Prix du haras de fresnay-le-buffard–jacques le marois (gr1): goldikova battue : le 3ans makfi prend de l’envergure

Autres informations / 15.08.2010

Prix du haras de fresnay-le-buffard–jacques le marois (gr1): goldikova battue : le 3ans makfi prend de l’envergure

Dans sa quête aux records, la JdG Rising Star Goldikova (Anabaa) tentait d’accrocher un onzième Gr1 dans le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques le Marois (Gr1), épreuve dont elle était la tenante du titre. Mais l’exploit qui était attendu comme une évidence ne s’est pas produit. Deuxième, la championne a été battue par son cadet Makfi (Dubawi), qui efface son radical échec - expliqué par un problème de santé - de Royal Ascot et se place comme un des leaders incontestables sur le mile en Europe. La déception que peut causer la défaite de Goldikova ne doit pas éclipser le brillant succès de Makfi, cheval irrépro- chable, et qui sans complexe tente et réussi d’audacieux paris  contre  les  anglais  -  dans  les  2.000  Guinées  de Newmarket (Gr1) - ou contre des aînés que tout le monde pensait inapprochables comme dimanche. On peut toujours trouver des excuses aux champions battus, mais le verdict du poteau reste le seul qui ait du sens. Et dimanche, Makfi a su répondre à tous ceux qui doutaient de lui et pensaient que son succès à Newmarket ne serait qu’un feu de paille. Cheval sûr de lui et qui n’a couru que cinq fois, il n’a cer- tainement pas fini de faire parler de lui et peut s’inscrire comme un très grand sur le mile dans l’Histoire des courses. Sa dauphine, Goldikova, l’est déjà et on lui pardonnera volontiers de ne pas avoir gagné en rappelant que dans sa course aux records, elle a simplement "utilisé" son joker. Deux épreuves de Gr1 sont logiquement inscrites à son programme, elle peut gagner les deux, ce qui porterait son nombre de victoire à ce niveau à douze.

MAKFI, LA VICTOIRE DE L’ÉMOTION

Lorsque les chevaux sont revenus dans l’enclosure des balances, c’était l’euphorie ! Il était quasiment impossible de se rapprocher, ce qui a même été un moment dangereux quand les chevaux ont dû ressortir de l’enceinte pour rejoin- dre leurs boxes. Comme à son habitude, Goldikova, malgré sa deuxième place, a été applaudie comme il se doit. Quand vient Makfi, il reçoit lui aussi une ovation monstrueuse. Ses propriétaires courent partout et Alain Louis-Dreyfus lâche   : « C'est vraiment le pied. Il était dans le dos de la favorite en tirant dessus. C'était énorme ! Il l'a fait comme dans les Guinées ! » Mathieu Offenstadt, son fils sur les épaules, est félicité par l’entourage de Paco Boy (Desert Style), ainsi que par Case Clay, propriétaire de Three Chimneys, l'un des plus grands haras américains, venu pour les ventes de Deauville. « C'est un immense champion, un unique cham- pion même. Je ne réalise pas grand-chose pour le  moment », a-t-il le temps de dire. Nous avons déjà pu le développer, mais il faut rappeler que Makfi possède une his- toire à part. Vendu par Shadwell en fin d’année dernière à Tattersalls,  il a été acheté seulement 26.000 Guinées par Hubert Barbe.

Mikel delzangles : « le terrain ne m’inquiétait pas »

 La forte pluviométrie depuis samedi a créé un paramètre important pour ce Jacques le Marois. Avec l’assouplissement du ter- rain, les valeurs changent, même si on a tendance à dire que les bons chevaux vont partout. Makfi, lui, n’a pas été dérangé par le terrain lourd, ce qu’expliquait Mikel  Delzangles, son entraîneur, qui parlait également  du  programme   à venir du cheval : « Il fallait oublier sa dernière sortie qui s'ex- pliquait par son état de santé. Il avait été ralenti pendant deux semaines après sa course d'Ascot. Le terrain ne m'in- quiétait pas et ne le gênait pas, ce qui n'était pas le cas de tous ses rivaux je pense. Ce n'est pas seulement un cheval de ligne droite. Il peut courir le Prix du Moulin de Longchamp (Gr1), les Queen Elizabeth II Stakes (Gr1) voire les deux. Il y a aussi le Breeders' Cup mais rien n'est décidé. Il ne courra pas tout. »

MAKFI L’ÉGAL DE SES PÈRES

En gagnant le Jacques le Marois, Makfi fait aussi bien que son père, dubawi, lauréat au même âge de cette course en 2005. Il battait d’ailleurs un lot bien composé, avec Whipper et divine Proportions au départ. Mais mieux encore, dubaï Millenium, père de Dubawi, a lui aussi gagné le "Jacques le Marois". C’était en 1999, alors qu’il avait 3ans également.

