Patrick fellous : « il faut relancer d’urgence le fonds de retraite des chevaux »

Autres informations / 19.02.2010

Patrick fellous : « il faut relancer d’urgence le fonds de retraite des chevaux »

 

 « C’était en quelque

sorte une des belles histoires exemplaires que le Galop français pouvait

revendiquer : assurer à ses vieux compétiteurs une retraite décente. Une

reconnaissance de l’Institution à l’égard des vaillants combattants qui furent

d’anciens “partants”, et qui à ce titre ont contribué à l’enrichissement

collectif du turf français. Quel n’a pas été notre étonnement, et mon profond

malaise, quand la nouvelle est tombée : les derniers candidats à la retraite ne

pourront plus en bénéficier, faute de financement suffisant du Fonds de

reconversion des chevaux de course de galop ! Face au déficit, France Galop et

la Ligue Française de Protection du cheval ont pris la décision de suspendre

provisoirement la prise en charge des nouveaux candidats.

Au moment où l’Assemblée nationale s’apprête à voter une loi

qui autoriserait, sous la forme d’une taxe affectée, un revenu substantiel de

8% du montant des enjeux sur les courses aux Sociétés organisatrices, il est

particulièrement dommage de devoir suspendre cette exemplaire action

humanitaire envers nos vieux serviteurs. Pour un trou de 30.000€ dans cette

œuvre humanitaire, somme ridicule en regard des milliards d’euros engagés dans

les paris hippiques, le Galop renonce à participer à ce fonds si nécessaire

dans le contexte actuel de préservation de la santé et de la vie animale…

Encore une fois, c’est dommage car il en va, outre les questions affectives personnelles,

de l’image publique de notre sport dans la société française. Nous semblons

être aux antipodes des bonnes préoccupations énoncées par notre président de

France Galop devant le premier Comité 2009, quand il avait listé tous les

paramètres qui mettent en danger l’intégrité du cheval, comme l’usage abusif de

la cravache. C’est pourquoi cette dernière décision est incompatible avec vos

vues totalement en phase avec la sensibilité actuelle de l’opinion. L’enjeu est

simplement celui de l’image des courses, si stratégique aujourd’hui dans le

contexte concurrentiel de l’ouverture. Pouvons-nous aujourd’hui adopter une telle

attitude, oubliant les nécessaires principes d’une éthique sportive, ceux qui

sont les nôtres, pour succomber aux pressions de gestionnaires qui ignorent ou

négligent l’animal que nous aimons ? Est-ce ainsi que les courses vont

justifier la taxe affectée de 8%, en abandonnant ses vieux serviteurs au

funeste équarrissage ? »

* Membre élu du Comité de France Galop.