Xavier bozo

Autres informations / 28.02.2011

Xavier bozo

Depuis

peu, Xavier Bozo est éleveur et propriétaire d’un haras en Afrique du Sud.

Auparavant, il avait animé plusieurs structures d’élevage en Normandie. Il

n’est pas candidat au comité du Syndicat des éleveurs – mais a beaucoup de

choses de bon sens et constructives à proposer. Un texte à lire si l’on

s’intéresse à l’avenir de l’élevage français. Un texte un peu long, qui demande

du temps, mais en vaut largement la peine. « Je me réjouis de l’engouement

suscité par la prochaine élection du comité du Syndicat des éleveurs, celle-ci

ayant attiré autant de jeunes éleveurs que de nouvelles figures, et forte de

l’expérience des plus "anciens", cette nouvelle entité devrait sans

aucun doute aboutir à la mise en place de réformes et d’actions permettant à

court terme de sortir l’élevage français de l’ornière dans laquelle il est

installé depuis quelques années déjà. C’est en lisant les déclarations des uns

et des autres que je me suis décidé, en toute simplicité et sans esprit

partisan, puisque non candidat à cette élection, à écrire ces quelques lignes

sur les sujets qui me semblent le plus passionner, et ceci à bonne raison. En

matière de chevaux, qu’il s’agisse de courses ou d’élevage, tout le monde sera

d’accord pour dire que l’on ne "sait" jamais et que seules les

erreurs évitées permettent d’espérer des résultats. L’élevage, comme les

courses, est une affaire de compétition, donc d’innovations, d’ambitions et de

sélectivité. Lorsque le prochain comité siègera, il sera composé, du moins je

l’espère, d’hommes et de femmes éleveurs de différentes catégories. Il s’agira

de petits éleveurs, professionnels ou pas, d’éleveurs plus importants, encore

une fois professionnels ou pas, d’éleveurs dits "commerciaux", grands

ou plus petits, et par définition tous n’auront pas les mêmes préoccupations ni

les mêmes objectifs. Pour autant, et puisqu’il s’agit bien là de compétitions

et de performances, il faudra que les plus petits ou les "amateurs",

sans aucune connotation péjorative, admettent que la priorité reste la garantie

que ceux qui en font leur premier métier puissent en vivre de façon

significative et que, de leur réussite, dépendra l’avenir de tous ceux qui les

accompagnent chaque jour dans leur tâche. Ceci ne doit pas être pris pour une

vue discriminatoire envers tous ceux qui pratiquent ce métier par passion ou

par plaisir mais il faut bien garder en tête que seule la performance de notre

élevage au niveau international permettra à la France de sortir la tête de

l’eau et de l’y maintenir. Ce n’est qu’en conquérant des titres à l’étranger que

l’élevage français sera reconnu et toute idée de protectionnisme ou de sanction

à l’égard de ceux qui sacrifient beaucoup pour accéder à la meilleure qualité

des reproducteurs étrangers par exemple, est à bannir. Il est utopique de

croire qu’en supprimant les primes aux conçus à l’étranger, même élevés en

France, on dissuadera les éleveurs d’envoyer leurs bonnes juments en Angleterre

et en Irlande. Ils n’ont à l’heure actuelle aucun autre choix ! Une telle

sanction est fondamentalement contraire à la liberté d’entreprendre et à l’idée

que l’on peut se faire d’un élevage que l’on souhaite, à juste titre, reconnu à

l’échelon international. Et au risque de le répéter encore et encore, notre

élevage, par la qualité de son terroir, de ses hommes, a les capacités d’être

autre chose que ce que certains souhaiteraient lui imposer, rester un élevage

"franco-français" et tout simplement parce qu’il a vocation à être

l’un des meilleurs du monde, cela est prouvé et reconnu. Alors plutôt que de

s’enfermer dans un certain conformisme, peut-être y a-t-il d’autres solutions à

trouver et à développer. Chacun a la liberté de pratiquer l’élevage qu’il

souhaite, bon marché ou plus élitiste, et quoiqu’il en soit, le choix de chacun

prendra sa forme in fine sur le champ de courses. Je suis convaincu que la

recherche du meilleur, qu’il soit en France ou à l’étranger, servira l’intérêt

de tous. La France peine beaucoup à trouver son identité sur la scène