UNE DEUXIÈME PLACE AU BOUT DU COURAGE POUR GOLDIKOVA

Quand Goldikova a attaqué, elle ne s’est pas détachée comme elle le fait d’habitude. Son action n’était pas aussi fluide que lors de ses grandes envolées et, à ce moment, il était clair que ce serait difficile. Une fois dépassée par Makfi, Goldikova a même vu Paco Boy lui prendre un ins- tant l’avantage. Mais, au courage, Goldikova est revenue sur lui à la fin, ce qui prouve son envie de se battre et son esprit de compétition.

FREDDY HEAD : « AUJOURD’HUI, LE MEILLEUR CHEVAL A GAGNÉ »

Forcément un peu déçu, Freddy Head s’est montré très sportif dans ses déclarations d’après course. Sans chercher d’excuse, il nous disait : « Moi je pensais qu'elle se déta- cherait  plus facilement de Paco Boy. Les écarts avec lui sont sensiblement les mêmes qu'à Royal Ascot. Cependant, elle a très bien couru. Il n'y a pas d'excuse. C'est le meilleur cheval aujourd'hui qui a gagné. La Breeders' Cup reste bien sûr son objectif. Nous verrons entre le Prix du Moulin de Longchamp et le Prix de la Forêt. Sur ce point, rien n'est encore défini. » Olivier Peslier, jockey attitré de la championne, racontait pour sa part : « Je l'ai arrêtée un coup pour qu'elle se pose sur son mors, quand on est partis. Ensuite, nous avons eu un bon parcours. Elle a bien accéléré et je voyais arriver Paco Boy, à ce moment-là, je croyais qu'il allait venir nous dépasser, mais finalement non, Goldikova l'a gardé sûrement au chaud. »

UNE NOUVEAUTÉ : LE FAN-CLUB DE GOLDIKOVA

Au trot, on a l’habitude de voir fleurir les banderoles et les casquettes aux noms des champions qui s’illustrent sur la cendrée de Vincennes. Au galop, le phénomène n’a pas encore vraiment pris. Mais, dimanche, à Deauville, autour du rond, neuf personnes travaillant pour l’élevage Wertheimer & Frère prenaient de la hauteur en se mettant sur des chaises et chacune portait un polo avec une lettre. Une fois les neuf alignés, cela donnait : allez Goldikova. Une initiative sympathique pour marquer le coup pour la dernière sortie de Goldikova à Deauville.

MANQUE DE FOND POUR PACO BOY

Considéré comme l’adversaire numéro 1 de Goldikova, Paco Boy n’a pu prendre sa revanche de Royal Ascot. Longtemps dernier comme à son habitude, il a effectué un violent effort qui l’a ramené sur les chevaux de tête. Malgré son courage, il a dû s’incliner à la lutte face à Goldikova et Makfi. « Il n'a pas tenu la distance sur ce terrain, expliquait Richard Hannon, son entraîneur. Je pense que si la piste avait été bonne, il aurait pu finir deuxième, d'autant qu'il est dans la même longueur que Goldikova. C'est un très bon cheval. Il pourrait courir le Prix de la Foret (Gr1) et le Breeders'Cup. »

"FAMILLE WERTHEIMER" BAT "FAMILLE WERTHEIMER"

 Nous aurons l’occasion de revenir dans une prochaine édi- tion sur le pedigree de Makfi. En attendant, on peut dire que les familles Wertheimer étaient à l’honneur dans ce Jacques Le Marois 2010. Elevée par ses propriétaires, Goldikova termine deuxième. Mais Makfi remonte également à une famille Wertheimer, par sa deuxième mère, irish Valley, fille de Green  Valley.

MaKFi, MEillEuR 3anS d’EuRoPE SuR lE MilE ?  

La performance de Makfi dans le Jacques le Marois sort assu- rément de l’ordinaire et le place bien sûr dans le quatuor de tête des poulains milers en Europe. Il est épaulé par lope de Vega, et les deux britanniques dick turpin et Canford Cliffs. Des quatre, lequel est le meilleur ? Difficile d’avoir un avis tranché sur cette question que nous développerons dans une prochaine édition. Mais toujours est-il qu’une fois de plus, le chauvinisme britannique qui avait fait de Makfi un gagnant un peu lambda des "Guinées" va devoir réviser son appréciation vis-à-vis du cheval français.