Un grand champion, un grand "arc"… et une grande année 2011 !

Autres informations / 04.10.2010

Un grand champion, un grand "arc"… et une grande année 2011 !

PAR MAYEUL CAIRE

À ceux

qui annonçaient un "petit Arc" après les sommets de Zarkava et  de Sea The Stars, Workforce (King’s Best) a apporté un démenti clair : oui, le Qatar

Prix de l’Arc de Triomphe a été une grande course, en dépit de ses remous ;

oui, Workforce est un très bel arc-winner, même si les handicapeurs anglais

semblent ne lui accorder "que" le même rating que dans le Derby, soit

128 ; eh oui, comme on le constate année après année, l’élevage du prince

Khalid Abdullah sort véritablement de l’ordinaire, produisant en permanence de

nouveaux talents malgré (ou   grâce   à  

?!) un  effectif global qui

demeure raisonnable. Nous

reviendrons d’ailleurs cette

semaine sur cette casaque vraiment à part,

propriété d’un sportsman avisé qui possède également des qualités humaines

immenses. Un prince ; au sens propre comme au sens figuré. Nous reviendrons

aussi sur les professionnels qui l’entourent

ou l’ont entouré, comme Criquette

Head-Maarek, Henry Cecil, Sir Michael Stoute, André Fabre, John Gosden,

Pascal Bary et d’autres… sans évidemment oublier Maurice Zilber. En France, en

Angleterre, aux États-Unis. Mais,

avant cela, revenons à l’"Arc" 2010. D’abord pour dire, car c’est

important, que Workforce n’a gêné absolument personne, contrairement à ce  

que   nous   sous-entendions hier dans le feu de l’action.

Henri Pouret, qui dirige le département code et commissaires de France Galop,

l’explique dans l’interview qu’il nous a consacrée lundi après-midi (lire en

page 4). C’est une chose capitale qu’il n’y ait rien à reprocher à Workforce, parce que cela rend sa victoire définitivement incontestable. Cela n’empêche pas non plus de compatir

aux malheurs de tous ceux qui auraient mérité un

meilleur sort. On pense à Sarafina, dont l’éclair de classe a ébloui les

spectateurs présents à Longchamp. Combien de regrets son entourage doit-il avoir, en comptant les longueurs refaites

sur Workforce et sur Nakayama Festa ! Et que dire de Behkabad :

l’"Arc" se gagne à la corde… mais il peut aussi s’y perdre. S’il

n’avait pas été emmuré vivant au moment décisif, le pensionnaire de Jean-Claude

Rouget se     serait mêlé à la lutte

finale, c’est certain. N’oublions

pas non plus l’inattendu Liang Kay

grand outsider qui venait prendre un très bel accessit au moment où la

"porte de saloon" la corde,

Cape Blanco ; à l’extérieur,

Marinous) s’est refermée sur son nez. Et que dire de Lope de Vega, dont

le propriétaire a payé 100.000€ pour finalement être deux fois très malheureux

? La première gêne subie lui coûte assurément le plus : Lope de Vega perd cet "Arc" lorsque

Duncan le "tend" en le bousculant ; plus qu’il ne le perd lorsque, ayant déjà une action plus courte, il

subit un coup de tampon de Fame And Glory, lui-même ayant été bousculé avant

cela par Planteur. En descendant de cheval, Gérald Mossé a été d’un fair-play

incroyable qui lui fait honneur et fait honneur à la France. Loin de se

plaindre de l’énorme gêne subie par Sarafina,

il a voulu voir le côté positif des

choses, disant que ce "stop" 

avait  permis  à   sa pouliche de respirer ! Imitons-le, en choisissant le verre à moitié plein : tous les malheureux de dimanche pourraient rester à

l’entraînement l’an prochain. Lope de

Vega, Sarafina, Behkabad, Cape Blanco sur la piste

en 2011 ? Cette bonne nouvelle, si elle est confirmée, sera, avec la victoire

de Workforce, l’autre point fort du bilan de l’"Arc" 2010. Quelle

année 2011 cela nous offrirait ! Surtout si, sur le mile, la reine Goldikova

restait en activité… Un mot aussi pour rendre hommage aux entraîneurs de tous

ces champions. Chacun, avec la problématique propre à son cheval, a fait des

petits miracles. Stoute en préparant entièrement son cheval le matin ; Ninomiya

en faisant remonter son cheval de 4 kilos par rapport au Foy, encore trop

proche de sa quarantaine ; Royer Dupré et Rouget en maintenant leurs deux 3ans

au top-niveau européen du début à la fin de la saison ; Fabre en ressuscitant

un Lope de Vega qui ne sera que meilleur à 4ans. Il y aurait bien

quelques petites critiques, entendues ici et là, comme sur le temps (jugé trop court) passé par les chevaux au rond de présentation ; comme

sur la longueur de l’enquête sur l’"Arc", qui a freiné le recyclage

d’argent sur les courses suivantes ; comme sur la baisse de fréquentation. Mais

chacun de ces points un peu négatifs a son versant positif : les chevaux qui

tournent moins longtemps gardent tout leur influx pour le moment essentiel de

la course ; l’enquête a été longue, mais c’était la condition pour que son

verdict soit juste ; la fréquentation a baissé, mais uniquement la clientèle

étrangère, ce qui est logique quand on sait que nos amis anglo-saxons et

japonais ont eu beaucoup à souffrir de la crise économique. Et, de

manière plus générale, l’organisation de France Galop était un succès (bravo

notamment à la conférence de presse entre chaque course, animée par notre

confrère Fabien Cailler), et il est certain que le sponsor est aujourd’hui  heureux… 

surtout  avec  sa 

victoire  dans  le Qatar Arabian World Cup ! Car, comme il ne faut jamais l’oublier, tout finit toujours par se

résumer à une vérité unique : celle du poteau

d’arrivée.


 



 

× Votre téléchargement est bien en cours. S’il ne se complète pas, cliquez ici.