Lope de vega remporte la "poule" en champion

Autres informations / 17.05.2010

Lope de vega remporte la "poule" en champion

Poule d’Essai des Poulains (Gr1)

Quelle impression ! Malgré le numéro 15 dans les stalles de

départ et un parcours à l’arrière-garde en conséquence, la ???JDg Rising Star ??lope

de Vega (Shamardal) a su placer le coup de reins des champions pour remporter

la Poule d’Essai des Poulains (Gr1) avec autorité. Sa première victoire de

Groupe, directement dans un classique, est obtenue dans le temps de 1’36’’10,

soit le troisième meilleur temps depuis dix ans. Vainqueur de son quatrième

Gr1, de nouveau à Longchamp, son jockey, Maxime Guyon, a expliqué : « Avec la

stalle 15, on ne pouvait pas se permettre de partir à toute vitesse. Grâce aux

leaders, je savais qu’il y allait avoir beaucoup de train. Lors de sa rentrée

dans le Prix de Fontainebleau (Gr3), il s’était montré plus calme et courait

bien, même s’il avait coincé dans les cent derniers mètres, finissant

troisième. » Repris dès le départ, Lope de Vega s’est placé parmi les derniers

dans le

dos de boltcity (Elusive City). Le rythme n’a pas été rapide

durant les premiers trois cents mètres puis il s’est sensiblement accéléré, les

leaders Rajsaman  (Linamix) et Forum Magnum

(Elusive Quality) s’installant dans leur rôle. Venu tout à l’extérieur à deux

cents mètres du poteau, Lope de Vega a changé de vitesse pour fondre sur Dick

turpin (Arakan) qu’il a contenu pour finir. Et ce qui rehausse encore la

performance du protégé d’André Fabre, c’est qu’il a pu revenir de

l’arrière-garde malgré une lice à zéro et un bon terrain.

 

une cinquième poule d’essai des poulains pour andré Fabre

André Fabre a remporté pour la cinquième fois la Poule

d’Essai des Poulains après les victoires de Siberian express (1984), Soviet

Star (1987), Vahorimix (2001) et clodovil (2003). Grâce à ce succès,

l’entraîneur cantilien repasse en tête au classement des entraîneurs par les

gains.

 

un premier classique français pour le gestüt ammerland

Le Gestüt Ammerland, propriétaire et éleveur de Lope de

Vega, n’avait plus remporté de classique depuis la victoire d’Hurricane Run

(Sadler’s Wells) dans l’Irish Derby (Gr1) 2005. Cette Poule d’Essai des

Poulains est d’ailleurs la première victoire classique en France de cette

prestigieuse casaque, qui s’était distinguée avec l’excellente borgia

(Acatenango) troisième du Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) 1997.

 

un champion au physique particulier

Le physique de Lope de Vega est assez particulier. En le

voyant revenir aux balances, on s’aperçoit que son antérieur droit est

légèrement en biais. Cela lui donne une bonne aptitude à l’hippodrome de

Longchamp (corde à droite), sans que cela le gêne pour galoper. Crispin de

Moubray nous avait d’ailleurs expliqué que tout jeune, Lope de Vega était déjà

ainsi et qu’il tenait ça de son père, Shamardal, qui n’était pas tout “droit”

non plus.

 

lope de Vega comme Shamardal ?

Le Prix du Jockey Club (Gr1) était déjà évoqué pour le

pensionnaire d’André Fabre. Un "derby" français que son père

Shamardal (Giant’s Causeway) avait gagné après son succès dans la Poule d’Essai

2005. Mais Crispin de Moubray, qui s’occupe des intérêts du Gestüt Ammerland,

nous a déclaré : « Il n'y a pas de raison pour que Lope de Vega ne tienne pas.

Mais il faudra voir... D'autant plus qu'ils sont allés vite aujourd'hui. » Pour

Maxime Guyon, le problème des 2.100m de Chantilly et du rallongement de Lope de

Vega est surtout une « question de rythme. C’est un poulain qui doit être bien

détendu dans un parcours pour fournir sa pointe. »

 

un prestigieux homonyme

L’élève du Gestüt Ammerland porte le nom de Lope de Vega,

lequel a été un grand dramaturge et poète espagnol du XVIIe siècle. Il est le

fondateur de la tragi-comédie à l’espagnole et a écrit plusieurs milliers

d’œuvres ! Lope de Vega est considéré comme l’un des plus grands écrivains du

Siècle d’or espagnol.                                     

