Les inbreedings gagnants des 2ans : laureats de stakes en france en 2010

Autres informations / 02.03.2011

Les inbreedings gagnants des 2ans : laureats de stakes en france en 2010

Nous

reprenons aujourd’hui notre étude des pedigrees des 37 gagnants de Stakes de

2ans en France en 2010. Cette fois, dans ce sixième chapitre, nous analysons

les inbreedings dont sont issus ces gagnants, et dont on retrouve le détail

dans le tableau page suivante : Étude réalisée par Thierry Grandsir

La

notion d’inbreeding correspond à la duplication d’un ascendant dans un pedigree

via au moins deux de ses produits. Par exemple, la gagnante du Grand Critérium

de Bordeaux (L) Doo Lang est dite inbred 4 x 4 sur Secretariat, ce dernier

apparaissant deux fois à la quatrième génération de son pedigree via deux de

ses filles, Weekend Surprise et Terlingua. Lorsque la duplication est située à

la cinquième génération ou au-delà, l’inbreeding est qualifié de linebreeding.

Par opposition, l’absence d’inbreeding qualifie les pedigrees dits outcross,

dans lesquels on ne trouve que des ascendants uniques. Il est aisé de se

convaincre de l’efficacité de l’inbreeding en dénombrant simplement les sujets

inbred au sein de l’élite. Chez nos 2ans gagnants de Stakes, la distribution

est la suivante :

20

gagnants de Stakes sont inbred en 4 x 4 ou inférieur (soit 54 %)

34

gagnants de Stakes sont linebred en 5 x 5 ou inférieur (soit 92 %)

Seulement

3 gagnants de Stakes sont outcross à 5 générations libres (8 %)…

Ces

chiffres, très proches de ceux que l’on obtient en compilant les résultats

classiques internationaux, situent clairement les meilleurs coursiers dans le

créneau des inbred à quatre ou cinq générations libres, et ce, dans des

proportions très nettement supérieures à celles de la production globale.

L’efficacité de l’inbreeding, connue depuis les origines de la race, se mesure

également par l’évolution significative du taux de gagnants inbred lorsque l’on

monte les échelons de la compétition. Le panel constitué par nos 2ans est

certes trop réduit pour pouvoir en tirer des conclusions fiables, mais le fait

que les trois seuls pedigrees outcross se situent au niveau Listed confirme ce

postulat, vérifié à plus grande échelle. Sommairement, l’objectif d’un

inbreeding consiste à augmenter la probabilité de retrouver dans le fruit d’un

croisement les gènes de qualité véhiculés par un ancêtre, en multipliant sa

présence dans le pedigree. On obtient ainsi une concentration génétique

synonyme de qualité, à condition : que le taux de consanguinité demeure

acceptable (faute de quoi des gènes récessifs rares, portés par des chromosomes

homozygotes, pourraient déclencher l’apparition de maladies génétiques); que

l’ancêtre dupliqué soit porteur des gènes désirables et à haut degré de

transmission.

NORTHERN

DANCER, ETERNEL TETE DE LISTE…

Parmi

nos 2ans gagnants de Stakes, les inbreeding se concentrent sur 24 sujets,

répartis entre :

16

ETALONS :

Northern

Dancer (31 citations)

Mr

Prospector, Native Dancer (5 citations chacun)

Buckpasser

(3 citations)

Nashua,

Raise a Native, Secretariat, Zeddaan (2 citations chacun)

Alydar,

Balidar, Hail to Reason, Lyphard, Never Bend, Nijinsky, Nureyev, Vilmorin (1

citation)

8

JUMENTS :

Natalma

(6 citations)

Special

(4 citations)

Tamerett

(2 citations)

intriguing,

Lalun, Miesque, Sly Pola, Where You Lead (1 citation)

Pas de

surprise, Northern Dancer arrive très largement en tête de nos statistiques.

Son omniprésence engendre maintenant des inbreedings quasi-inévitables, mais

pourquoi les éviter quant on sait que plus d’un gagnant de Gr1 sur trois est

inbred sur son nom, et que l’accumulation de ses citations ne génère aucune

saturation. La gagnante du Prix Yacowlef (L) Wizz Kid est bien là pour en

témoigner, Northern Dancer apparaissant quatre fois dans les cinq premières

générations de son pedigree ! Plus de trois gagnants de stakes sur cinq sont

inbred sur une jument…La position de Natalma en tête des juments dupliquées

n’est pas plus étonnante que celle de son fils Northern Dancer, puisqu’on la

trouve dupliquée à cinq générations libres dans le pedigree de 116 gagnants de

Gr1 depuis dix ans, soit près de un sur dix. On notera d’ailleurs au passage

que seize de nos jeunes gagnants sont inbred ou linebred sur une jument, soit

43 % du total ! Par comparaison, 21 % des gagnants de Gr1 de la dernière

décennie sont dans ce cas. Des chiffres très significatifs en faveur d’un sexe

qui n’a vraiment rien de faible !!! Quoi qu’il en soit, tous nos étalons et

juments dupliqués répondent au même critère : être porteurs de gènes de qualité

et à haut degré de transmission. On peut les classer en trois catégories

distinctes :  Les chefs de race ou reines

de course, dont la descendance s’est révélée ultra-classique (Northern Dancer,

Mr Prospector, Natalma, Special, etc.)

