Un système de paris décentralisé

Autres informations / 22.02.2010

Un système de paris décentralisé

L’Espagne est un pays très régionalisé qui ne dispose pas,

au contraire de la France, d’une organisation 

centrale pour réguler les paris hippiques. Comme nous l’a expliqué           Manuel Orozco, un concours lancé par

le ministère du Patrimoine aurait pu faire changer les choses. Jérôme Carrus,

Vice-président de la Société des courses de San Sebastián, qui s’occupe de la

prise de paris au Pays Basque, nous a apporté son point de vue : « Au début des

années 2000, un concours avait été lancé par le ministère du Patrimoine alors

que la remise en fonctionnement de l’hippodrome de Madrid était envisagée.

P.M.C., France Cheval Services et le PMU avaient gagné la consultation, mais

elle n’a pas abouti. En effet, nous avions fait un business plan qui prévoyait

d’agrémenter le programme espagnol par des paris sur les courses françaises, à

l’instar de ce que nous pratiquions déjà à San Sebastián. Mais le ministère ne

pouvait pas nous garantir cette clause au regard du monopole de la LAE [Loterie

d’État] qui s’occupe des paris sportifs et pas seulement hippiques en Espagne.

Le consortium n’a donc pu réussir dans son entreprise. Par la suite, nous avons

tenté à nouveau notre chance, sans succès. » L’Espagne fonctionne très

différemment de la France : les provinces sont libres d’organiser les courses,

jeux et paris sur leur territoire et si elles peuvent jouer sur les courses

étrangères, elles n’ont, pour l’instant, pas le droit de jouer sur les courses

des autres provinces espagnoles. Chaque hippodrome a une organisation

spécifique : en Galice, c’est la mairie qui joue le rôle de société de courses

et d’opérateur ; à San Sebastián, la mairie est propriétaire et la société

privée HAHE a le droit d’exploiter l’hippodrome, mais c’est P.M.C. qui prend

les paris. Au final, aucun des quatre hippodromes principaux ne fonctionne

vraiment de la même façon ; à Madrid, l’hippodrome dépend de l’État espagnol,

au travers notamment de la LAE, organisme public intervenant sur les paris

hippiques et les loteries. Pour Jérôme Carrus, les paris hippiques en Espagne

ont néanmoins un bel avenir devant eux : « Selon moi, le jeu sur le sport

hippique devrait bien évoluer en Espagne. L’Andalousie a déjà choisi de se

rallier à notre système de prise de paris et Madrid aimerait nous rejoindre

également. De plus, je m’aperçois de la passion des espagnols pour le jeu et

les courses à travers le Pays Basque puisque nous prenons les paris sur cette

région et nous avons une clientèle fidèle. Elle suit les chevaux espagnols qui

vont courir dans le sud-ouest à Pau, Toulouse ou Bordeaux. D’ailleurs, notre

chiffre d’affaires augmente de 50% lorsque ce cas de figure se présente. Et en

moyenne, nous réalisons 25.000€ de chiffre d’affaires quotidien dans la douzaine

de points de vente que nous avons. Grâce à cela, l’hippodrome de San Sebastián

peut s’autofinancer. Nous sommes arrivés en septembre 2009 à le rentabiliser et

nous pourrons ainsi regarder s’il est vraiment intéressant d’organiser de

nouvelles courses supplémentaires à Lasarte. »

En 2008, la LAE a totalisé plus de 5 millions d’euros sur

les courses hippiques. Les sociétés de courses des hippodromes sont très peu

subventionnées, à l’exception de Madrid, et paient généralement seules les

allocations. Elles doivent donc s’autofinancer, notamment au travers du

sponsoring. En effet, alors qu’en France les sociétés mères France Galop et le

Cheval Français assurent le financement des courses avec le PMU, en Espagne, la

S.F.C.C. (Sociedad de fomento y cria caballar) a seulement un rôle de contrôle

du programme des courses de galop.