internationale et, à consulter les palmarès de nos chevaux "français",

compétiteurs ou étalons, il faut avouer qu’il y a du souci à se faire. Je ne

veux pas faire de misérabilisme, loin de là, mais rien ne sert de se mettre la

tête sous l’oreiller et pis encore de faire du fatalisme et du même coup, se

confiner dans un protectionnisme sans limite. Il est vrai, en fin de

compte,  que d’organiser des courses

entre Français, avec des chevaux français uniquement, générerait sans doute des

recettes d’enjeux équivalentes ; alors, parier sur des courses

d’"ânes" ne changerait peut-être pas grand-chose pour une majorité de

parieurs ! Sauf que, Dieu soit loué, chacun sait qu’il y a mieux à faire et que

le sport ne vaut que par la qualité de son spectacle ; et en France, il a de la

tenue, ce spectacle ! Revenant sur la place de la France sur la scène

internationale, et consultant par exemple le palmarès des étalons au niveau

européen, seuls six étalons encore en vie, faisant la monte en France, donc

utilisables en 2011, figurent sur soixante nominés pour la saison de courses

2010, et le premier de ceux-là occupe la 22e place, le second la 38e.  Sept étalons ayant fait la monte en France

jusqu’en 2010 sur soixante répertoriés, figurent sur la liste des pères de 2ans

en Europe ; le premier n’arrivant qu’en 18e place. Trois étalons faisant la

monte en France figurent sur une liste de soixante en tant que pères de

gagnants de Groupes en Europe. Je rebondis immédiatement sur le problème majeur

que représente la qualité des étalons stationnés en France, et sans mettre en

doute le devenir de ceux, encore trop jeunes pour avoir fait leurs preuves, et

tout en considérant les tentatives d’efforts récents, il faut admettre que le

parc actuel des étalons supposés confirmés à un niveau international et même

national, ne peut autoriser certains à envisager sanctionner tous ceux qui,

souhaitant se maintenir à un niveau international, s’obligent à traverser la

Manche pour conduire chaque année quelques six cents juments ou plus à des

reproducteurs reconnus sur les marchés internationaux ou tout simplement

désirant améliorer la qualité de leur élevage. C’est sûrement regrettable, mais

c’est légitime et naturel ! Alors plutôt que de sanctionner, il faut trouver

des solutions pour renverser la tendance. L’élevage français en a les moyens et

la volonté ; et pour preuve, les efforts colossaux engagés chaque année par un

grand nombre d’éleveurs pour envoyer leurs bonnes juments à l’étranger. Ce sont

des fonds très importants que l’on pourrait imaginer disponibles pour acheter

des reproducteurs à fort potentiel, de façon à ce que ces investissements

servent à moyen terme à l’élevage français et non qu’ils participent à

favoriser l’épanouissement et l’hégémonie des grands haras anglais et

irlandais. Il est vrai que pendant ces dernières décennies, les grands

"trusts" étrangers, tels que Coolmore, Darley, et quelques grandes

stations d’étalons connues, ont rentré un grand nombre d’étalons sans les

syndiquer. Mais peut-être finalement était-ce un bien, considérant qu’ainsi ils

n’auront pas réussi à sédentariser les éleveurs français sur leur sol. Le temps

est donc venu pour ces éleveurs de se prendre par la main et de se donner les

moyens de rentrer, enfin, les étalons dont nous avons besoin. Pour cela il faut

d’une part susciter des vocations et présenter de bons projets, se préparer à

une nouvelle forme de réactivité. Plusieurs éléments doivent être pris en

compte; entre autres :

1/ LA

QUALITE DES ETALONS.

Elle se

fait plus abordable dans la mesure où, la crise aidant, les grandes entités

citées ci-dessus ne rentreront plus que les "très grosses"

cylindrées. Se trouveront sur le marché, ou du moins deviendront achetables,

des chevaux très bien nés "juste en-dessous" des meilleurs en

compétition, gagnants de Gr3, Gr2 et battus du plus petit des nez dans les Gr1

mais pas "suffisants" pour les grands puisqu’ils l’ont décidé ainsi.

Ceci, bien sûr, n’empêchant pas d’acquérir l’un des tous meilleurs.

2/

CONCERNANT LE FINANCEMENT.

