Voyage au pays d’ulzama, le “joyau” de l’élevage espagnol

Autres informations / 23.02.2010

Voyage au pays d’ulzama, le “joyau” de l’élevage espagnol

 

SÉRIE           

Carlos Vazquez, propriétaire de la majorité des actions du

Haras d’Ulzama, nous a raconté l’histoire de ce haut lieu de l’élevage de

pur-sang en Espagne, que les locaux surnomment “le joyau du turf espagnol”.

C’est dans ce cadre magique qu’ont été élevés Persian Ruler, unique cheval

élevé en Espagne vainqueur de Gr3 en France, ou encore la généreuse poulinière Robertiya

(Don Roberto), championne en Espagne et mère de Volvoreta (Suave Dancer),

lauréate du Prix Vermeille (Gr1).

 

Le Haras d’Ulzama, le plus grand complexe espagnol

C’est dans les années 50 que la Sociedad de fomento de la

cria caballar a fondé le Haras d’Ulzama. L’objectif avoué de ce projet était de

permettre aux propriétaires qui n’avaient pas de terres pour élever, d’en avoir

une à disposition en Navarre. « Cette région rassemblait toutes les qualités

pour permettre à l’élevage de se développer : un climat tempéré, une bonne

pluviométrie et une qualité d’herbe excellente », comme nous l’explique Carlos

Vazquez. Ulzama s’étend sur 130 hectares et dispose de 150 boxes. Actuellement,

120 chevaux y sont stationnés en comptant les yearlings, poulinières, foals,

étalons et les chevaux en convalescence. Cette situation est satisfaisante car

le haras a dû fermer pendant l’arrêt des courses à Madrid de 1996 à 2005,

seulement quelques “héros“ – dixit Carlos Vazquez – continuaient à élever.

 

Dyhim Diamond, fer de lance du parc d’étalon

Seulement trois étalons sont actuellement stationnés à

Ulzama : Dyhim Diamond (Night Shift), Okawango (Don Roberto) et Sky Wells

(Sadler’s Wells). Federal Trial (Skip Trial), un sire d’origine américaine,

vient de quitter le haras. « Il est reparti en Galice. Nous avions fait un

accord avec son propriétaire pour qu’il reste trois années à Ulzama et il a

accompli sa part du contrat. » Honours List (Danehill) est lui aussi parti pour

rejoindre la France, plus précisément le Haras de Saint Arnoult, en Normandie.

Et Carlos Vazquez est actuellement en quête d’un nouvel étalon.

Dyhim Diamond connaît beaucoup de succès en Espagne. Carlos

Vazquez nous a raconté : « Nous voulions un bon reproducteur pour l’Espagne et

Gérard Larrieu m’a présenté un étalon qui ne me plaisait pas particulièrement.

Je réfléchissais  cependant pour le

prendre et pendant le temps de ma réflexion, il est finalement parti pour

l’Afrique du Sud. Au même moment, Turtle Bowl, un fils de Dyhim Diamond, s’est

révélé en France en gagnant une Listed. Dyhim Diamond me plaisait par son

papier et je pensais qu’il avait une qualité suffisante pour être étalon en

Espagne. Finalement, nous avons réussi à l’avoir. Nous pensions au départ qu’il

n’apporterait que de la précocité, mais il donne aussi des bons 3ans comme

Orgi, Guerendiain et Pedrena en Espagne. » Autre étalon à Ulzama, Okawango a

glané ses principaux titres de gloire en Espagne (Premio Gobierno Vasco, Gr1 à

l’époque, et la Poule de Potros, Gr2 à l’époque). Il appartient à plusieurs

propriétaires. Parmi ses meilleurs produits et faisant partie de l’élite des

chevaux d’âge en Espagne, il y a Newango qui a notamment fini troisième du

Grand Prix de Bordeaux (L).       

 

« Turtle Bowl, un fils de Dyhim Diamond, s’est révélé en

France en gagnant une Listed. Dyhim Diamond me plaisait par son papier et je

pensais qu’il avait une qualité suffisante pour être étalon en Espagne. »

 

« En 2009, un représentant d’Arqana est venu à Ulzama pour

voir notre production. Nous souhaitons en effet nous développer en France.

Cette année, par exemple, nous avons quarante yearlings au haras. »

 

Troisième et dernier étalon, Sky Wells a été vendu à Ulzama

par un propriétaire irlandais. C’est l’un des seuls fils de Sadler’s Wells

(Northern Dancer) stationné en Espagne. Il n’a couru que deux fois, mais sans

succès.

