Rencontre : dans la chaleur du foyer des "henderson

Autres informations / 26.03.2010

Rencontre : dans la chaleur du foyer des "henderson

LE MAGAZINE      

Aujourd’hui, l’entraîneur de Mont-de-Marsan David Henderson

est détenteur de plus de 150 succès. Ce week-end, il a acquis le troisième de

l’année avec Jack de Luz à Toulouse et le lendemain de cette victoire, c’est

son fils, Thomas, qui a remporté la troisième victoire de sa vie d’apprenti

dans une course Afasec. Le jeune homme débute en course officielle le 28 mars,

à Mont-de-Marsan. JDG a rencontré la famille Henderson, chez elle.

 

C’est dans la propriété familiale, nichée dans la forêt qui

jouxte l’hippodrome de Mont-de-Marsan, que la "tribu Henderson" nous

a reçus. Une belle bâtisse landaise transformée en maison d’hôtes pour chevaux

de course où les équidés croisent des poules, des chats, des chiens… Les coqs

lancent leurs cris éraillés et cette charmante cacophonie nous accompagne dans

notre visite. Le maître des lieux nous invite à entrer et nous installe au

salon, un salon décoré de gravures et photographies de courses. Sylvie, sa

compagne, nous rejoint, et l’interview peut commencer.

 

le Canada. Tout gamin, David Henderson n’avait qu’un souhait

: pouvoir un jour monter en course. Mais après ses études, son père l’envoya au

Canada dans une compagnie de recherches pétrolières. Arrivé sur place, le jeune

homme, tout juste majeur, préfère découvrir l’hippodrome de Toronto. Emerveillé

par l’atmosphère du milieu qu’il a tant rêvé de partager, il n’hésite pas à

désobéir et se fait embaucher comme lad.

 

Chantilly. En 1972, Charles Milbank le prend comme assistant

entraîneur et durant les six années qu’il passe à chantilly, il apprend le

métier. Une seule victoire, pour plusieurs essais, sur l’hippodrome du

Croisé-Laroche, en haies. Son rêve de gosse s’est réalisé.

 

le maroc. Il quitte ensuite l’Oise pour partir au Maroc.

David Henderson répond à une proposition du chef de la police, beau-frère de

Hassan II, pour être entraîneur. Il y fera de nombreux gagnants pendant les

trois années passées près de Casablanca.

 

l’angleterre. À son retour en Europe, il passe quelque temps

chez l’homme qui lui a donné sa chance et s’envole assez vite pour Newmarket.

Pendant deux années, David Henderson travaillera dans cette écurie que le

Cheikh Mohamed achètera par la suite.

 

mont-de-marsan. Retour vers Chantilly et John Hammond, un

ami de la famille, accepte de le recruter. Nous sommes en 1993, David et Sylvie

Henderson choisissent de s’installer dans le Sud-Ouest de la France. Ce sera à

Mont-de-Marsan avec quatre chevaux.

 

aujourd’hui. C’est au sein d’une équipe où la bonne humeur

est de rigueur que l’homme travaille car « si les gens s’entendent, les chevaux

vont bien », nous explique David Henderson avant d’ajouter : « J’ai aussi la

chance d’avoir Guillaume Heurtault à mon service, lui qui peut monter en plat

et obstacle me satisfait pleinement. » N’ayant pas les structures idéales pour

prendre des apprentis, il a demandé à Jean-Claude Rouget de prendre son fils,

Thomas, à l’entraînement. Depuis deux ans, Thomas travaille donc avec le

premier entraîneur du SudOuest – le premier de France l’an dernier. Il a

remporté trois courses Afasec pour lui et deux pour son père. Le rêve absolu de

son père : qu’il perde sa décharge la première année ! Et son souhait le plus

cher est qu’il soit heureux :

« Le seul domaine où je peux l’aider, c’est dans ce métier

où j’exerce depuis 40 ans », nous dit-il.

Sylvie, native de Senlis, cavalière chez John Hammond, a

remporté cinq courses dont deux pour l’écurie familiale. Julie, la grande sœur,

détentrice de trois succès, a suivi l’exemple de sa mère et monte encore. À 18

ans, elle se dirige vers les métiers du monde de la mode et du mannequinat. Les

deux petits frères : Edouard, 13 ans, a la guitare qui le démange et William, 8

ans, se laisse du temps pour se décider. Tous trois attendent de voir si leur

grand frère sera meilleur que leur père… les paris sont ouverts.