Patrick fellous : « les socio-pros se feront entendre lorsqu’ils seront unis »

Autres informations / 05.02.2011

Patrick fellous : « les socio-pros se feront entendre lorsqu’ils seront unis »

JOUR DE

GALOP. – VOUS MENTIONNEZ DANS VOTRE TEXTE DE CANDIDATURE L’IDEE D’UN

"LIVRE BLANC DE L’ELEVAGE"?

Patrick

Fellous. – Pour faire valoir la précarité des éleveurs, il faut dresser un état

des lieux qui fasse ressortir la réalité des chiffres. Par exemple, il me

paraît judicieux d’évaluer le coût de fabrication des yearlings français. Il

serait tout aussi intéressant de mettre en rapport les coûts de fabrication des

yearlings d’octobre avec le chiffre d’affaires d’Arqana pour ces ventes, idem

pour les yearlings de décembre. On aurait ainsi une photo objective de la

réalité économique de l’éleveur français moyen ! Ce "livre blanc",

c’est une façon de dire qu’élever est un métier, et que nous devons aborder

"professionnellement" nos problèmes à partir de l’idée de l’audit.

Nous ne serons crédibles et nous ne pourrons progresser qu’en démontrant notre

professionnalisme, et il me semble que cette démarche est au coeur de la

mission que doit assumer aujourd’hui le Syndicat des éleveurs.

C’EST LE

SENS DE VOTRE CANDIDATURE ?

Nous

vivons une conjoncture décisive pour le Galop. Je suis un chef d’entreprise,

éleveur-propriétaire assidu depuis plus de vingt ans, qui défend sa passion

avec détermination et lucidité. C’est en ce sens que je souhaite siéger au

comité du Syndicat des éleveurs pour mettre en oeuvre la coordination de la

lutte de la filière professionnelle. En effet, éleveurs, propriétaires et

entraîneurs ne se feront entendre que s’ils sont unis, solidaires et donc professionnels.

C’est mon message pour tous.

DE

QUELLE LUTTE PARLEZ-VOUS ?

Celle de

la filière professionnelle du Galop dont les éleveurs forment le socle

producteur. L’institution des courses vieillit mal, car elle peine à comprendre

l’évolution de la société. Le conservatisme étroit des privilèges auquel on

assiste à France Galop freine la dynamique professionnelle qui appelle le

changement. Éleveurs, propriétaires, entraîneurs savent que l’on doit changer

des tas de choses pour que les professionnels ne succombent pas sous le poids

des coûts de notre activité, qui privent les éleveurs de toute rentabilité et

qui précarisent propriétaires et entraîneurs. La lutte des professionnels vise

à trouver de vrais remèdes à cette situation plus que préoccupante dans ce

contexte de concurrence internationale. Il est intolérable que nous n’agissions

pas.

N’ETES-VOUS

PAS UN PEU EXCESSIF ?

Je

répète qu’il est intolérable que les courses aient traversé une ère de

croissance et de prospérité, et qu’à l’inverse les professionnels en aient

retiré très peu d’avantages dans la même période. Une seule réponse possible :

la répartition des fruits de la croissance a été mal faite. Quel remède ?

Responsabiliser et professionnaliser les instances en donnant aux

professionnels une représentation majoritaire : éleveurs, propriétaires et

entraîneurs sont bien plus concernés que les membres associés qui considèrent

France Galop comme un club. Pour les éleveurs, c’est leur métier qui est en jeu

! La filière professionnelle incarne l’énergie et la force motrice du Galop :

donnons le pouvoir à ceux qui font les courses, ils sauront les défendre.

EN

RESUME, VOTRE CANDIDATURE, C’EST "UNITE ET PROFESSIONNALISATION"?

Ce sont

deux mots importants, non ? En tout cas, pour moi, l’unité et la professionnalisation

doivent être les deux exigences de toute la filière professionnelle. Tous les

objectifs de la profession convergent :ou bien nous nous sortons d’affaire tous

ensemble, ou bien la situation continuera de se dégrader. C’est seulement en

étant professionnels et unis que nous pourrons nous faire entendre, et ainsi

avoir le pouvoir majoritaire d’imposer les bonnes solutions. Bref, prendre nos

affaires en main, et ne plus subir !