Yan durepaire : « avant, les chevaux de "réclamer" pouvaient faire des chevaux de grand prix en espagne »

Autres informations / 26.02.2010

Yan durepaire : « avant, les chevaux de "réclamer" pouvaient faire des chevaux de grand prix en espagne »

SÉRIE           

 

Yan Durepaire s’est installé entraîneur en Espagne depuis la

réouverture de l’hippodrome de Madrid. Il a donc eu l’occasion de voir

l’évolution des courses madrilènes depuis cinq ans. L’entraîneur apporte un

nouveau point de vue dans notre série sur les courses espagnoles.

 

Quel bilan tirez-vous de vos premières années en tant

qu’entraîneur en Espagne ? Le niveau des courses a-t-il évolué depuis votre

installation ?

Le bilan est plutôt positif depuis mon installation en 2005.

Chaque année, nous nous sommes fixés des objectifs toujours plus élevés et nous

les avons réussis. Avec Diableside (Diableneyev), j’ai eu ma première

expérience de Poule d’Essai des Poulains (Gr1), puis j’ai gagné le Prix Fille

de l’Air avec Synergy (Victory Note), mon premier Groupe. Au départ, j’ai pu

voir comment les courses se déroulaient et “tâter” le terrain. Et les deux

premières années, j’arrivais d’ailleurs, en achetant des chevaux “à réclamer”

en 36 ou 37 de valeur, à en faire des chevaux de Grand Prix en Espagne. Cela a

été le cas par exemple de Guenamedina ou encore Trip to the Moon. Désormais, le

niveau s’est relevé. Les propriétaires ont acheté des bons yearlings, des 2ans,

des chevaux de meilleur niveau.

 

Comment les courses ont-elles évolué depuis vos débuts

madrilènes ?

Au début, lorsque je me suis installé, il y a eu un renouveau

venu de personnes intéressées par les courses. Elles rentraient alors dans

l’hippodrome de Madrid en nous demandant comment faire pour être propriétaire.

C’est d’ailleurs comme ça que j’ai connu les futurs propriétaires de Trip to

the Moon. Il y avait une certaine effervescence et de la curiosité de la part

des gens autour des courses. Il fallait alors être au bon endroit, au bon

moment. Malheureusement, depuis, la crise a touché les Espagnols, il y a eu des

travaux engagés à Madrid qui continuent encore et certains propriétaires sont

carrément partis car ils ne voulaient pas attendre et se lassaient. Mais ils

reviendront une fois que certaines améliorations auront été faites.

 

Comment se passe l’entraînement à Madrid ?

C’est comme à Deauville ou à Cagnes-sur-Mer, puisque nous

nous entraînons sur l’hippodrome. Nous avons trois pistes à dispositions, dont

une située dans la forêt de pins pour les yearlings et deux autres sur

l’hippodrome. Nous nous servons également de la piste en sable fibré qui sert

pour les courses. Nous pouvons aussi travailler sur le gazon et dans ce cas,

comme partout, on paye les galops.

 

Comment voyez-vous évoluer les courses espagnoles ?

Nous allons avoir une journée de plus à partir du 28 mars et

de la réouverture de la Zarzuela. Nous aurons donc deux journées par semaine,

ce qui va être bénéfique. Nous alternerons alors entre les différents meetings.

En revanche, le programme reste un problème. Dès que l’on gagne un mai-

 

den, soit on peut aller vers les bonnes courses, soit on va

sur les handicaps. Par ailleurs, si l’on arrive à développer le jeu dans les

points courses à Madrid, étant donné que l’Espagnol est joueur de nature, la

situation pourrait évoluer favorablement.

 

Quel type de chevaux est “rentable” en Espagne ? Les bons éléments

de niveau Grand Prix gagnent bien leur vie. Ils peuvent d’ailleurs payer les

pensions pour les autres chevaux du même propriétaire. Après, la situation est

plus compliquée lorsque l’on a un cheval qui gagne son maiden puisque les prix

ne sont que de 5.000€, soit le prix d’un “réclamer” en France.

 

Comment faites-vous pour choisir vos pensionnaires qui vont

venir courir en France ?

En règle générale, j’aime bien prendre des lignes sur les

chevaux de Jean-Claude Rouget dans le sud-ouest. On se rend ainsi mieux compte

du niveau d’un cheval et je peux ensuite savoir si mon pensionnaire peut

s’orienter vers la région parisienne.

 

Quels sont vos espoirs pour la saison 2010 ?

J’aime beaucoup Dansico (Dansili), que l’on a engagé dans le

Prix du Jockey Club (Gr1), ainsi que Nova Med (Whipper). Nous allons voir

comment ils vont évoluer et surtout comment ils progresseront au cours du

printemps. J’aime beaucoup Royal Imari (Royal Academy) qui est la fille de

Jacira, une championne en Espagne. Elle se montre très plaisante le matin, à

l’entraînement. Autant l’an passé, j’étais un peu préoccupé par mon lot de

3ans, autant cette année, je pense avoir un bon lot de 3ans.

 

Comment va Synergy depuis sa fracture du canon ? Elle est

toujours à la clinique. Nous avons pris la décision de la faire saillir par

Zamindar (Gone West). Elle va certainement faire son mois de quarantaine en

mars et puis on essaiera de l’amener à Zamindar en mai.

 

 

 


 

× Votre téléchargement est bien en cours. S’il ne se complète pas, cliquez ici.