Prix rothschild (gr1): goldikova égale miesque et enthousiasme tout deauville

Autres informations / 05.08.2010

Prix rothschild (gr1): goldikova égale miesque et enthousiasme tout deauville

Beaucoup de turfistes présents à Deauville n’étaient là que pour une chose : une démonstration de la JDG Rising  Star Goldikova (Anabaa). Peu importe les records et peu importe son rapport Simple gagnant. Goldikova est le galopeur le plus connu en France. Une star. Et l’important était de voir un beau moment de sport. De ce côté-là, personne n’a été déçu, Goldikova assurant l’essentiel en se détachant nettement du peloton à la distance pour remporter pour la troisième fois de suite le Prix Rothschild (Gr1). Et, comme on ne le voit que trop rarement aux courses, la tribune entière applaudissait la championne des frères Wertheimer à deux cents mètres du but. Sans vouloir faire la fine bouche, on peut penser que Goldikova n’était qu’à 90%. Un peu comme l’an dernier, où elle avait beaucoup progressé ensuite pour réaliser une performance  étincelante  dans   le Jacques Le Marois (Gr1). Mais retenons surtout que Goldikova, dans sa course aux records, égale la grande Miesque, que montait Freddy Head. Une étape de plus avant de tenter de rejoindre Dahlia, encore accrochée à la première place avec onze Gr1. Également, le comportement de Goldikova dimanche a été exemplaire. Entrée la première dans sa stalle, elle n’a fait aucune difficulté. En course aussi, elle a beaucoup plu à son entraîneur : « Elle le fait facilement. J’ai surtout bien aimé la voir pointer les oreilles pour finir. »

UNE COURSE TRÈS LIMPIDE

On a pu être légèrement inquiet quand Richard Hughes, en selle sur Music Show (Noverre), a pris la place que convoitait Olivier Peslier : celle située juste derrière Only Green (Green Desert), leader de Goldikova. Mais le parcours de Goldikova s’est finalement déroulé sans encombre. « Une fois qu’elle est placée et bien détendue en galopant sans effort, c’est fini, analysait Freddy Head. Je n’étais pas du tout inquiet pendant la course. D’ailleurs, elle a eu une très bonne course. Le rythme a été régulier sans être trop rapide. Elle ne souffle même pas après la course. C’est comme si elle avait simplement fait un travail. Également, je la trouve plus belle après la course qu’avant. En course, ses muscles ressortent. Elle a un passage vraiment exceptionnel et une façon de se projeter. Rien ne peut l'arrêter! Quand elle accélère, on a l'impression que ses adversaires sont au pas. C'est un moment extraordinaire. Elle a une classe... »

GOLDIKOVA ET DEAUVILLE, UNE GRANDE HISTOIRE D’AMOUR

En quatre sorties à Deauville, Goldikova n’a jamais connu la défaite. « Elle adore la piste de Deauville qui lui donne de l'adrénaline, disait Freddy Head. Goldikova aime s'y entraîner le matin. Elle avait besoin d'une course facile après ses deux courses assez dures. » Dans le Prix Jacques Le Marois, elle défendra son titre, cette fois face aux mâles.

MUSIC SHOW SATISFAIT SON ENTOURAGE

Après avoir succédé à Goldikova dans les Falmouth Stakes (Gr1), Music Show venait la défier sur son terrain.    Après une monte très inspirée de Richard Hughes, la pouliche anglaise prend une nette deuxième place, à distance de l’intouchable Goldikova. Elle a fait plaisir à Mick Channon, son entraîneur, qui disait : « Nous sommes seulement battus par une pouliche d’exception. Je suis vraiment content de la course de Music Show. Pour l’avenir, nous avons plusieurs options, comme les Matron Stakes, les Sun Chariot Stakes et bien d’autres courses… »

ELUSIVE WAVE RASSURE

Depuis sa mésaventure dans le Prix du Moulin de Longchamp (Gr1), Elusive wave (Elusive City) est devenue un peu compliquée. Cette année, son entourage tente d’apprendre à Elusive Wave à attendre. À 3ans, elle avait pour habitude d’aller "tête et corde". « Vu la manière dont la  course  s’est  déroulée,  il  aurait  été  difficile d’être deuxième,  nous  expliquait  Michel  Zerolo.  Nous avions choisi de suivre Goldikova et Ioritz l’a parfaitement fait. Mais Music Show est venue s’intercaler entre le leader et Goldikova. Là où Elusive Wave m’a bien plu, c’est qu’on voit qu’elle est la seule à réaccélérer pour finir. Nous travaillons beaucoup sur Elusive Wave, mais elle reste très compliquée. On a pu le voir encore quand elle s’est rendue en piste. Pour la suite, cela ne va pas être facile de choisir la bonne course. Nous hésitons entre le Prix du Moulin de Longchamp et le Prix de la Forêt. Mais dans un cas comme dans l’autre, ce sera des éditions très relevées. Comme Goldikova s’oriente plutôt vers le Prix de la Forêt, on privilégie un peu le Prix du Moulin de Longchamp. Même si1.600m est la distance limite pour Elusive Wave. »