 

Le désir de s’étendre vers les ventes françaises

Carlos Vazquez aimerait présenter des produits de Dyhim

Diamond en France dans les ventes Arqana ou Osarus : « En 2009, un représentant

d’Arqana est venu à Ulzama pour voir notre production. Nous souhaitons en effet

nous développer en France. Cette année par exemple, nous avons quarante

yearlings au haras. Mais pour être présent en France, il nous faut amener nos

meilleurs pedigrees. » Les ventes françaises  intéressent d’autant plus Carlos Vazquez que

la situation en Espagne est difficile : les chiffres d’affaires et les

pourcentages de vendus étaient en baisse de 30 à 40% entre 2008 et 2009 sur les

différentes vacations. Mais Ulzama a une fois de plus sorti son épingle du jeu

en enregistrant des records de vente : « En 2008, un fils de Dyhim Diamond a

fait 60.000€ lors d’une vente à Madrid. Et en 2009, le record était de 43.000€

pour un autre produit de cet étalon. »

 

Un grand projet autour de la Navarre

La Navarre s’est impliquée comme un véritable partenaire

pour le haras depuis sa création. Cette région, connue dans le monde pour ses

élevages de vache et de brebis, cherche à faire connaître ses haras. « La

Navarre a donné des fonds au haras pour construire une piste d’entraînement,

explique Carlos Vazquez. Nous avons également un grand projet qui consiste à

faire connaître la Navarre à travers le cheval. Nous souhaitons faire du

tourisme vert en déplaçant des clients à cheval à partir du sud-ouest pour

arriver à Ulzama. Il y aurait sur le chemin plusieurs haltes dans des maisons

rurales. C’est un projet sur lequel nous travaillons avec Gérard Larrieu. Le

rêve serait de créer une cité du cheval comme le sont Deauville ou Newmarket. »

En remerciement de l’aide apportée, le Haras d’Ulzama renomme tous ses produits

avec un nom de village, de fleuve ou de vallée de la Navarre.

 

 

GÉRARD LARRIEU : « ULZAMA ET MILAGRO VALENT LA NORMANDIE OU

LE KENTUCKY PAR LA QUALITÉ DE LEURS TERRES »

 

Grand observateur des courses et de l’élevage espagnol,

Gérard Larrieu nous a apporté son éclairage sur le Haras d’Ulzama, sur son

projet de développement avec la Navarre et sur l’avenir des courses et de

l’élevage espagnol en général.

 

Jour de Galop.– Vous avez un projet de développement autour

de la Navarre avec Carlos Vazquez. Pouvez-vous nous parler de ce dossier ?

Le projet consiste à faire connaître la région par le biais

du monde du cheval en partant du fait qu’il y a deux haras importants dans

cette région : Ulzama et Milagro. Tous deux génèrent de la main d’œuvre et ce

serait logique d’orienter la région vers le milieu du cheval. Nous avons

rencontré les quatorze communes. Ulzama est sous la présidence de la Navarre

qui est dominée par sa capitale, Pamplona. Pour faire connaître la région, nous

pensions organiser une course d’endurance qui partirait du sud-ouest pour

atteindre la Navarre. Cependant, tout cela n’est qu’à l’état embryonnaire pour

le moment. À Ulzama, il y a d’autres projets envisagés comme la construction

d’un centre d’entraînement et d’un hippodrome. Mais avec la crise qui frappe de

plein fouet l’Espagne, tous les projets immobiliers sont arrêtés.

 

Le Haras d’Ulzama a dû laisser partir récemment deux de ses

étalons, Honours List et Federal Trial. Cherchez-vous d’autres étalons ? Quel

profil vous intéresse ?

Nous en cherchons d’autres en effet. Je pense qu’un fils de

Sunday Silence (Halo) par exemple pourrait faire un bon étalon pour l’Espagne

car il faut des chevaux qui s’adaptent aux pistes rapides notamment.

 

Quel avenir prédisez-vous aux courses et à l’élevage

espagnol ?

Le problème en Espagne réside dans le fait qu’il y a des

communautés autonomes qui gèrent à leur façon les paris et les courses. Pour

l’élevage, Ulzama ou Milagro sont deux haras qui valent le Kentucky ou la

Normandie par la qualité de leurs terres. Ils n’ont rien à leur envier. Je ne

suis pas pessimiste pour les courses. En Espagne, les gens ont une passion pour

la fête et cela devrait marcher. En France, par exemple, une fois les belles

courses courues, tout le monde s’en va. En Espagne, les gens restent sur

l’hippodrome bien après la dernière et il y a un monde fou. Maintenant, il faut

qu’il y ait des propriétaires en mesure de réinvestir dans les courses.

 

 

 


 

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