Didier guillemin : « la qualité des chevaux fera la valeur de l’écurie »

Autres informations / 19.02.2011

Didier guillemin : « la qualité des chevaux fera la valeur de l’écurie »

L’entraîneur montois Didier Guillemin a réalisé la meilleure

saison de sa carrière en 2010. Titulaire de 42 victoires et 98 places avec 206

partants, il a glané plus de 1.500.000€, allocations et primes comprises. Mais

il a surtout accompli une grande année avec ses 2ans, prenant notamment la

deuxième place du Prix Jean-Luc Lagardère (Gr1) avec la ??JDG

rising star

??Tin Horse (Sakhee) à Longchamp.

JDG est revenu avec Didier Guillemin sur le programme de ses bons

éléments, son parcours dans le milieu hippique, sa réussite avec les jeunes

chevaux et son année 2010.

 

Quels sont vos buts pour la nouvelle saison qui s’annonce ?

Quels vont être les premiers objectifs de vos bons 3ans ?

On va surtout essayer de faire comme l’an dernier, et

ensuite la qualité des chevaux fera la valeur de l’écurie. Tin Horse va faire

sa rentrée sur le mile avec tournant du Prix de Fontainebleau (Gr3). Chinese

Wall (Aussie Rules) pourrait être revue à Chantilly le 28 avril [dans le Prix

Sigy, L, 1.200m, ndlr]. Quant à Captain Chop (Indian Rocket) et Action Chope

(Muhaymin), ils devraient reprendre la compétition le 17 mars à Deauville dans

les deux Listeds sur le sable [Prix Montenica pour le mâle et Prix Ronde de

Nuit pour la femelle, ndlr].

 

Faisons un retour en arrière. Quel a été votre parcours

avant de devenir entraîneur ?

J’ai été apprenti chez monsieur François Mathet durant

quatre ans, où j’ai côtoyé Yves Saint-Martin et Henri Samani. J’étais dans la

cour Rothschild. Tout ce que j’ai appris là-bas me sert encore maintenant. Mon

apprentissage remonte à trente ans, cela fait quatorze ans que je suis

entraîneur, et les méthodes de François Mathet m’inspirent encore. 

 

C’était un homme qui ne cherchait pas les complications avec

les chevaux. Il avait une force importante avec beaucoup de chevaux de grands

propriétaires comme l’Aga Khan. J’ai d’ailleurs gagné en tant que jockey pour

les couleurs de ce dernier. À l’époque, Henri-Alex Pantall travaillait

également pour François Mathet.

 

Quand avez-vous pris la décision de descendre à

Mont-de-Marsan ?

Au décès de monsieur Mathet, je suis parti. J’aurais aimé

finir ma décharge chez lui. Mon père entraînait dans les Landes, et j’ai fini

mon apprentissage chez lui, d’autant qu’il cherchait un jockey.

 

Comment avez-vous connu la Marquise de Moratalla ?

Quand j’étais apprenti, je montais pour elle et, quand je me

suis installé, elle m’a donné ma chance en me confiant d’abord un cheval, puis

deux et ainsi de suite. C’est vrai qu’elle m’a laissé des 2ans avec des

pedigrees intéressants cette année par exemple. J’ai notamment inca stone

(Zamindar), une fille de Fruta Bomba (Nombre Premier) et shadar Lake (Footstepsinthesand),

la sœur de Chinese Wall, mais il est beaucoup trop tôt pour savoir quel

comportement elles vont avoir en compétition. L’important avec ces jeunes

chevaux, c’est de les mettre bien, car ils peuvent vite changer dans le bon

comme dans le mauvais sens.

 

Justement, vous avez connu une belle année avec vos 2ans,

y-a-t-il une méthode "Guillemin" pour cette catégorie de chevaux ?

Non, pas du tout, je n’ai pas de méthodes particulières.

Tout ce que je fais, comme je l’ai déjà dit, cela vient de ce que j’ai appris

chez monsieur Mathet. Et puis la réussite dépend surtout des chevaux que l’on a

dans les boxes. Personnellement, je m’adapte aux chevaux que j’ai à

l’entraînement. Si on a un cheval moyen, il gagnera "à réclamer", et

ce sera tout. Les bons, eux, prouvent leurs qualités tout au long de l’année,

comme Tin Horse, Captain Chop, Action Chope et Chinese Wall. D’ailleurs, ma

saison 2010 est la meilleure de ma carrière avec notamment une deuxième place

dans le Prix Jean-Luc Lagardère (Gr1) avec Tin Horse et trois Listeds avec les

2ans.

 

Je m’adapte aux chevaux que j’ai à l’entraînement. si on a

un cheval moyen, il gagnera "à réclamer" et puis ce sera tout. Les

bons, eux, prouvent leurs qualités tout au long de l’année

 

Votre réussite en 2010 a-t-elle attiré de nouveaux

propriétaires ?

Effectivement, j’ai eu quelques nouveaux clients. Ma

réussite de l’an passé leur a tapé dans l’œil, et c’est bien. Mais, pour moi,

l’important n’est pas de gagner de nouveaux propriétaires, mais plutôt de les

conserver.

 

Travaillez-vous avec des éleveurs régulièrement ? Je

travaille notamment avec la Marquise de Moratalla, mais aussi avec le haras du

Bosquet [propriétaire-éleveur du bon sauteur Zircjorien, ndlr] et Alain

Chopard. Ce sont des propriétaires-éleveurs. Il n’est pas évident de trouver

des propriétaires tout "simples".