Churchills downs, samedi – breeders’ cup mile (gr1)

Autres informations / 07.11.2010

Churchills downs, samedi – breeders’ cup mile (gr1)

De notre envoyé spécial

Pierre  Laperdrix.    «

Je ne sais pas quoi dire !” six mots de Freddy Head résument à eux seuls que

la  jDG Rising Star Goldikova (Anabaa)

n’évolue pas dans la même dimension que les autres  chevaux. En remportant pour la troisième fois

le Breeders’ Cup Mile (Gr1), Goldikova a signé un exploit unique. Aucun cheval

n’avait gagné trois fois de suite la même épreuve du Breeders’ Cup. Goldikova

fait donc encore mieux que la superstar locale, Zenyatta (Street Cry), battue un peu plus tard dans le

"Classic". Notre star à nous, venue d’Europe, a fait plier trois fois

de suite les Américains. Cet exploit est l’œuvre de l’Écurie Wertheimer &

Frère et toute son équipe, Freddy Head, Olivier Peslier, Thierry Blaise, Régis

Barbedette… sans oublier l’étalon français anabaa. Une nouvelle fois, Goldikova nous a fait vibrer samedi à

Churchill Downs et, cerise sur sa pièce montée, elle remporte son douzième Gr1.

C’est donc la jument entraînée en Europe la plus titrée à ce niveau de toute

l’Histoire des courses. Goldikova a fait vivre à tous ceux qui l’ont côtoyée

des moments extraordinaires. Est-ce la fin ? Il est annoncé que oui, mais on

sent que la démonstration de Goldikova ce samedi peut encore faire basculer les

choses… Vidéo de la course ici : ttp://www.youtube.com/watch?v=X7I2JjiusFE

FREDDY HEAD :«

ELLE EST VRAIMENT FANTASTIQUE  ! »

Tout le clan de Goldikova était bien sûr présent pour

cette course. Tendus avant le départ, les visages se sont un peu décrispés

quand Goldikova est entrée facilement dans sa stalle. Mais voilà, elle est

sortie beaucoup plus mollement que d’habitude. Rapidement, Goldikova s’est mise

dans sa course et son entourage aussi. Il fallait attendre. Et, dans le dernier

tournant, le commentateur américain avait les jumelles braquées sur Goldikova.

Il ne voyait qu’elle, ne parlait que d’elle. Et la clameur de la foule a été

conjuguée à la progression dans le tournant de la jument française. Dans la

ligne droite, tout le monde, en poussant de la voix – quelques « Va me chercher

ça ! » ont fusé –, a rapidement compris que c’était fait. Goldikova filait vers

son troisième Breeders’ Cup Mile et, une fois le poteau passé, c’était

l’euphorie. Tout le monde embrassait tout le monde, Freddy était submergé,

absorbé. Ses premiers mots ont été : « Elle est vraiment fantastique. C’est

incroyable, ce qu’elle fait ». Félicité de toute part, y compris par les

spectateurs des loges adjacentes, le clan de Goldikova a dû se frayer un

chemin, escorté par des  homes de

sécurité, pour aller retrouver sa championne sur la piste. Sur le moment,

personne ne sait où aller, on se perd, on se cherche, on est ailleurs.

OLIVIER PESLIER : « ALORS

PATRON, ÇA VOUS A PLU ? »

Sur le chemin, toutes les personnes croisant Freddy

l’applaudissent et le félicitent. « C’est irréel », dit-il avant de se tourner

vers son fils en lui demandant : « Surtout, prends plein de photos ! ». Il y a

quelques années, en 1988, c’est lui qui passait le poteau en tête, en selle miesque, ici, à Churchill Downs. Sur

la piste, la presse accapare Freddy, le héros conquérant. Entouré et caché par

les caméras, il répond volontiers. Un peu plus tard, Goldikova arrive. Tenue

par Thierry Blaise et Régis Barbedette, ses fidèles compagnons. Toujours en

selle, Olivier Peslier balance : « Alors patron, ça vous a plu ? ». « Ah, je

vous ai bien appris, à vous », lui répond Freddy en souriant. Goldikova reçoit

sa troisième couronne de fleurs et fait quelques tours devant les photographes.

Ensuite, elle revient vers son entourage et le plateau où est posé le trophée.

C’est un peu la panique, car Goldikova ne veut pas se tourner et on sait que,

même après une course, elle reste capable de tout !

« VOUS NE POUVEZ PAS NOUS

L’ENLEVER ! »

Forcément, l’une des premières choses que nous disons

à son entourage est : « Vous ne pouvez pas nous l’enlever ! Cet l’instant, on va savourer ce moment », nous disent ses

propriétaires. Ces derniers temps, à chaque fois que la question   a  

été   posée, la   réponse  

a   été   la  

même : « Logiquement, le Breeders’ Cup Mile est sa dernière course ». Ce

fut la même réponse ce samedi, tant à chaud qu’en conférence de presse, avec ce

« logiquement » qui annonce qu’une saison de plus n’est pas totalement exclue.

