Edito

Autres informations / 14.12.2010

Edito

DEUXIEME EDITION DES JDG AWARDS

Il y a tout juste un an, nous avons voulu créer les jdg awards pour combler un manque.

Nous nous étions rendus compte que cette élection n’existait pas sous nos

latitudes. En effet, les deux suffrages les plus connus du galop européen, les

Cartier Awards et les Chevaux de l’Année de notre confrère Courses & Élevage,

sont réservés aux journalistes. Il nous semblait donc urgent de vous donner

enfin la parole, à vous les socioprofessionnels, en vous invitant à élire vos

pairs les plus méritants. Nous avons créé sept catégories : Homme, Cheval et

Événement de l’année, en plat (3) et en obstacle (3) ; et Événement

institutionnel de l’année. C’est avec ce dernier thème que nous inaugurons

notre série. Suivront, dans cet ordre : Événement de l’année en plat et en

obstacle (mardi soir) ; Homme de l’année en plat et en obstacle (mercredi soir)

; Cheval de l’année en plat et en obstacle (jeudi soir).

Vous avez été presque deux fois plus nombreux que l’an

dernier à vous exprimer. Et nous vous en remercions. Certains résultats vous

sembleront évidents ; d’autres vous surprendront… C’est là tout le charme d’une

élection placée sous le signe de la passion !

Bonne lecture à tous, et merci pour votre fidélité.

Mayeul CAIRE, Directeur de Jour de Galop

PS : Je profite de ce petit mot d’introduction pour

vous remercier également d’être toujours plus nombreux à lire JDG. Ce soir,

vous serez 5.553 à recevoir notre journal. Merci aussi de nous lire plus

assidument ; votre taux de téléchargement a lui aussi progressé fortement :

+19% par abonné en un an (enquête statistique octobre 2009-octobre 2010), c’est

une magnifique récompense pour toute notre équipe !

L’EVENEMENT INSTITUTIONNEL DE L’ANNEE

L’OUVERTURE DU MARCHE DES JEUX EN LIGNE (61%)

LE PMU A GAGNE LA PREMIERE

MANCHE MAIS LE MATCH N’EST PAS TERMINE

Sans surprise, vous avez en grande majorité choisi,

comme "Événement institutionnel de l’année", l’ouverture du marché

des jeux en ligne. Il est vrai que cette initiative publique met fin à une

longue période de pari mutuel et d’opérateur unique qui date, en fonction du

repère que l’on choisit, de 1891 (interdiction du bookmaking) ou de 1930

(création du PMU). Le marché a été ouvert en juin. Après six gros mois

d’activité, quel est le bilan ? D’abord, ce n’est pas un "Big Bang".

Les paris sportifs et le poker ont trouvé une place sur le marché, mais ni l’un

ni l’autre n’ont tué le pari hippique, comme cela avait été annoncé un peu vite

par certains observateurs. Les jeux sur Internet n’ont d’ailleurs pas plus tué

les jeux en dur. Ensuite, le pari hippique est toujours dominé par le PMU, qui

n’a laissé que des miettes à ses concurrents. Le pari mutuel exige de la masse

et les "petits" opérateurs ont du mal à fidéliser les nouveaux

parieurs. Un joueur aime pouvoir, comme au PMU ou sur Zeturf, jouer 100 euros

sans faire fondre sa cote, sans jouer "contre" lui. Et, de l’avis de

beaucoup de parieurs, jouer gros est quasiment impossible sur la plupart

des  sites. Plus généralement, le PMU a

fait mieux que se défendre. Car, sous la houlette de son président, il a

transformé le "subi" en "assumé" – contre-attaquant avec

succès dans le sportif et le poker. Sorti grandi de cette première phase d’ouverture,

le PMU est plus que jamais l’entité la plus puissante des courses hippiques.

Loin de l’affaiblir, notamment dans son rapport aux sociétés-mères, l’ouverture

du marché l’a, au contraire, renforcé. Ses équipes sont talentueuses,

rigoureuses et bien préparées. Cela étant, nous n’en sommes encore qu’au début

du processus d’ouverture. Non seulement il est un peu tôt pour lever

l’inquiétude majeure du transfert des enjeux de l’hippisme vers les autres

sports, mais il est surtout trop tôt pour prédire ce que sera la suite de la

dérégulation. Car tout porte à croire que l’évolution pourra continuer dans les

mois et les années à venir. Il n’y a aucune raison pour que la cote fixe, pour

ne prendre que cet exemple, ne soit pas un jour agréée sur les paris hippiques

français… Pour terminer sur le sujet, ne négligeons pas la fronde des nouveaux

opérateurs qui ont refusé de payer les 8% dus à la filière hippique. À notre

avis, c’est LE fait marquant de ces six premiers mois d’activité. Car il

incarne à lui tout seul l’aspect le plus symbolique du changement de système :

plus jamais l’opérateur de paris ne sera au service des sociétés de course.