DANS L'ANTICHAMBRE DE LA VICTOIRE

Une heure avant qu’elle ne se rendre en piste, nous avons pu suivre la préparation de Goldikova. À ce moment, son comportement n’a rien à voir avec celui qu’elle peut avoir dans le rond de présentation ou bien parfois derrière les stalles. « On la connaît par cœur maintenant, nous explique Régis Barbedette, garçon de voyage de Freddy Head. Elle monte rapidement en pression mais redescend assez vite. Si un jour elle n’était pas sous pression dans le rond, alors il faudrait s’inquiéter. Cela voudrait dire que quelque chose ne va pas. Concernant les stalles, nous pensons avec Olivier Peslier qu’il faut la rentrer la première. Car plus elle tourne derrière, plus elle monte en pression. Et après, elle fait des difficultés pour entrer. »

Pendant une heure, beaucoup de curieux viennent voir la star. Pendant ce temps, Goldikova marche avec Only Green devant elle. Les lads portent des blousons violets du Breeders’ Cup et les deux athlètes sont recouvertes de cou- vertures du Breeders’ Cup à leur nom. Breeders’ Cup Mile pour Goldikova et Breeders’ Cup Filly and Mare Sprint (Gr1) pour Only Green. « Je suis un peu superstitieux, explique Régis. Je l’avais mise à Goldikova à Ascot… » Goldikova et Only Green se connaissent bien. Deux fois déjà, la seconde a joué le rôle de cheval de train pour la "grande". « L’an dernier, Only Green faisait son premier voyage en avion, poursuit Régis. Elle avait un peu peur et Goldikova la rassurait du regard. Dans l’avion, comme dans le camion maintenant, Goldikova ne bouge pas. Elle est très facile quand elle voyage. » Déjà du voyage pour le Breeders’ Cup de Miesque, Régis Barbedette connaît de grands moments avec Goldikova. « Comme nous dit Freddy, "gardez tout cela dans votre tête !" Une comme elle, on en rencontre une seule dans sa vie. » Comme beaucoup de grands champions, Goldikova possède un caractère à part. « Elle a ses têtes, raconte Régis. Quand elle ne veut pas qu’on rentre dans son boxe, c’est impossible d’y aller. Mais quand elle a besoin de nous, elle sait bien venir nous chercher… » La course se rapproche et l’entourage de Goldikova vient la voir, ainsi qu’Only Green et Evaporation qui prennent aussi part au Prix Rothschild. Il va être temps d’y aller. Tout le monde attend une victoire de Goldikova. « Une course reste une course, conclut Régis. Ce qui serait bien, c’est qu’elle n’ait pas une course trop dure, car il y en a une autre dans quinze jours… » Une volonté exaucée, puisque Goldikova n’a pas eu besoin de puiser dans ses réserves pour s’imposer. Au passage du poteau, Régis Barbedette, serre les poings avant de déplier ses dix doigts pour mimer le nombre de victoires de Grs1 de "sa" grande championne. « Et voilà, ça fait dix, comme Miesque, et elle ne va peut-être pas s'arrêter là », nous dit-il sur la piste en attendant Goldikova. Thierry, le cavalier du matin de "Goldi", est à ses côtés, toujours avec sa parka violette du Breeders' Cup. Il nous dit tout de suite : « Et là, elle n'a pas beaucoup de travail. Elle a fait un galop en vue du Prix Jacques Le Marois. » Enfin, Goldikova revient et c'est comme si les deux hommes lui ouvraient grand les bras tant les "retrouvailles" sont pleines d'amour. Ils sont fiers, fiers d'elle et échangent deux ou trois mots avec "Oliv". Ils prennent Goldikova en main et rentrent jusqu'au cercle des vainqueurs. Sur leur passage, les spectateurs applaudissent. Un  visiteur lance : « Bravo Olivier, tu es entré dans l'Histoire ». Oui, dans l'Histoire de la grande Goldikova.

UN PROPRE FRÈRE NÉ CETTE ANNÉE

Que dire de plus sur le pedigree de Goldikova, que nous avons déjà eu l’occasion de développer maintes fois ?

Reparlons cette fois de son croisement, Anabaa sur une fille de Blushing Groom. Au total, cinq chevaux sont nés avec ce croisement et quatre ont couru. Goldikova étant, bien sûr, la meilleure. Glowing Beam, lauréat du Prix de Villebon (B) 2000 – devant Anabaa Blue – avait le même croisement, mais il n’a été vu que deux fois en piste seulement ensuite – en raison de problèmes de santé –, terminant huitième du Prix de Condé (Gr3), puis deuxième d’une "E". Ipek yolu a lui gagné une course en Turquie et Secrets  a terminé pour sa part troisième en débutant du Prix de Chaillot (F) avant de gagner une course en Allemagne à 4ans. Le dernier cheval ayant le même croisement n’est pas nommé et il s’agit… du propre frère de Goldikova, né en 2010. « Il est né le 23 février, nous avait expliqué Pierre- Yves Bureau. Il fait partie de la dernière génération d’Anabaa [mort l’an dernier, ndlr]. Born Gold, la mère de Goldikova, a 19ans. Elle n’a pas de yearling, mais a une 2ans par Galileo. Cette année, elle est retournée à  Galileo. »