 

Dick turpin, le témoin entre deux promotions classiques

Deuxième de Makfi (Dubawi) dans les 2.000 Guinées (Gr1) de

Newmarket, Dick turpin (Arakan) a répété cette performance en prenant la

deuxième place de la Poule d’Essai. Il donne une ligne aux poulains français,

qui, à l’instar des pouliches de 3ans, sont supérieurs à leurs contemporains

britanniques. « Le cheval court de première, il n'y a rien à dire, nous a

déclaré Richard Hannon Junior, fils et assistant de l’entraîneur. Le jockey a

monté une course parfaite. Le cheval devrait courir les St James Palace Stakes

(Gr1) à Ascot et canford cliffs (Tagula) les 2.000 Guinées irlandaises (Gr1). »

Il est intéressant de noter que le jumelé est constitué de deux poulains, Lope

de Vega et Dick Turpin, qui étaient partis favoris du Prix Jean-Luc Lagardère

(Gr1) dans lequel ils avaient échoué derrière la ???JDg Rising Star ??Siyouni

(Pivotal), malheureux dimanche.

 

Shamalgan réussit la meilleure performance de sa carrière

Le visiteur tchèque Shamalgan (Footstepsinthesand) a fourni

une fin de course remarquée le long de la corde. Le pensionnaire d’Arslangirey

Shavuyev a attendu parmi les derniers, avant de se montrer courageux dans la

phase finale.

Il ne fallait pas tenir compte de ses deux dernières

sorties, comme nous l’a expliqué Guillaume Gorse, représentant de l’entourage :

« Le poulain avait eu deux mauvais parcours précédemment. Le rythme l’a

avantagé. Pour nous, sa troisième place n’est pas une surprise. » Le Prix du

Jockey Club est le prochain objectif de l’élève de Mathieu Daguzan-Garros

(Haras des Granges, dans le Gers), qui nous a confié : « Le cheval a été

entraîné durant l'hiver sur la terre en Tchécoslovaquie. Il était évident qu'en

dernier lieu, sa tâche était difficile car il avait fait 1.500km de camion en

arrivant seulement la veille. Cette fois, il est arrivé vendredi et a pu aller

sur la piste hier samedi. » À l’occasion, l’éleveur nous a appris qu’il venait

malheureusement de perdre le propre frère de Shamalgan le jour de sa naissance.

Autre visiteur remarqué, l’allemand Zazou (Shamardal) a terminé

plaisamment en pleine piste à la sixième place. Pendant un instant, le protégé

de Mario Hofer a donné l’impression qu’il serait quatrième, se faisant remonter

à la fin. Avec lui, son mentor envisage de courir le Prix du Jockey Club où il

aura une chance pour une place.

 

Siyouni, le grand malheureux

Le vainqueur du "Jean-Luc Lagardère", Siyouni n’a

jamais pu trouver le passage dans la ligne droite. Christophe Lemaire n’a pas

insisté dans la phase finale. Le pensionnaire d’Alain de Royer Dupré venait d’effectuer

une rentrée prometteuse dans le Prix de Fontainebleau et devrait refaire parler

de lui durant la saison.

 

un inbreeding sur Machiavellian

Élevé par le Gestüt Ammerland, Lope de Vega a été le premier

lauréat en France de l’étalon Shamardal (Giant’s Causeway). Le choix de

Shamardal comme étalon s’explique par l’inbreeding sur Machiavellian, nous a

appris Crispin de Moubray. Mère de Lope de Vega, lady Vettori (Vettori) a eu un

itinéraire particulier. Elle a remporté le Prix du Calvados (Gr3), avant de

finir troisième du Prix Marcel Boussac (Gr1). Élevée par Andrew Crichton, Lady

Vettori a eu un produit pour ce dernier, Flower bowl (Anabaa). Ensuite, elle en

a eu deux pour Berend Van Dalfsen, bal de la Rose (Cadeaux Généreux), gagnante

des Prix André Baboin (Gr3) et La Sorellina (L), et leap ahead (Desert Prince),

vainqueur de trois courses. Elle a été achetée par Crispin de Moubray pour le

Gestüt Ammerland aux ventes d’élevage Arqana en 2005, pour la somme de

500.000€. Pour ce dernier, Lady Vettori a donné le Roc (Montjeu), gagnant d’une

course, puis Lope de Vega. Suivent ensuite une femelle par Hurricane Run, et un

mâle par Monsun.