Saratoga 1er jour : résistant et poussif

Autres informations / 06.08.2010

Saratoga 1er jour : résistant et poussif

Il est clair que le marché des yearlings de ce début de décennie n'est pas à l'image des excès des années fastes. Nous avions l'an dernier un mâle à 1,5 millions de dollars et 14 qui dépassèrent les 500.000$, contre seulement 4 cette année. John Ferguson, en déboursant 800.000$ hier soir à Fasig-Tipton Saratoga, s'est emparé pour Cheikh Mohamed du top du premier jour. Ce poulain par l'étalon maison de tête, Street cry, a fait l'unanimité des avis : issu d'une sœur de one cool cat, il était le plus séduisant de la soirée, et cela n'étonnera pas les éleveurs français puisque sa famille remonte à la grande Valoris. Le chairman Walt Robertson n'a pas cherché à fuir l'évidence : les acheteurs veulent rester dans des zones rai- sonnables, et le seuil du million retrouve la signification qu'il avait il y a fort longtemps. Cette concentration du marché des yearlings de qualité aux alentours de 250.000$ (c'est là que s'est fixée la médiane hier) est une réalité porteuse d'espoir. On revient ainsi à des prix abordables pour les acheteurs et susceptibles d'assurer une rentabilité acceptable pour les vendeurs, compte tenu de la baisse spectaculaire des prix des saillies durant les trois dernières années. La santé de l'activité passe par le renoncement aux prix "de folie", et c'est à ce processus que nous sommes désormais confrontés. En revanche, le pourcentage de vendus à 65% a été  jugé insuffisant, et il traduisait le caractère timoré d'une demande hésitante, comme la baisse de la moyenne de 13%. Cependant, comme souvent à Saratoga, y compris dans les belles années, tout le monde a besoin d'un échauffement, et il est plus sage d'attendre les résultats du deuxième jour pour tirer des conclusions significatives. On notera qu'avec 8 yearlings, Darley demeure l'acheteur de tête à Saratoga, et que le quatrième prix, un fils de Pulpit qui a fait 525.000$, a été élevé par Winchester Farm, propriété de la Française Marie Debbeuscher-Yoshida.