Thierry Blaise, alors qu’il tenait encore Goldikova, veut la revoir l’an

prochain : « Regardez, elle peut courir encore un an, elle ne souffle même pas

! »

« JE N’AI JAMAIS VU CELA  »

Dans tout le clan français, on se disait qu’on avait

vraiment de la chance d’avoir

 en France une

jument comme Goldikova. Des habitués des courses ayant quelques Breeders’ Cups

au compteur nous disaient même : « Je n’ai jamais vu cela ! C’est totalement

incroyable, une jument comme elle. Elle peut courir jusqu’à 10ans ! » L’épisode

des casquettes est, lui, revenu sur le tapis : « Bon, maintenant, ils vont

pouvoir en faire des casquettes Goldikova ! » D’autant plus que Zenyatta a été

battue ! Très sport, le public américain a salué comme il se doit la victoire

de Goldikova, comme il l’avait fait à son entrée dans le rond. Applaudie par le

public, Goldikova était en réalité la véritable star ce samedi. La malédiction

de Churchill Downs sur les chevaux européens n’a pas eu d’emprise sur elle.

Pourtant, aucun Européen ne s’était illustré le vendredi et, avant  Goldikova, 

aucun  ne  s’était 

imposé  lors  de ce Breeders’ Cup.

ALAIN ET GÉRARD WERTHEIMER : « POUR L’INSTANT, GOLDIKOVA RENTRE EN EUROPE » Alain et Gérard

Wertheimer nous ont confié : « Pour l’instant, nous savourons cette victoire.

Il n’est pas prévu que Goldikova revienne aux États-Unis. Pour l’instant, elle

rentre en Europe. L’un des rêves, aux courses, c’est de battre les records.

C’était notre idée avec Goldikova après sa deuxième victoire dans le Breeders’

Cup Mile. Nous pensons que c’est important pour marquer l’histoire d’avoir des

chevaux capables de gagner trois fois la même épreuve. C’est un record qui

devient ensuite très difficile à battre pour les chevaux qui suivront. Nous

avons des chevaux depuis presque cent ans dans notre famille, et c’est comme

cela que nous prenons du plaisir. Concernant la défaite de Goldikova dans le

"Jacques Le Marois", c’est difficile, même avec le recul, d’avoir une

vraie explication. Peut-être n’était-elle pas à 100%, ou alors c’est le

terrain, ou alors c’est Makfi qui était imbattable à ce moment-là. On ne sait

pas. C’est juste une course. Ce n’est pas parce qu’on finit deuxième une fois

que Goldikova est devenue moins bonne. »

FREDDY HEAD : UNE VRAIE COMBATTANTE

« Gagner ici le troisième Breeders’ Cup de Goldikova,

sur la piste où j’ai gagné avec Miesque, c’est vraiment irréel. Même dans une

pièce de théâtre, on ne pourrait imaginer un pareil scénario. Je ne peux pas

dire ce qui différencie Goldikova des autres chevaux. C’est vraiment une

athlète très complète. Une vraie combattante. Elle est très rapide et peut

tenir son train très très longtemps. Elle a toujours une autre vitesse. Elle

peut toujours changer de vitesse et finir plus vite que les autres. Elle est

aussi spéciale, avec son caractère bien à elle. Je n’ai jamais monté de chevaux

aussi versatiles qu’elle. Elle est unique et les mots me manquent pour décrire

ce que je vis et la décrire elle. »

OLIVIER PESLIER : « ELLE EST

PARTIE LENTEMENT »

Le complice de Goldikova nous a précisé : « Lors de

l’ouverture des stalles, elle est partie lentement. Et ensuite, nous avons eu

une bonne course. Enfin, quand on gagne, on a toujours une bonne course. Après

le dernier tournant, elle est venue un peu tôt. Mais finalement, elle gagne

très bien. Elle a eu son accélération habituelle. Elle est venue vraiment vite.

Je ne pensais pas venir d’un coup comme cela, car je me disais que le terrain

n'était peut-être pas assez souple ou trop léger. Mais elle a vraiment très

très bien gagné. »

LES WERTHEIMER SUR EQUIDIA

Equidia  a,  comme 

chaque  année,  signé 

deux  émissions   absolument  

formidables      permettant  

au public  français  de 

vibrer  et  d’apprendre. 

Un  des temps forts de ces

retransmissions a été l’interview accordée à Fanny Hubart-Salmon par Alain et

Gérard Wertheimer,  quelques  minutes 

après  la  victoire 

de Goldikova dans le Breeders’ Cup Mile. Extraits : « Elle a nous a

offert une impression extraordinaire. Ce 

qu’elle  a  fait 

est  somptueux,  inégalable. 

(…) Aujourd’hui,  nous  avons 

rêvé.  (…)  Je 

garderai  de cette journée ce

moment, à mi-ligne droite, où nous avons vu qu’elle allait y arriver. » De son

côté, Freddy Head a répété à Fanny Hubart-Salmon  : 

«  Je  croyais 

avoir  tout  vécu 

en  tant  que jockey. Mais là, ça dépasse tout ! »