Nicolas et isabelle simon, animateurs du haras des marais

Autres informations / 08.02.2011

Nicolas et isabelle simon, animateurs du haras des marais

C’est à

Boëssé-le-Sec, dans la Sarthe, que Nicolas et Isabelle Simon animent le Haras

des Marais. Pour Jour de Galop, ils sont revenus sur l’histoire du haras, leur

politique d’élevage et leurs réussites. Cavalière de haut niveau, Isabelle

Simon a débuté sa carrière dans le monde équestre : « J’ai commencé dans le

milieu du concours hippique. J’ai monté notamment avec Alexandra Ledermann

[championne d'Europe de saut d'obstacle, médaillée d'argent par équipe au

championnat du monde et médaillée de bronze aux Jeux Olympiques, ndlr]. »

Isabelle Simon a participé au championnat d’Europe de saut d’obstacle et été

sacrée championne de France. Mais elle nous confie cependant qu'elle a toujours

été « passionnée par la vitesse. » Isabelle Simon s’est ainsi mise en selle à

l’entraînement le matin : « À 17ans, j’avais commencé à passer ma licence de

cavalière en montant pour Maurice François, un entraîneur qui était installé

dans le Maine-et-Loire. Mais mes parents m’ont un peu freiné dans mon

"entreprise". Ainsi, je suis revenue aux chevaux de course un peu

plus tard et au monde de l’élevage en particulier grâce au propriétaire de

Germinis (Vaguely Pleasant), Monsieur Sallet. On avait mis une petite annonce

dans un journal où on proposait de prendre des chevaux en pension et c’est

comme cela que nous l’avons connu. Progressivement, nous avons acheté une

poulinière, puis deux et nous nous sommes lancés. Par la suite, nous nous

sommes fait connaître grâce à Gray Steel (Turgeon). »À Auteuil, Gray Steel a

gagné les Prix Amadou (Gr2) et de Maisons-Laffitte (Gr3) sous l'entraînement de

Jehan Bertran de Balanda.

80

HECTARES, 20 POULINIERES, 50 BOX

Nicolas

et Isabelle Simon ont créé de toutes pièces le Haras des Marais. « Cela va

faire 17ans en août que nous avons acheté les terres. Nous sommes partis de

zéro, il n’y avait rien. C’était simplement une ferme qui servait pour

l’élevage de gibiers avec des prés sans structure. Nous avons tout refait. Nous

avons actuellement quatre-vingt hectares avec une vingtaine de poulinières,

cinquante-cinq box au total et un grand barn de treize box pour les

poulinières, où elles peuvent passer des échographies. Nous faisons de

l’élevage sans sol, préparons les chevaux aux ventes et prenons des chevaux en

pension, au repos. » Ainsi, le couple travaille avec plusieurs entraîneurs qui

leur envoient leurs protégés lorsqu’ils doivent prendre quelques semaines de

repos : « Cédric Boutin, David Windrif, Monsieur de Watrigant font partie des

entraîneurs avec lesquels nous travaillons régulièrement. Nous tenons aussi à

remercier Monsieur Dutruel car c’est lui qui nous a lancés. Il a été le premier

à nous confier des chevaux au repos. »

UNE

LOGIQUE COMMERCIALE

« Nous

sommes éleveur-vendeurs et nous choisissons donc souvent des étalons

commerciaux et confirmés pour nos croisements. L’année dernière, pour la

première fois, nous avons envoyé quelques juments à Coolmore. »