Désormais, l’opérateur est un "vendeur de petits pois" comme les

autres, qui n’a que faire des herbages de Normandie et d’ailleurs. Qu’on se le

dise, car c’est une notion qu’il faudra avoir en tête pour appréhender les

années à venir.

2e : LES 23 DECLARES

PARTANTS DU JOCKEY CLUB… ET UN CERTAIN DEPIT VIS A VIS DE L’INSTITUTION (22%)

Le déplafonnement du nombre de partants dans le Prix

du Jockey Club nous semblait être une bonne décision. Mais elle n’a

manifestement pas fait l’unanimité chez vous, lecteurs de JDG ! Vous écrivez :

« La décision de ne pas limiter le nombre de partants dans le "Jockey

Club" est une entorse à une coutume bien établie. Pourquoi ce nombre

excessif qui a privé six millions de turfistes de leur Quinté Plus ? Réponse :

pour faire plaisir à un ou deux propriétaires… » Ou encore : « Ce choix est un

caprice. » De manière plus générale, certains d’entre vous expriment des réserves

quant à la gestion actuelle des questions institutionnelles. L’un d’entre vous

cite la longue liste des affaires qui ont

directement ou indirectement touché le galop français

au cours des derniers mois. Et il faut reconnaître qu’au premier abord, cette

liste est cruelle : « décisions unilatérales des commissaires, Monsieur Porzier

retrouve sa licence d'entraîneur, une arrivée de l’ “Arc” 2010 très

mouvementée, un "Jockey Club" avec plus de 20 partants, des cas de

dopages non divulgués, l’affaire Woerth, celle de l’hippodrome de Compiègne,

etc. » Pourtant, lorsque l’on regarde les choses en détail, le panorama n’est

pas si noir. À Compiègne, chacun sait qu’il n’y a pas d’autre affaire que celle

montée de toute pièce par les opposants politiques du maire. Antoine Gilibert

n’a rien à se reprocher, ni Éric Woerth d’ailleurs. Sur l’affaire dite

"Woerth-Bettencourt", comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire,

des maladresses ont été commises, mais cela justifiait-il d’organiser ce

battage médiatique disproportionné, qui a ressemblé à une chasse à l’homme. Sur

Yann-Marie Porzier, il s’est trouvé autant de gens pour se réjouir de son

retour que pour s’en plaindre. Quant aux décisions unilatérales des

commissaires, elles ne sont certes pas parfaites (cf. notre traitement sans

concession des affaires Dar Re Mi et Liliside notamment), mais elles ont pour

elles d’être… unilatérales ! Cela leur accorde au moins le crédit de la

cohérence. Et pour terminer sur une note plus gaie, plusieurs d’entre vous se

sont réjouis que, désormais, les images diffusées dans la salle des

commissaires le soient aussi sur les grands écrans à la disposition du public.

La transparence est toujours la bienvenue.

3E : LA MULTIPLICATION DES REUNIONS PMU (8%)

"Fuite en avant" est le terme qui revient le

plus souvent lorsque vous évoquez le multiplication du nombre de réunions PMU.

Le mouvement n’est certes pas récent, mais il s’est beaucoup amplifié. On peut

le déplorer, sur le plan sportif ; on peut s’en inquiéter, sur le plan

logistique ; mais c’est un fait assez incontournable : les courses resteront le

jeu d’argent préféré des Français si elles savent proposer des occasions de

jouer toutes les dix minutes entre 11h du matin et 11h du soir. Le financement

de la filière en dépend.

EGALEMENT CITES (9%)

Week-end du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe,

sponsoring du Qatar, Qatar World Arabian Championship ; les vidéos des courses

de province enfin accessibles sur Internet et gratuitement ; la suppression de

la double peine pour les jockeys fautifs, et le changement de cravache ; la

P.S.F. à Chantilly ; l’augmentation des allocations de 3% ; la Route des

étalons ; le départ manqué de Remember Rose ; l'aug-

mentation des frais de pistes d'entraînement à

Chantilly et Maisons-Laffitte sans justification ; le décès de Madame Daniel

Wildenstein et le silence qui entoure sa mort, quand il ne s'agit pas de

soulagement, un comble ! ; le doublé Aga Khan dans le Prix de Diane ; la baisse

des ventes d’août à Deauville ; le sursaut des ventes d’octobre à Deauville

(!)…