Retour sur la carrière de goldikova

Autres informations / 05.08.2010

Retour sur la carrière de goldikova

La JdG rising Star Goldikova (Anabaa) tient une place chère dans le cœur des sportsmen français et mondiaux. Dimanche, elle a remporté son dixième Gr1 dans le Prix Rothschild (Gr1). Plus qu’un Gr1 et elle égalera dahlia, gagnante de onze Grs1 dans les années 1970. Avant cette échéance, JDG revient – aujourd’hui et demain – sur la car- rière de la grande championne de l'écurie Wertheimer & Frère. Après les deux premiers chapitres (2ans et 3ans) hier, voici les deux chapitres suivants, sur ses exploits à 4ans et 5ans.

CHAPITRE 3 : UNE ANNÉE DE 4ANS DANS UNE NOUVELLE DIMENSION

17 mai 2009, Longchamp. Prix d’Ispahan (Gr1 – 1.850m) : 7e

NEVER ON SUNDAY BRILLE QUAND GOLDIKOVA S’ÉTEINT

De retour à 4ans, Goldikova choisit le Prix d’Ispahan pour faire sa rentrée. Face à une opposition à sa portée, Goldikova s’élance avec une cote de grande confiance (11/10). Mais il a beaucoup plu ce dimanche et le terrain, bien qu’annoncé seulement souple (3.7), est en réalité collant voire très lourd. Désemparée sur cette surface, Goldikova connaît le premier – et seul à ce jour – vrai revers de sa carrière, terminant septième pendant que Never on Sunday s’envole. « C’est une  course  à  oublier », lâche Pierre-Yves Bureau, déçu, forcément, mais inquiet aussi. Le retour à la compétition pour les juments à l’âge de 4ans est toujours un cap difficile et beaucoup de championnes se sont éteintes à cet âge. Sur le moment, mis à part le terrain, personne n’a d’explication. La confiance qui entourait Goldikova laisse place aux doutes. N'en "veut-elle plus" ?

8 juillet 2009, Newmarket July. Falmouth Stakes (Gr1 – 1.600m) : 1re

UNE GOLDIKOVA RETROUVÉE REND LE PLUS BEL HOMMAGE À ANABAA

Le hasard du calendrier veut que Goldikova dispute les Falmouth Stakes (Gr1) le lendemain de la mort de son père, anabaa, un des grands chevaux de la famille Head (propriété d'Alec, entraîné par Criquette et monté par Freddy). Hasard divin ou pas, Goldikova l’emporte, rendant ainsi le plus bel hommage possible à son géniteur. Elle efface ainsi sa rentrée du Prix d’Ispahan (Gr1), où le terrain ne lui avait pas convenu et où « elle avait tout laissé tomber à l’entrée de la ligne droite », nous avait expliqué Freddy Head. Goldikova, qui a gardé le goût de la compétition, retrouve la saveur de la victoire. Même si, plus encore que gagner, l’important était que Goldikova rassure. Ce qu’elle a parfaitement fait, en allant devant, avant d’attaquer les grands rendez-vous de Deauville.

2 AOÛT 2009, DEAUVILLE.

PRIX ROTHSCHILD (GR1 – 1.600M) : 1RE

GOLDIKOVA ENTRE DANS L’HISTOIRE

Un après sa première victoire dans un Gr1, Goldikova tente le doublé dans le Prix Rothschild. Un doublé qui n’a jamais été réussi. Pour la deuxième fois de sa carrière, Goldikova enchante Deauville. Elle fait une véritable démonstration, ne rencontrant aucune opposition et reléguant sa cadette elusive Wave, gagnante de la Poule d’Essai, à une longueur et demie, tout en terminant relâchée. « C’est un privilège d’entraîner une jument comme elle », lance Freddy Head. Un privilège pour lequel il faut remercier les frères Wertheimer qui ont choisi de laisser Goldikova à l’entraînement à 4ans. Désormais gagnante de cinq Gr1, Goldikova égale Zarkava dans le duel à distance qui les oppose au nombre de victoires de Gr1. Nous écrivions alors : « Cette victoire n’est pas "simplement" une victoire de plus dans le palmarès de Goldikova. Son aura ne cesse de croître et elle fait partie de l’histoire du turf, à l’image des autres juments de légende comme miesque, triptych, ou, plus près de nous, Banks Hill et ouija Board. »