Footstepsinthesand (Giant’s Causeway), Yeats (Sadler’s Wells), Oratorio

(Danehill), Orpen (Lure) ou encore Dylan Thomas (Danehill) font notamment

partie des étalons que le couple a sélectionné en 2010 pour la saillie de ses

poulinières. Il peut en effet s’appuyer sur des femelles possédant des

pedigrees en lien avec des familles connues. « Nous avons plusieurs jeunes

juments comme Rose of Rheinberg (Surako) qui appartient à la famille

d’Egyptband (Dixieland Band), deuxième du Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) et

lauréate du Prix Vermeille (Gr1), Princess Cheri (Mondrian), qui est la soeur

de Prince Flori (Lando) gagnant du Grand Prix de Baden-Baden (Gr1) ou Virgata

(Turgeon), soeur d’un gagnant de Listed en Allemagne. » Outre leurs juments,

Nicolas et Isabelle Simon gèrent également celles de leurs clients. « Nos

clients viennent de divers horizons. De la France bien sûr, mais ils sont aussi

espagnols, tchèques ou encore australiens. Ce qu’ils apprécient, c’est que nous

travaillons beaucoup par internet. Même s’ils sont loin, ils reçoivent

régulièrement des mails et des photos de leurs chevaux.  Ainsi, ils peuvent voir leur évolution. Et

puis, au fil des années, nos clients sont tous devenus des amis. »

L’EXPERIENCE

ESPAGNOLE

Depuis

2007, le Haras des Marais est présent aux ventes SBA [Spanish Bloodstock

Agency] à Madrid. D’emblée, Nicolas et Isabelle Simon y ont présenté le bon

Domeside (Domedriver). Deux années plus tard, le poulain remporte sous la

casaque d’Anthony Forde le Derby espagnol. « Nous sommes très amis avec le

directeur des ventes SBA. C’est d'ailleurs aussi pour cela que nous avons

commencé à présenter des chevaux en vente à Madrid. Et la première année, sur

la douzaine de chevaux que nous avons vendus, 

onze ont gagné. On nous a donc demandé de revenir les années suivantes.

» Le couple connaît une belle réussite dans ces ventes et pourtant, ils sont

encore les seuls Français à s'y déplacer.

L’HISTOIRE

DE GRAY STEEL, PREMIER GROUP-WINNER DES "MARAIS"

Gray

Steel est le premier vainqueur de Groupe élevé au Haras des Marais. À 4ans, il

a remporté coup sur coup les Prix Amadou et de Maisons-Laffitte, avant de

prendre la troisième place du Prix La Barka (Gr2). Et, comme souvent avec les

bons chevaux, le représentant de Sir Robert Ogden a une histoire particulière :

« Nous avons acheté la mère de Gray Steel, Folklorique (Groom Dancer) à un

propriétaire martiniquais, sans vraiment s’y connaître. Nous fonctionnons

beaucoup au feeling et là, en l’occurrence, 

Folklorique me plaisait, raconte Isabelle Simon. Elle avait 3ans. Nous

l’avons vue dans le pré et nous l’avons achetée en dépit de quelques avis

défavorables car elle était passée plusieurs fois en vente et le papier

maternel n’était pas très bon. » Isabelle Simon s'est basée sur un détail

précis pour choisir le futur père de Gray Steel : la robe. « Nous avons décidé

de prendre Turgeon (Caro) comme étalon pour Folklorique car je suis une

fanatique des chevaux gris. En effet, lors de ma jeune carrière de cavalière,

j’ai eu un excellent poney gris avec lequel j’ai été championne de France. »

LA

REUSSITE DU HARAS EN QUELQUES NOMS

Ces

dernières années, le Haras des Marais a vu naître beaucoup de gagnants. « Outre

Gray Steel, nous avons eu des chevaux utiles qui ont gagné plusieurs courses

comme Go for Gold Mine (Goldneyev), vainqueur de gros handicaps-Quintés, Mister

Nikos (Nikos), vainqueur de Listed en obstacle, Sagalyrique (Sagacity), qui

vient de gagner en Angleterre [et qui fait partie des engagés du Grand National

de Liverpool, Gr3] ou encore Le Castellanais (Alberto Giacometti) qui vient de

gagner dernièrement à Cagnes-sur-Mer et qui a grandi chez nous, pour Monsieur

Mezaguer. »