Pour celles qui ont lieu en France, il faut voir

les conditions mais il a déjà gagné beaucoup d’argent et devrait donc porter

beaucoup trop de poids. Non, son avenir est  logiquement  à  Pau  après  un  bon  repos.  »