3 OCTOBRE 2009, LONGCHAMP.

PRIX DE LA FORÊT (GR1 – 1.400M) : 3E

GOLDIKOVA SE PERD DANS LE PARCOURS DE LA "FORÊT", VARENAR S’Y RÉVÈLE

De retour à Longchamp, où elle n’a gagné qu’une fois dans sa carrière – à cette époque – Goldikova part "courue" dans le Prix de la Forêt. Elle doit s’élancer de la stalle 14 (sur 14) et fait beaucoup d’efforts sur ce parcours sinueux pour venir s’installer en tête. Des efforts qu’elle va payer pour finir où elle sera battue par Varenar et Sweet Heart. Ce résultat est une surprise et même Freddy n’a pas vraiment d’explication à chaud : « Je ne sais pas ce qui s’est passé. Ils sont allés à bonne allure, mais, en entrant dans la ligne droite, j’ai vu qu’elle n’était pas elle-même. Le Breeders’ Cup Mile reste l’objectif, mais rien n’est définitif. » À sa descente de cheval, Olivier Peslier explique : « Elle est bien partie, mais j’ai senti à l’entrée de la ligne droite que cela n’allait pas. Elle allait facile, mais d’habitude, elle aurait accéléré aux quatre cents mètres. Là, elle ne l’a pas fait. » Sur le moment, tout le monde se pose des questions. Mais l’explication la plus plausible reste sa mauvaise adaptation au tracé de 1.400m, qui reste particulier et a vu des grands chevaux s’y casser les dents. Également, Goldikova a sûrement été trop vite en début de course.

16 AOÛT 2009, DEAUVILLE. PRIX JACQUES LE MAROIS (GR1 – 1.600M) :  1RE

GOLDIKOVA, N°1 MONDIALE DU MILE

Quinze jours après avoir cueilli le Prix Rothschild, Goldikova revient à Deauville dans le "Jacques Le Marois", championnat inter-génération du mile. C’est sans doute la victoire la plus impressionnante de sa carrière. Ebahis, les entraîneurs des battus nous parlent même plutôt de Goldikova que de leurs protégés. Six longueurs séparent Goldikova de son dauphin, aqlaam, futur gagnant du Prix du Moulin de Longchamp (Gr1). Écrasante, la supériorité de Goldikova s’est jouée aussi derrière les stalles. Il aura fallu plusieurs minutes de patience aux pousseurs pour convaincre la championne d’entrer dans sa stalle. Gérard Wertheimer nous confie en cette occasion : « C’est fantastique ! Que peut-on ajouter ? Maintenant, c’est à vous, les journalistes, de faire votre travail. Mais, surtout, il est important de souligner le travail des pousseurs. Ils ont été extraordinaires. » Impressionné également, Olivier Peslier, qui pourtant en a vu d’autres, ajoute   : « À deux cents mètres du poteau, j’ai cherché l’écran géant sur ma droite. Je voulais savoir où nous en étions, parce que je n’entendais plus les autres chevaux. Et là, j’ai vu l’écart sur l’écran, et j’ai eu la confirmation que c’était bon ! » Le verdict de cette épreuve est sans appel : Goldikova est bien le "boss" sur   le mile. Et dans le cœur de tous les turfistes, elle prend une place à part. Chacun comprend sa chance de voir encore évoluer une championne pareille à 4ans – alors que les champions du galop ont plutôt une carrière éphémère. Très ému, Freddy Head parvient à nous dire : « C’est extraordinaire, ce qu’elle réalise. Surtout quand elle passe ses adver- saires d’une façon… Elle est incroyable. C’est une grande dame. Puisque vous me posez la question, je vous dirais qu’elle est plus facile que Miesque, qui était assez brutale. Elle est aussi mieux dans sa tête. Elle a beaucoup de cœur. C’est la meilleure pouliche que j’aie jamais entraînée. »

7 NOVEMBRE 2009, SANTA ANITA.

BREEDERS’ CUP MILE (GR1 – 1.600M) : 1RE

OLDY BUT GOLDI !*

Sur le théâtre de son exploit de 2008, Goldikova veut entrer dans l’histoire en remportant pour la deuxième année de suite le  Breeders’Cup   Mile,  comme l’avait fait miesque avant elle. Un obstacle se dresse sur son chemin : le 11 sur 11 dans les stalles. Le spectre du Prix de la Forêt n’est pas loin… Reprise par Olivier Peslier en partant, Goldikova trace une ligne droite sortant de l’ordinaire pour venir s’imposer en championne, faisant un effort très long. Jouant le jeu de l’interview sur Equidia, Alain Wertheimer dit : « Nous avons eu beaucoup de  plaisir mais aussi un peu d’inquiétude. Jamais elle n’avait eu à refaire autant de terrain dans la ligne droite. Il est vrai que le 11 était une position difficile dans les stalles. (...) L’intérêt de l’élevage, c’est de suivre les familles sur le long terme. C’est comme cela, comme nous le faisons, en nous inscrivant dans notre tradition familiale, que l’on a les meilleures souches. » Sur le moment, rien n’est annoncé sur une éventuelle poursuite de la carrière de Goldikova à 5ans. En attendant, Freddy Head parlera longtemps de sa championne, déclarant, avec de la lumière plein les yeux : « Elle a besoin d’une piste légère bien qu’elle soit par Anabaa. C’est un plaisir de la voir galoper. C’est un cheval parfait. Elle a la beauté et le geste. Elle a une manière particulière de galoper. Comme un lièvre, elle envoie ses jambes arrière très loin. Sur un terrain qui n’est pas léger, elle n’a donc pas ses appuis. » *Oldy but Goldy signifie littéralement, "Ancienne, mais en or". En d’autres termes : "Elle a de la bouteille, mais c’est une classique !"

