Guy petit : « je suis un fouineur qui travaille au feeling »

Autres informations / 18.03.2011

Guy petit : « je suis un fouineur qui travaille au feeling »

Depuis

l’ouverture du Festival de Cheltenham, le courtier français Guy Petit réalise

son propre festival. Il a acheté les gagnants de deux Gr1, Al Ferof et

Cheltenian et en a vu deux autres prendre de très bonnes places au même niveau,

Thousand Stars et Kalahari King. Il nous a livré le secret de sa réussite.

JOUR DE

GALOP. – VOTRE REUSSITE EST INSOLENTE A CHELTENHAM. AVEZ-VOUS ETE TRES

REPRESENTE LORS DU FESTIVAL 2011 ?

Guy

Petit. – Pas tant que ça, une dizaine de chevaux ont couru sur les trois

premières journées et, globalement, le premier bilan est extraordinaire. Dans

les Grs1, on a gagné deux fois, pris une deuxième et une quatrième places. On

s’attendait à ce que les chevaux courent bien mais pas à ce point là.

QUELLE

EST VOTRE METHODE DE TRAVAIL ?

Je

travaille avec un budget assez limité, ce qui m’oblige à parcourir la France

pour tomber sur quelque chose de bien. Je suis un fouineur et je ne dépense

jamais une fortune pour un cheval. C’est un peu ma fierté, d’ailleurs, quand ensuite

ils deviennent des champions. Je travaille surtout au feeling, par exemple,

quand j’avais acheté Mon Môme, il n’était pas vraiment dans son plus bel habit,

mais il me plaisait. Concernant mes achats à destination de l’Angleterre ou de

l’Irlande, je ne travaille presque jamais pour des propriétaires, je fonctionne

directement avec des entraîneurs, comme Ferdy Murphy, Venetia Williams, Phillip

Hobbs et eux dispatchent ensuite leurs achats avec leurs propriétaires. Ce qui

fait le bon fonctionnement de mon travail, c’est surtout que je me suis entouré

de professionnels compétents,  tant en

France qu’à l’étranger.

QUELS

SONT LES CRITERES POUR QU’UN CHEVAL SE PLAISE OUTRE-MANCHE ?

À ce

niveau, je ne vais rien inventer, ce sont les mêmes pour tout le monde. Il faut

des chevaux qui allient à la fois vitesse et tenue, avec du cadre et de

l’aptitude à l’obstacle. Les courses britanniques sont bien souvent beaucoup

plus rythmées qu’en France, il faut alors des chevaux résistants qui n’ont pas

peur de s’employer et qui sont capables d’encaisser les efforts.

PAR QUEL

BIAIS ACHETEZ-VOUS VOS CHEVAUX ?

Je n’ai

pas de préférence d’achat, je marche à l’instinct. Compte tenu de mon budget,

je ne me risque pas aux ventes d’août, auxquelles je préfère les ventes mixtes

de juillet. Mais j’achète partout, aussi bien des foals que des 2ans. D’autres

dans des courses "à réclamer" ou encore d’autres qui sont à

l’élevage. Je n’ai pas de règle d’achat, il faut juste que les chevaux me

plaisent. Par exemple, Al ferof est un cheval que j’ai acheté foal, Kalahari

King a été acheté à l’amiable, Cheltenian yearling et Thousand Stars "à

réclamer". Mais de toute façon, lorsqu’on achète un cheval, c’est toujours

par chance qu’il devient un champion. À partir du moment où vous avez acheté le

cheval jusqu’au moment où il va débuter, il peut se passer tellement de choses.

La chance est un facteur déterminant. Je sais que je fais plutôt bien mon

boulot, mais je ne sais jamais quand j’achète un cheval qui sort de

l’ordinaire.

QUELLE A

ETE VOTRE PLUS BELLE HISTOIRE D’ACHETEUR ?

J’ai

acheté beaucoup de chevaux, c’est difficile d’en sortir un plutôt qu’un autre.

Kalahari King fait partie de mes chevaux de coeur, parce qu’il est entraîné par

mon beau-père. Mon Môme fait évidemment partie des belles histoires. C’est un

cheval que je suis allé chercher au fin fond de la province, pour moi. Si on

m’avait dit ce jour-là que je venais d’acheter un vainqueur de Grand National…

Mon Môme n’est pas le meilleur cheval que j’ai acheté, mais il restera l’un des

chevaux de ma vie, le Grand National est une course légendaire et il l’a gagnée

très facilement. L’année suivante, il a même pris la troisième place du

Cheltenham Gold Cup ; il a ensuite connu des soucis, mais il reviendra

probablement l’année prochaine. Dans mon métier, il se passe parfois des choses

improbables et il faut être là à ce moment précis. En octobre 2009, aux ventes

Arqana, un frère de la légende vivante Kauto Star passe en vente. C’est un fils

de Priolo et un poulain très correct. Kauto Star a déjà remporté ses deux Gold

Cups, son frère Kauto Stone a remporté dix jours plus tôt un Gr2 à Auteuil et

pourtant, les enchères ne montent pas. À 20.000 €, il n’y a toujours personne

alors je lève le doigt et j’achète le cheval. Il est en Irlande désormais et

tout va pour le mieux. Il a 3ans, est assez précoce, ce qui doit venir de son

père et devrait débuter dans un bumper à 4ans.

AVEZ-VOUS

ENCORE QUELQUES BONNES CHANCES LORS DE LA DERNIERE JOURNEE DU FESTIVAL ?

Si on

m’avait posé la question avant le début du Festival, j’aurais répondu

qu’Houblon des Obeaux était ma meilleure chance de la semaine. Il s’engage

demain dans le Triumph Hurdle et j’y crois beaucoup, d’autant plus que la pluie

devrait l’avantager. Je pars d’ailleurs ce soir à Cheltenham, pour le voir

courir.