Mort programmee de l’elevage du cheval de sport en france et de son pole d’excellence de production par le conseil d'administration de l'a.n.s.f.

Autres informations / 18.01.2011

Mort programmee de l’elevage du cheval de sport en france et de son pole d’excellence de production par le conseil d'administration de l'a.n.s.f.

Depuis

toujours, l’État a apporté son soutien à l’élevage des chevaux de sport

français. Dans le cadre d’un schéma de sélection, un encouragement financier

était accordé aux éleveurs afin de poursuivre l'amélioration génétique des

chevaux de sport comme de course. Si la prime au naisseur, vitale pour le monde

des courses, est maintenue, en revanche, elle a été supprimée en 2008 pour les

éleveurs de chevaux de sport alors qu’elle leur est tout aussi vitale. Malgré

un discours démagogique du ministère de l'Agriculture qui prétend vouloir aider

les éleveurs, le coup de grâce a été asséné en janvier 2011 avec une baisse de

60% sur deux ans du soutien à l’élevage (P.A.C.E., concours d'élevage), qui

passe de 2,4 millions à 1 million pour toutes les races de chevaux de selle et

poneys, selon une répartition aussi inégale qu’arbitraire. À ce rythme, en

2012, ces aides de l’État auront totalement disparu. La rigueur budgétaire est

imposée aux éleveurs, alors que l'IFCE (ex-Haras nationaux), ne voit son budget

réduit que de 2,5% : 55 millions d’euros pour l’IFCE, 1 million d’euros pour

les éleveurs ! Cherchez l’erreur. Les conséquences pour notre filière sont

catastrophiques. Le monde de l’élevage se sent trahi et floué. En même temps

que la disparition programmée des primes, c'est aussi celle de bon nombre

d’éleveurs qui est inéluctable. En conséquence, tous les concours d’élevage qui

font le ciment de nos associations régionales d’éleveurs vont être désertés et

ces associations régionales devenir obsolètes. L’équitation est, à ce jour, un

sport pourvoyeur de médailles qui continue à se développer, ce sera donc la

porte ouverte aux importations en masse de chevaux étrangers. La France fera

alors la part belle à ses concurrents européens, alors même que les chevaux

Selle Français, pôle d’excellence de notre élevage national, brillent

aujourd'hui sur tous les terrains de compétition du monde, porteurs d’une image

internationalement reconnue des cavaliers du monde entier. La volonté du

ministère de l’Agriculture est-elle de voir nos cavaliers français remontés

comme les cavaliers grecs, turcs ou saoudiens, uniquement par des chevaux

étrangers nés en Allemagne, en Belgique ou en Hollande, provenant donc des

élevages de nos concurrents actuels ? Cherche-ton,  au gouvernement, l’anéantissement d’un siècle

de sélection du cheval de sport français ? C’est toute l’industrie du cheval en

France qui va pâtir de ces mesures catastrophiques, ainsi que toute l’économie

indirecte générée par l’élevage dans nos régions agricoles qui va vers une

récession volontairement programmée par les pouvoirs publics. Ce sont des

milliers d'emplois en région qui vont disparaître.  Est-ce cela que le ministère de l’Agriculture

a décidé comme avenir pour nous, éleveurs de chevaux Selle Français à partir de

2011 ? Nos confrères du monde des courses, qui vivent de l'argent du PMU, ne

devraient-ils pas être solidaires des éleveurs de chevaux de sport ? Qui dit

que demain, ce ne sera pas à leur tour de pâtir de la politique désastreuse du

ministère de l'Agriculture qui veut faire des économies à court terme, mettant

en péril toute l'industrie du cheval ? L’A.N.S.F., responsable du stud-book

Selle Français, respectueux du travail de sélection de ses éleveurs, s’insurge

de façon véhémente pour ralentir et endiguer cette politique dévastatrice menée

par la Sous-direction du cheval. Ce constat dramatique est malheureusement

celui de tous les éleveurs de chevaux de sport, de toutes les régions de

France, ils se doivent de sensibiliser leurs élus régionaux sur les méfaits de

cette politique qui les touche directement. L’A.N.S.F. met toute son énergie

pour poursuivre le travail accompli, trouver des solutions pérennes. Nous ne

laisserons pas mourir l’élevage du cheval de sport. Si l’État ne prend en

considération que les états de crise, aurons-nous d’autre choix que de mener

des actions chocs ?