Une interview choc – election au syndicat des eleveurs, eric puerari : « il est urgent d'agir »

Autres informations / 08.01.2011

Une interview choc – election au syndicat des eleveurs, eric puerari : « il est urgent d'agir »

Le

patron des "Capucines" est candidat. Et il dévoile ses arguments dans

une interview exclusive accordée à JDG…

JOUR DE

GALOP. – LORS D'UNE REUNION D'ELEVEURS EN NORMANDIE, VOUS AVEZ FAIT PART DE

VOTRE CANDIDATURE AU COMITE DU SYNDICAT DES ELEVEURS. CETTE NOUVELLE EST-ELLE

EXACTE?

Éric

Puerari. – Je vous la confirme. Elle surprend ceux qui me connaissent car je

suis l'inverse d'un homme politique. Mais l'élevage français va mal, et il est

urgent que cela change.

VOTRE

NOUVELLE ATTITUDE ET VOTRE CONSTAT SURPRENNENT CAR VOUS FAITES PARTIE DE CEUX

QUI DONNENT L'IMPRESSION D'AVOIR REUSSI.

Mais

j'ai des yeux pour voir, et mon caractère m'incite à affronter la réalité. Mon

parcours dans l'élevage confirme que je suis tenace, or nous devons réformer

notre maison aujourd'hui.

ETES-VOUS

VRAIMENT PESSIMISTE ?

Je suis,

comme tout éleveur, d'un caractère optimiste mais j'essaie de demeurer lucide.

La question n'est pas là. Veut-on que ça change, ou veut-on glisser lentement

vers le médiocre et la faillite ? Voilà notre choix aujourd'hui.

A QUOI

ATTRIBUEZ-VOUS CETTE SITUATION ?

Les

causes sont nombreuses et diverses et pour tout vous dire, je souhaite dans les

prochains jours en débattre avec les éleveurs qui ont envie de voir du

changement. Il me semble que nous nous sommes endormis il y a une dizaine

d'années.

MAIS

VOUS ETES UN DES GRANDS VENDEURS DE YEARLINGS A DEAUVILLE ?

Même les

ventes d'août sont difficiles. L’aura du rêve qui accompagnait jadis le

yearling a disparu et ce sont les professionnels qui font le marché.

L'éventuelle rentabilité y est bien faible.

SUR

QUELS SUJETS SOUHAITEZ-VOUS INTERVENIR?

• Sur la

question des primes et des qualifications qui permettent aux éleveurs de

combler leur déficit d'exploitation

• Agir

pour renverser la tendance qui veut que notre parc de reproducteurs (étalons et

juments) augmente en quantité et baisse en qualité

• Faire

entendre le point de vue de l'élevage dans l'élaboration du programme des

courses qui s'est égaré dans sa soumission à la recette PMU

Dynamiser le marché français du yearling qui souffre de la faible demande des

propriétaires hexagonaux

• Les

éleveurs doivent retrouver leur leadership professionnel d'agriculteurs et se

faire politiquement entendre à France Galop et auprès des instances

gouvernementales et européennes

QUELLES

DIRECTION INTERNATIONALE PRECONISEZ-VOUS ?

L'élevage

français a tout pour devenir le pôle rassembleur et producteur pour toute cette

Europe continentale qui piétine. Pour l'opinion mondiale, les courses et

l'élevage d'une nation sont associés. Venir pour les courses et rester pour

élever !

FEREZ-VOUS

DES PROPOSITIONS DE NATURE ECONOMIQUE ?

Je

souhaite des audits pour comprendre comment on en est arrivé là. Aujourd'hui,

le budget principal des éleveurs est consacré à l’entretien de leurs chevaux.

Le retour à une sélectivité dans nos choix, l'abandon de l'idée de produire

pour produire, c'est le message que nous envoie le marché: produire pour gagner

et non pour survivre.

VOUS

DONNEZ L'IMPRESSION DE VRAIMENT VOULOIR VOUS ENGAGER?

Il est

temps de réagir et de cesser de parler pour ne rien dire. Nous avons

sous-estimé l'évolution de la compétition internationale, le renforcement des

grandes écuries attirées par notre système. Cependant, de beaux succès français

à l'échelle mondiale nous confirment que la créativité et le savoir-faire

français existent. Je crois aux énergies intactes, c'est-à-dire aux nouvelles

générations d'éleveurs.