CHAPITRE 4 : 5ANS, L'ANNÉE DE TOUS LES  RECORDS

23 MAI 2010, LONGCHAMP. PRIX D’ISPAHAN (GR1 – 1.850M) : 1RE

"MADAME" GOLDIKOVA EST DE RETOUR ET PRÊTE À FAIRE TOMBER LES RECORDS

De retour à 5ans, Goldikova vient laver l’affront du Prix d’Ispahan 2009. Plus que la victoire, c’est la manière    qui est impressionnante ce jour-là. Seul Byword JdG rising Star – parviendra à s’accrocher aux basques de la championne dans la phase finale. Goldikova est meilleure que jamais pour cette rentrée où elle fait même tomber le record du parcours. Record qui tenait depuis 1983. Fait nouveau, Goldikova a passé l’hiver au Haras de Saint-Léonard, où « elle aura montré un peu de caractère… », nous explique Pierre-Yves Bureau.  L’année  commence  bien  pour  Goldikova  qui accroche son huitième Gr1. De plus, elle le fait sur une distance qui n’est pourtant pas la sienne, ce qui prouve qu’elle parvient à aller au bout d’elle-même. Olivier Peslier, qui a toujours monté Goldikova en course, nous confie d’ailleurs après la course : « Elle n’a rien perdu. Le rythme régulier, avec deux leaders et le bon terrain, ont été parfaits pour elle. C’est sûr, 1.850m, c’est un peu le bout du monde. On l’avait vu dans le "Diane" où, comme ici, on avait monté offensif et où elle a été battue à la fin. Sinon, elle aurait été deuxième. Quand elle accélère, on sent vraiment la différence. »

16 JUIN 2010, ASCOT.

QUEEN ANNE STAKES (GR1 – 1.600M) : 1RE

GOLDIKOVA, THE QUEEN

Les frères Wertheimer rêvent de gagner à Royal Ascot avec Goldikova. Ce rêve est exaucé dans les Queen Anne Stakes– d’un très bon niveau cette année. Contrainte d’attaquer de bonne heure, car rip Van Winkle cède en tête, Goldikova donne quelques frayeurs à ses supporters. Car en pleine piste, l’autre favori de la course, Paco Boy, se rapproche alors vivement. Mais, dans les cinquante derniers mètres, il est évident qu’il ne refera plus rien sur Goldikova, qui prouve une nouvelle fois qu’elle est une très grande championne. « C'est l'un des plus grands moments de ma vie, déclare Freddy Head. Gagner à Royal Ascot est quelque chose de vraiment spécial et particulièrement avec une jument comme elle. » Plus tard, l’entraîneur confie aussi: « Elle était en très belle forme, la meilleure qu'elle puisse avoir. Je pense que la course d'aujourd'hui et celle dans le "Jacques Le Marois" sont ses deux plus belles courses et elle était dans la même forme, mais c'est plus difficile de gagner à Ascot qu'à Deauville où nous courons à domicile. C'est une jument très spéciale et c'est très rare de pouvoir entraîner ou monter un cheval de ce calibre dans sa carrière. Vous pouvez venir tôt, avec elle, comme aujourd'hui, ou patienter comme elle l'a fait aux États-Unis. Elle continue à se battre. Cinq minutes après la course, elle ne soufflait déjà plus. » D’ailleurs, Goldikova a botté quand Régis Barbedette avait voulu lui mettre sa couverture juste après la course ! La nouveauté dans ce succès, c’était aussi la présence de Nicolas Blondeau, le "chuchoteur", derrière les stalles. Et, fait rare, Goldikova entre dans sa stalle sans faire d’histoire.

1ER AOÛT 2010, DEAUVILLE.

PRIX ROTHSCHILD (GR1 – 1.600M) : 1RE GOLDIKOVA ÉGALE MIESQUE ET ENTHOUSIASME UNE NOUVELLE FOIS TOUT DEAUVILLE

C’est encore frais dans toutes les mémoires… Outre le dixième succès de Gr1 de Goldikova, qui en fait l’égale de miesque en terme de palmarès, il faut surtout se rappeler de l’ovation que reçoit Goldikova deux cents mètres avant le poteau et à son retour aux balances. Un moment qui a fait vibrer tous les amoureux des courses présents à Deauville dimanche dernier.

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