Il est

bien plus facile d’envisager acheter un cheval, même cher, en suivant l’idée

que les syndications n’ont plus aucune raison de se faire en cinquante parts,

mais pourquoi pas en cent parts, puisqu’il n’est pas rare maintenant de voir

les meilleurs étalons saillir jusqu’à cent cinquante juments ! Voilà de quoi

astucieusement diluer le montant global de l’investissement tout en faisant

profiter à la plupart de l’éventuelle plus-value au bout de trois ou quatre

ans, lorsque le cheval aura largement justifié sa place au haras. Imaginons un

cheval à 50.000 € la part x 100 parts ; c’est un cheval à cinq millions d’euros

! Alors, sachant que les éleveurs se déplacent en Angleterre ou en Irlande en

investissant en général 20.000 € ou 25.000 € en moyenne par jument, non compris

les frais annexes (transports, pensions, etc.) ; chacun comprendra l’intérêt de

l’opération ! Et cela pourrait éventuellement se faire avec l’aide de l’État,

via le nouveau GIP (anciennement Haras nationaux) parce qu’il est maintenant

grand temps que tout le monde se sente concerné par le redressement de

l’élevage français et ceci en mettant définitivement de côté toute

considération partisane et en démystifiant l’action de l’État et des aides

qu’il peut apporter sous une forme ou une autre. Et, finalement, ne donne-t-on

pas plus de chances à un étalon avec quatre-vingt ou cent éleveurs prêts à le

soutenir au moins pendant trois ou quatre ans en attendant la confirmation des

premiers résultats de ses rejetons ? Puis, en y réfléchissant un peu, l’on

s’apercevra très vite que sa dépréciation ne se fera pas ressentir aussi vite,

ni de la même manière, car il échappera sans doute à la guerre des

"grands" lors des ventes. La location ou la mise à disposition ; par

le biais d’accords entre pays concernés par une même ambition. Et demandez en

ce moment aux Anglais et aux Irlandais à quel point ils envient notre système

de primes à l’éleveur, et combien ils souhaiteraient pouvoir utiliser de bons

étalons en France afin d’élever quelque peu sur notre sol. Et n’y voyons pas là

une concurrence néfaste, mais plutôt une façon de dynamiser l’élevage français.

On ne va tout de même pas se plaindre de faire ce qu’ils font de nous depuis

des années ! Peu importera le choix du haras ; le "maître" d’oeuvre

en aura la priorité et, ainsi, très justement, le fruit de son travail sera

récompensé ; et puis une "tournante" entre haras privés n’est pas à

écarter ; si ce n’est l’installation d’un étalon au sein d’une structure

nationale, à la hauteur d’un nouveau concept bien repensé. En réalité, il faut

en terminer, cela dit, je l’avoue, sans complaisance, avec la rentrée des étalons

au "supermarché français" ! La moindre faille (pedigrees,

performances, réussite moyenne précédemment à l’étranger, âge avancé) aggravé

par le sentiment colporté que "s’il rentre en France", c’est que les

Anglais ou les Irlandais n’en ont pas voulu ! Résultat, des étalons dont les

prix, sans aucun discernement concernant les performances ou le pedigree,

s’affichent entre 4.000 et 8.000 € !

COMMENT

S’Y RETROUVER ?

Il y a

assurément des solutions, et celles-ci en sont parmi d’autres. Le principal

étant de remotiver les troupes et que personne ne se sente exclu de ces

solutions. Le choix de chacun, une fois encore, est tout à fait respectable, et

par voie de conséquence le choix de l’ "hyper" sélection l’est tout

autant car il participera à l’épanouissement de la France au niveau

international. Certains plus que d’autres, mais tous ont besoin de rentabiliser

leur élevage. Le plus grand paradoxe du moment est la qualité exemplaire de

notre "Institution" courses, qualité de nos compétitions, argent

distribué par rapport à nos pays voisins et les retombées économiques dont les

éleveurs ne profitent pas ou plus. Contrairement à ce que l’on peut lire dans

les communiqués de presse de notre principale agence de ventes aux enchères

publiques, la commercialisation de notre production est catastrophique et si le

chiffre d’affaires généré est conséquent, en réalité il ne profite qu’aux

organisateurs de ces ventes à part quelques exceptions pour certains éleveurs

en fonction de la chance qu’ils ont eu de se retrouver le jour "J"

avec le poulain qu’il fallait avoir à ce moment là ! Mais ceci n’est qu’une

situation très éphémère et, bien souvent, très aléatoire. Il n’existe pas de

constance dans ce marché des yearlings et ce ne sont pas les performances réalisées

