Snow fairy, ultime épisode de la saga de patiño, le roi de l’étain

Autres informations / 20.07.2010

Snow fairy, ultime épisode de la saga de patiño, le roi de l’étain

Dimanche,

snow Fairy (Intikhab) a été

étincelante dans les Irish Oaks (Gr1), mettant à l’honneur deux sociétés aux

noms énigmatiques : le propriétaire Anamoine Limited

et l’éleveur Windflower Overseas

Holding Incorporated. Qui se cache

derrière ces deux enti-

tés ? Une seule et même personne,

qui est loin d’être une inconnue… En effet, l’heureuse éleveur-propriétaire de

la championne entraînée par Ed Dunlop n’est autre que Doña María Cristina Patiño y

Borbón. Son ascendance est doublement prestigieuse. Son père n’est autre que le

mythique Antenor Patiño, qui avait hérité trois choses de son père Simon : des

mines en Bolivie, une fortune colossale et le surnom de "roi de l’étain".

Doña Cristina est sa fille aînée,

née en 1932 de son premier mariage avec Doña María Cristina de Borbón y

Bosch-Labrús, troisième duchesse de Dúrcal… membre de la famille royale

espagnole. Et lorsque l’on parle de Doña Cristina, les courses ne sont jamais loin. Dans

les années 1940, les Patiño sont propriétaires d’un appartement au Grand Condé,

ancien hôtel transformé en appartements de luxe situé en bordure de

l’hippodrome de Chantilly, avenue du Maréchal Joffre. En 1952, elle épouse à

Paris un membre d’une grande famille

française, Marc Charles Louis Joseph Marie, septième prince de Beauvau-Craon…

dont elle divorcera quelques années plus tard, après avoir eu deux filles.

OÙ L’ON CROISE UN CERTAIN JIMMY  GOLDSMITH

Antenor Patiño

avait une autre fille, née à Paris quatre ans après Cristina : Doña María

Isabel. À 17 ans, elle est enceinte d’un certain Jimmy Goldsmith – qui se

trouve dans l’obligation d’aller

demander la main de sa fille au "roi

de l’étain".Jimmy est à peine âgé

de 20 ans, mais possède déjà le culot et l’humour qui feront toute sa réussite.

Alors qu’Antenor Patiño lui assène : « Dans ma famille, nous n’avons pas

l’habitude d’épouser des Juifs », Goldsmith rétorque du tac au tac   : « Dans la mienne, nous n’avons       pas       l’habitude d’épouser des Peaux-Rouges

» ! Le mariage se terminera

prématurément et tragiquement à Neuilly-sur-Seine. Enceinte de sept mois, Maria

Isabel est foudroyée par une

hémorragie cérébrale. Les médecins sauvent leur fille, baptisée

Isabel. Plustard, bien plus tard,

Jimmy Goldsmith élèvera un certain Montjeu, qui domina la génération des 3ans

nés en 1996, comme Snow Fairy domine sa génération de pouliches née en

2007.

UN DESTIN POUR LE MOINS CHAOTIQUE

La

belle histoire de Snow Fairy commence sur un coup de chance. En décembre 2008,

Cristina Patiño la présente aux ventes de Tattersalls Irlande. La crise est

déjà là et, en pleine crise des liquidités en Irlande, il n’y a pas de marché

pour une pouliche sans gros pedigree. Elle tourne trois fois sur le ring et est

rachetée par sa propriétaire pour 1.800€.Dunlop : Snow Fairy

part chez "Ed" (Edward), qui a récemment

entraîné une gagnante d’Oaks et tant d’autres courses, entrée dans la légende

des courses sous le nom de ouija Board… À l’entraînement, Snow

Fairy ne casse pas la baraque et se

déclenche d’un coup, en se promenant dans une Listed à Goodwood en mai 2010.

Problème : elle n’est engagée dans aucun classique. Cristina

Patiño débourse donc 20.000£ (soit 23.500€) le 29 mai pour pouvoir courir les

Oaks d’Epsom, et encore 42.500€ le 13 juillet pour pouvoir disputer les Oaks d’Irlande. Au total, ces 66.000€,

soit trente-sept fois ce que lui a coûté le rachat de Snow Fairy chez

"Tatt’Irlande", un jour de décembre

2008. Mais Madame Patiño a les moyens car, en plus d’être la fille d’un "roi", elle mène

habilement ses affaires hippiques. On l’ignorait jusqu’à une date récente, mais

la petite dame qui sourit sur la

photo a aussi élevé un cheval classique qui  a défendu ses couleurs : Elusive pimpernel (Elusive Quality),

deuxième du Racing Post Trophy l’an dernier, lauréat des Craven Stakes et

cinquième des "Guinées"…