Pierre de maleyssie melun, d’auteuil à cheltenham

Autres informations / 31.01.2011

Pierre de maleyssie melun, d’auteuil à cheltenham

Éleveur

dans la Sarthe, à Pezé-le-Robert, Pierre de Maleyssie Melun a connu de grands succès

avec ses produits sur les obstacles, aussi bien en France qu’en Angleterre.

Pour JDG, il est revenu sur son activité d’éleveur, ses choix d’élevage et ses

meilleurs représentants.

POUR

CEUX QUI NE VOUS CONNAISSENT PAS TRES BIEN, POUVEZ-VOUS NOUS PRECISER COMMENT

EN ETES-VOUS ARRIVE DANS LES COURSES ET L’ELEVAGE ?

J’ai été

élevé par un oncle qui s’appelait Monsieur de Tarragon. Il avait des chevaux de

course et il était difficile dans cet environnement de ne pas attraper le

"virus" des courses.

POUVEZ-VOUS

NOUS PARLER DE VOTRE EFFECTIF ACTUEL ?

Nous

avons une soixantaine de chevaux sur place. Nous sommes propriétaires à hauteur

de deux tiers et nous faisons également de l’"hôtellerie". Nous

sommes notamment associés avec des entraîneurs comme Guillaume Macaire, Donatien

Sourdeau de Beauregard ou encore Antoine Lamotte d’Argy sur plusieurs de nos

produits. Au total, nous sommes propriétaires d’une vingtaine de juments dont

certaines en association et d’autres qui nous appartiennent entièrement.

QUEL EST

VOTRE POLITIQUE D’ELEVAGE ?

Cela

dépend des moyens que l’on peut mettre pour un étalon, mais au-delà de cela, je

regarde beaucoup les différentes familles et leurs entraîneurs. Par exemple, si

Guillaume Macaire a valorisé une lignée, je le privilégierai toujours pour lui

mettre un poulain dont il connaît bien les origines. Je sais ainsi quel genre

de chevaux peut convenir à tels entraîneurs. Ce que je ne veux pas, c’est que

l’entraîneur se dise en voyant arriver le cheval : « Qu’est ce que je vais

pouvoir faire avec ça ? » Je veux qu’il soit content de l’avoir, qu’il puisse

avoir des points de repères avec la famille.

COMMENT

SE COMPOSENT VOS TERRES D’ELEVAGE ?

Nous

avons 75 hectares. Je pense que la terre a son importance. Elle peut être

différente d’un pré à un autre. Personnellement, j’essaye d’adapter les prés

aux chevaux, en fonction de la proximité des boxes, de la superficie des terres

et ainsi je jongle avec le nombre de chevaux. Je fais également des roulements

suivant les apports des prés. De plus, il y a des juments qui n’apprécient pas

certains prés et il faut donc gérer ces éléments. Je travaille également avec

une personne qui s’occupe de la nature des terres et qui détermine leurs

valeurs en fonction des plantes qui y poussent. Je n’utilise que des produits

naturels et aucun engrais chimique pour les prés.

PARMI

VOS PRODUITS, LESQUELS VOUS ONT PARTICULIEREMENT MARQUE ?

Taranis

m’a bien évidemment impressionné, d’autant qu’il était condamné étant jeune. En

effet, c’était un foal qui était décalcifié car sa mère était morte et j’avais

pris une percheronne pour l’adopter, mais elle ne produisait pas de lait.

Lorsque j’ai voulu le vendre à Goffs, devenu Arqana maintenant, on m’avait dit

qu’il ne passerait pas la visite vétérinaire du fait de ce problème. Mais au

final, David Powell m’a fait une offre. On l’a prévenu que le cheval ne

passerait pas la visite vétérinaire. Les Anglais nous ont dit que ce n’était

pas grave. Ils ont regardé les radios et ils nous ont dit qu’ils prenaient le

cheval quand même. Et ils ont bien fait ! Mais celui que je retiens

particulièrement, c’est Azertyuiop. C’est lui qui a fait ma réputation auprès

des Anglais. Il a quand même gagné neuf Groupes. Et puis, selon moi, il a

relancé l’export des chevaux français vers l’Angleterre. Bien sûr, il y avait

eu François Doumen qui avait connu beaucoup de réussite dans des grandes

épreuves britanniques, mais là, avec Azertyuiop, l’élevage français des chevaux

d’obstacle se relançait sur la scène européenne. BipBap a été également un

cheval phare de mon élevage. Mais c’est la mère d’Azertyuiop et de BipBap,

Temara (Rex Magna), que je retiens particulièrement, d’autant qu’elle est morte

prématurément. Elle est la jument base de mon élevage. Elle est arrivée à

produire deux chevaux de haut niveau, il faut le faire. Mais je dois dire que

ce sont ces chevaux qui m’ont fait et non l’inverse.  Ce qui est particulier avec Azertyuiop et

BipBap, c’est qu’ils se sont élevés tout seuls, ils n’ont jamais vu le

vétérinaire, tout était facile avec eux.

LES

PERFORMANCES DES MEILLEURS ÉLÈVES DE PIERRE DE MALEYSSIE MELUN

-Azertyuiop

(Baby Turk) : vainqueur de l’Arkle Challenge Trophy Chase (Gr1) 2003 et du Queen

Mother Champion Chase (Gr1) 2004. Gagnant de neuf Groupes au total.

-Bipbap

(Dom Pasquini) : gagnant du Prix Maurice Gillois (Gr1) 1998 et troisième du

Prix La Haye Jousselin (Gr1).

-Taranis

(Mansonnien) : lauréat de quatre épreuves de Groupe dont le Champion Chase

(Gr1) de Down Royal.

-Pantruche

(Pampabird) : vainqueur des Prix Edmond Barrachin (Gr3) et Antoine de Palaminy

(L).