les deux premiers jours d’août, bien souvent au profit de vendeurs étrangers,

qui redonneront le moral à la base des éleveurs-vendeurs. Lorsque je dis que

tous les éleveurs n’ont pas les mêmes préoccupations, tout en respectant

profondément l’investissement, le travail et les résultats des autres, il faut

bien admettre que les haras traditionnels et commerciaux, maintenus avec

beaucoup de peine "à flot" depuis des générations, souffrent plus que

quiconque de cette dégradation de la commercialisation de leurs produits. Et,

bien entendu, tous les autres n’ont en aucune façon vocation à perdre de

l’argent, même s’il s’agit avant tout d’un hobby ! Pour être clair, en prenant

l’exemple des ventes d’octobre, tout en remarquant l’effort qui a été fait pour

améliorer à la fois la qualité des poulains offerts et la qualité des acheteurs

potentiels, il faut constater que 80 % des produits présentés et vendus lors

des deux premiers jours de ces ventes l’ont été à perte et sans même tenir

compte de l’amortissement des mères de ces produits. C’est la réalité ! Passons

sous silence la grande braderie de décembre à partir du dimanche et sans

vouloir abreuver de chiffres, il est une évidence, les ventes françaises vont

très mal. Si l’on y ajoute le mal être des vendeurs au moment des ventes,

augmenté du peu de considération qu’on leur prête bien souvent (du moins c’est

un peu le ressenti de beaucoup), et on aura réuni à peu près tous les éléments

pour parler de "profonde dépression" trop souvent occultée par un

excès d’optimisme décliné tous les matins des ventes par voie de presse

spécialisée mais construit sur les bases d’une volonté flagrante à vouloir

"faire envie plutôt que pitié", tout cela est naturel mais

certainement pas très objectif . Bon nombre de problèmes existent et il faudra

très vite leur trouver des solutions. J’ai encore en mémoire les dernières

ventes de décembre et la détresse de nombreux éleveurs, résignés, se

débarrassant de juments (pas forcément si mauvaises d’ailleurs) à des prix de

misère et je les imaginais, ces mêmes éleveurs, recevant leurs bordereaux de

paiement déduction faite des frais d’inscriptions "plein pot" alors

qu’ils venaient de voir passer sur le ring dans une indifférence totale, leurs

poulinières un mardi à 19 heures ! Ne peut-on pas essayer de moduler quelque

peu les frais d’inscription pour ces juments-là ? Ceci est vrai également pour

certains yearlings d’octobre ou de décembre. On me rétorquera que ces

éleveurs-là ne sont pas obligés non plus d’inscrire leurs animaux ! C’est vrai,

mais enfin! Il y a deux façons de procéder ; soit rester "campés" sur

ses règles, soit dans des périodes difficiles, se remettre un peu en question,

demander un peu plus aux plus chanceux et un peu moins aux plus malheureux.

S’adapter en fait, et l’important finalement n’est-il pas d’essayer d’innover

et de trouver des solutions aux problèmes? Tout n’est pas noir non plus, et

l’agence Arqana fait des efforts d’équipement et d’amélioration d’accueil

importants, devant profiter à tout le monde, vendeurs et acheteurs, et il ne

s’agit pas de faire porter tout le chapeau de la "déconfiture" à

cette agence de vente, et tout simplement parce que la médiocrité de notre

production n’est pas de leur fait et que dans ce cas-là, en tant que société

commerciale, son intérêt est soit d’aller chercher des yearlings bien nés là où

ils sont, soit de faire du chiffre sans discernement et participer à

l’"assainissement" de l’élevage français en expédiant le plus grand

nombre possible de juments de valeur inférieure vers de petits pays d’élevage

en étant ainsi certains de ne plus voir leur production revenir sur les marchés

français. Mais en fait, à quoi tient la crise des ventes ?

• C’est

le non intérêt des clients étrangers pour nos produits franco-français

fabriqués au "supermarché national" ;

• c’est

l’idée que se font des ventes la plupart des acheteurs en entendant dire

"cette année, on va les acheter pour pas cher" !

• Mais

c’est surtout l’absence d’acheteurs français à nos ventes de yearlings !

Il est

effectivement un point majeur dans notre pays,c’est le renouvellement des

propriétaires ou tout simplement leur conquête. L’on fait beaucoup, à travers

le F.R.B.C. pour tenter de séduire les étrangers afin qu’ils viennent acheter

en France et les encourager à y laisser leurs chevaux à l’entraînement. Ce sont

des tentatives très louables, et toutes les personnes travaillant au sein de

cette entité sont d’un professionnalisme exemplaire, mais je ne suis pas

certain de l’efficacité de leurs actions. Le résultat, à part de très rares exceptions,