Les

champions devenus d’exceptionnels pères de mères, en partie via la grande

qualité de la jumenterie qui leur fut offerte (Buckpasser, Secretariat,

Alydar…). Les vecteurs de vitesse pure (Halidar et Vilmorin). Ces deux

derniers, appartenant à une catégorie où figurent également les noms de Relic,

Gold bridge, In Reality ou encore Grey Sovereign, furent d’excellents sprinters

(le premier remporta le Prix de l’Abbaye de Longchamp et le second les King’s

Stand Stakes). Bien que n’ayant pas figuré parmi les meilleurs reproducteurs de

leur temps, ils véhiculent tous deux des combinaisons génétiques dominantes de

vitesse pure, aptes à traverser les générations. Occasion pour nous de citer le

gagnant du Prix Morny (Gr1) Dream Ahead, inbred 5 x 4 sur Halidar, et surtout

le gagnant du Prix La Rochette (Gr3) My Name is Bond, qui sera notre focus de

la semaine…

MY NAME

IS BOND, SPEEDY BOND…

La construction

du pedigree de My Name is Bond est particulièrement saisissante. Sa quatrième

mère,  Powderhall, est inbred 4 x 2 sur

relic, un vecteur de speed au même titre que Halidar et Vilmorin. Elle fut

croisée à bay express, un arrière-petit-fils du même Relic, pour donner le jour

à Red Lory qui rencontra à son tour Cyrano de Bergerac, dont la mère est inbred

4 x 4 sur Vilmorin et porteuse du sang de Grey Sovereign. Makbul, père de mère

de My Name is Bond, apporte quant à lui deux courants du sang de Gold Bridge,

père de Vilmorin, via Denturius et Rough Shod II. Pour parachever le tout,

Monsieur Bond (père de notre sujet) apporte à la fois Relic (via une propre

soeur de Match, grand-père de Powderhall), deux courants de Vilmorin (sur

lequel sa mère est inbred en 3 x 3) et Grey Sovereign…Le tout génère un

cocktail assez détonnant (4 citations de Vilmorin + 6 de Gold Bridge + 4 de

Relic + 2 de Grey Sovereign), où les apports de vitesse pure, répétés de

génération en génération, ont abouti à un cheval de classe dont on attend avec

impatience les prestations en 2011 !!!

 86% DES GAGNANTS DE STAKES SONT CROSS-INBRED…

On parle

de cross-inbreeding lorsqu’un ascendant dupliqué apparaît au moins une fois

dans le pedigree du père et une fois dans celui de la mère. Exemple : la

gagnante du Prix La Flèche (L) Miss Liberty est dite cross-inbred 4 x 4 sur

Northern Dancer, ce dernier apparaissant chez chacun de ses parents. Au total,

32 de nos 2ans gagnants de Stakes sont cross-inbred, soit une très large

majorité (86%).Hormis les trois outcross Captain Chop, Darling Story et

Maiguri, les deux seules exceptions à cette formule sont Kagura et Maxios, dont

les duplications sont uniquement portées par le père (cas de Kagura), ou par la

mère (cas de Maxios).

CROISEMENT

"FORMULE 1"…

Le

principe du mode d’inbreeding appelé "formule 1" est simple : il

consiste à croiser un étalon et une jument émanant de la même famille

maternelle. Aux USA, les éleveurs de quarter horses sont très friands de ce

mode d’inbreeding, à l’origine de nombreux champions. Aucun de nos gagnants de

Stakes ne répond à ce critère, mais French Navy est issu d’une "formule

1" : sa mère, First Fleet, est en effet par un petit-fils de la jument

Intriguing, laquelle est également sa quatrième mère. First Fleet ne fut pas

une formule 1 en piste (bien que gagnante de Listed), mais elle semble

transmettre un sacré moteur au haras (deux gagnants de Groupe en six produits)

! Si on inverse la formule, en croisant cette fois une lignée mâle avec

elle-même, on obtient une solution "formule 2" plus facile à réaliser

sans être inefficace pour autant, douze de nos gagnants de Stakes (soit 1 sur

3) répondant à ce critère. 

CROISEMENT

MIXTE OU UNISEXE…

Les 58

duplications cross-inbred rencontrées dans les pedigrees de nos 2ans gagnants

de Stakes se répartissent comme suit :

18

mettent en présence au moins un fils et une fille du sujet dupliqué

34 ne

mettent en présence que des produits de sexe masculin

6 ne

mettent en présence que des produits de sexe féminin

La

formule semble en fait dépendre directement du sujet dupliqué, selon la

disponibilité et la qualité de sa production. Par exemple, on rencontre plus

facilement Alydar ou Secretariat via leurs filles, plus performantes que leurs fils

au haras, et Northern Dancer n’est quasiment jamais représenté par deux de ses

filles dans les pedigrees classiques !

DOUBLE

CROSS-INBREEDING : PLUS DE DEUX GAGNANTS DE STAKES SUR TROIS…

Ce sont

27 de nos gagnants de Stakes qui comptent au moins deux ascendants dupliqués à

cinq générations libres, soit plus de deux sur trois. On dénombre ainsi :

1

pedigree présentant 5 ascendants dupliqués

3

pedigrees présentant 4 ascendants dupliqués

7

pedigrees présentant 3 ascendants dupliqués

16

pedigrees présentant 2 ascendants dupliqués

7

pedigrees ne présentant qu’un seul ascendant dupliqué

Le

papier le plus fourni est sans conteste celui de la gagnante du Prix Isonomy

(L) Whip and Win, où s’additionnent les citations de Northern Dancer, Mr

Prospector, Never Bend, Miesque et Special…

Mais le

plus intéressant concerne incontestablement les modes de combinaison entre ces

différents inbreedings :nous vous donnons rendez-vous à la semaine prochaine

pour étudier les équivalences génétiques figurant dans les pedigrees de nos

2ans gagnants de Stakes.