se limite bien souvent à l’arrivée aux ventes de petits entraîneurs des pays de

l’est ou du Maghreb se cantonnant à des achats marginaux à tous petits prix (la

plupart se faisant à perte pour les éleveurs) ! Le département propriétaires de

France Galop s’occupe le mieux possible de recevoir les propriétaires étrangers

ou français déjà existants, mais rien ou peu n’est fait pour tenter de trouver,

démarcher et convaincre de nouveaux propriétaires français. Je veux dire qu’il

n’y a pas de nouvelle politique innovante allant dans ce sens. Les moyens

financiers existent, et c’est un budget important qui est alloué chaque année

au F.R.B.C. et au département propriétaires par France Galop. Je suis ébloui

par la qualité de la brochure éditée par le F.R.B.C. en anglais pour vanter les

mérites de notre élevage et des courses françaises, mais ne devrait-on pas

commencer par tenter de séduire un panel de gens français très ciblés en

fonction de leurs moyens et Dieu sait s’il en existe ! Organiser des weekends avec

les épouses à Chantilly, à Deauville au moment des ventes ou ailleurs, les

emmener le matin à l’entraînement,  leur

faire partager la passion de la compétition avec des professionnels et des

propriétaires lors d’un dîner, les emmener aux courses l’après-midi, etc. Cent

nouvelles figures par an invitées, et même s’il n’en reste au bout du compte

que cinq, si ce sont cinq "Gérard Augustin-Normand", on aura gagné

beaucoup. C’est un budget de 30.000 à 40.000 euros par an maximum. C’est une

idée parmi d’autres, mais je suis convaincu qu’elle pourrait être plus efficace

que la plupart des opérations menées à l’étranger. De plus, elle aurait

l’avantage de redynamiser la filière française et, ainsi, entre autres points

positifs, peut-être ne plus voir d’entraîneurs très connus installés en France

obligés de s’expatrier faute d’avoir des chevaux à entraîner. Mon propos n’est

pas non plus de dire qu’il faut abandonner les actions menées à l’étranger,

mais cette démarche française me semble prioritaire. Revenant sur les ventes de

yearlings, et pour refermer ce chapitre, il me semblerait opportun de reprendre

des idées du passé basées sur les bienfaits de la mise en place de challenges

(courses bien dotées) pour les chevaux achetés au cours de ces ventes. Il faut

en revanche repenser le système de façon à le rendre plus attractif et visant,

peut-être, à concerner un plus grand nombre de courses. Dernier sujet dont

j’aimerais parler en quelques lignes et donc relativement succinctement, et

parce que je n’en suis pas un spécialiste, j’aimerais évoquer le problème des

primes allouées aux éleveurs et aux propriétaires, lesquelles sont étroitement

liées au programme des courses en dehors des modalités mêmes d’attribution. En

ce qui me concerne, je ne vois pas d’intérêt particulier à vouloir supprimer, à

titre de sanctions, les primes à l’éleveur aux "fabriqués" à

l’étranger ; je l’ai déjà évoqué plus haut, cela n’aura aucun caractère

dissuasif, et ce, d’autant plus que les choix d’étalons étrangers n’ont pas

actuellement de contrepartie satisfaisante sur le sol français. En revanche et

pour redynamiser les ventes de jeunes chevaux, yearlings, ventes de 2ans

montés, il me semblerait opportun, n’en déplaise à certains, de supprimer

toutes les primes propriétaires versées aux chevaux de 6ans et plus, hormis

pour les chevaux auxquels le handicapeur aura attribué une valeur de 35 et +

(ou restant à définir), c'est-à-dire pour les chevaux devant fournir les

partants des courses à support d’événements (Quintés et certains autres gros handicaps)

et bien entendu en conservant les primes pour les chevaux participant aux

courses dites de sélection (Listeds et Groupes). C’est une mesure vouée à

encourager les propriétaires à renouveler plus rapidement leurs effectifs en

participant plus activement aux ventes de yearlings, par exemple ; le montant

de ces primes supprimées devant être réparti sur des courses de jeunes chevaux

(2 et 3ans). Voilà à peu près tout ce que j’avais à dire. Et je souhaite bonne

chance à tous les candidats en espérant que le futur comité des éleveurs saura

faire preuve de dynamisme, d’innovations et que, quoi qu’il en soit, chacun

accepte de faire les concessions nécessaires à l’épanouissement de tous, petits

et grands, professionnels ou amateurs, tout en gardant à l’esprit, une fois de

plus, que les préoccupations des uns ne sont pas forcément celles des autres,

que des priorités économiques s’imposeront et que l’avenir de l’élevage

français passera nécessairement par des ambitions de niveau international. »