La menace 2010 se transforme en opportunite pour le pmu

Autres informations / 11.04.2011

La menace 2010 se transforme en opportunite pour le pmu

 « Le PMU va bien. » Le message de Philippe

Germond, Président-directeur général du PMU, est clair. Après une année 2010

marquée par l’ouverture des paris sportifs et du poker en ligne, l’opérateur

historique peut se targuer d’un bilan positif. Deuxième opérateur mondial dans

le domaine des paris hippiques (derrière la J.R.A., Japan Racing Association),

et premier site internet de paris, hippisme, sport et poker réunis, le PMU a

réussi sa transformation. « Ce succès est dû à l’implication de toute l’entreprise»,

insiste Philippe Germond. Le PMU a en effet su s’adapter aux contraintes fixées

par la loi et affronter la concurrence. Le résultat net 2010 du PMU,

intégralement reversé à la filière, s’élève à 791 millions d’euros,  en hausse de 8 %. L’an dernier, il avait

chuté de 0,9 %. Au premier trimestre 2011, les enjeux ont progressé de 8,3 %,

avec une hausse de 3,8 % des paris hippiques. Le produit brut des jeux a quant

à lui augmenté de 3,8 %. Philippe Germond envisage une croissance du résultat

net pour l’année 2011 de l’ordre de celui enregistré en 2010. Malgré la

concurrence du poker et du sport, les enjeux hippiques ont progressé de 0,4 %

en 2010. « Une croissance modeste, concède Philippe Germond, mais à remettre

dans son contexte. Au niveau international, seuls deux pays peuvent se vanter

d’enregistrer une croissance de leurs enjeux hippiques en 2010. Il s’agit de la

Suède, avec une hausse de 0,9 %, et la France. Tous les autres sont en

décroissance. C’est donc une bonne performance. » La croissance enregistrée

dans tous les domaines a pu s’opérer grâce à trois piliers majeurs de

l’entreprise : un modèle économique solide, une mobilisation globale des

équipes, et une transformation profonde de l’image du PMU. « L’année 2010, que

l’on pouvait voir comme une année de menace, s’est en fait transformée en une

année d’opportunités, a conclu Philippe Germond. Tout en consolidant le pari

hippique, nous avons réussi notre diversification. Il existe encore des relais

de croissance à l’international. Les perspectives 2011 sont d’atteindre 10

milliards d’enjeux totaux, dont 1,2 milliard sur Internet. Nous avons un devoir

: le financement de la filière hippique. Nous espérons un résultat net en

croissance, dans le même ordre de grandeur que celle enregistrée en 2010. »

2011,

ANNEE HIPPIQUE

Philippe

Germond a clairement exprimé son souhait de mettre l’hippisme en tête des

priorités du PMU pour 2011. « On va forcer la marche sur l’hippique, et

capitaliser sur la surprise que nous avons su créer en 2010», explique-t-il.

Pour ce faire, l’offre de courses va continuer à se développer. « On remarque

que nous sommes encore dans une configuration où l’augmentation de l’offre

entraîne celle des revenus. » Les semi-nocturnes ont notamment connu un grand

succès, se situant dans une plage horaire où les parieurs sont plus

disponibles. L’offre sur les courses étrangères devrait être multipliée par

trois par rapport à 2010. De nouveaux produits vont également être proposés aux

parieurs. La tirelire du Quinté+ va passer à 5 millions d’euros les 13 de

chaque mois, à partir du 13 avril. Dès le 28 avril, le PMU va lancer sur

Internet le Quinté+ Flexi à 25 % de la mise de base. Puis, à partir du 12 mai,

les paris 2sur4 et Multi vont être déployés sur toutes les courses à plus de 14

partants. Enfin, un nouveau pari va voir le jour à la fin du second semestre.

EQUIDIA,

UNE MARQUE A 360°

Le

développement d’Equidia va de pair avec celui du PMU. La chaîne thématique est

devenue une vraie marque de média global, qui ne se borne pas à la télé, mais englobe

également un site internet, equidia.fr, une offre de vidéos à la demande, avec

Equidia vidéo, et une offre association le replay au direct avec Equidia watch.

Les taux d’audience affichés par la chaîne témoignent de sa bonne santé (1

million de téléspectateurs régulier, et 15 millions de foyers reçoivent

Equidia, ce qui la place dans le top 5 des chaînes thématiques). La croissance

des courses a nécessité la création d’une nouvelle chaîne à la rentrée

prochaine, pour laisser sa place aux sports équestres et aux documentaires.

LE POKER

Le PMU a

ouvert son offre au poker le 3 juillet dernier. Avec 6 % de parts de marché, et

un pic à 10.000 joueurs par jour (pour une moyenne de 8.000), le démarrage est

encourageant. Les efforts sont maintenant portés sur le marketing, avec la

création d’un team constitué de quatre joueurs reconnus sur le plan mondial.

Les objectifs sont le développement des parts de marché, par le biais des

tournois et d’offres exclusive, ainsi que le renforcement de la notoriété du

PMU.

L’ACCENT

MIS SUR LA FIABILITE TECHNOLOGIQUE

Historiquement,

le PMU est une société de technologies de pointe. Son système informatique,

avec 16.000 terminaux et 3.000 bornes interactives connectées en temps réel

dans les points de vente, 61 hippodromes reliés, et 500.000 clients Internet,

est au coeur du dispositif de pari. Le volume d’informations traitées équivaut

à celui d’une bourse de valeur. Un certain nombre de pannes informatiques ont,

ces dernières années, fortement pénalisé la prise de pari. Pour garantir un

système informatique "zéro défaut", le PMU a réalisé des

investissements importants en 2010, qui ont permis de diviser par cinq les

pertes de paris liées au dysfonctionnements informatiques. Le PMU continue

d’innover dans les technologies modernes. En décembre dernier, l’opérateur a

lancé une application hippique et sport sur les iPhone et iPad. D’autres

lancements de ce genre d’application vont avoir lieu d’ici la fin 2011.

LES

POINTS DE VENTE NE RESTENT PAS SUR LE BORD DE LA ROUTE

Les

points de vente, véritables éléments sociaux et culturels, ne sont pas oubliés

dans les projets de développement du PMU. Ils étaient au nombre de 11.000 l’an

dernier, et le PMU souhaite les développer à hauteur de 3 ou 4 %. Développement

et diversification, puisque outre les tabacs, points presse et points Pariez

Spot, le PMU a réalisé des tests dans vingt et un kiosques presse et vingt-sept

stations Total. D’autre part, le partenariat signé avec le football amateur,

intitulé Club House, a pour vocation de créer une synergie forte entre le monde

du football amateur et celui des parieurs. Les points de vente étant déjà le

siège de clubs de football ou de supporters sont au nombre de 700.

CAPITALISER

SUR UNE IMAGE METAMORPHOSEE

La

campagne de publicité lancée l’an dernier a marqué une étape et créé une vraie

surprise auprès du public.  Classée

deuxième campagne préférée des Français, elle a eu un effet boostant sur les

attributs du PMU, métamorphosant auprès du public l’image de l’opérateur.

Dynamisme, convivialité, modernité, innovation : autant de valeurs qui

n’étaient jusqu’alors pas synonymes de PMU. « En 2011, nous continuons dans la

même veine, a précisé Philippe Germond. Les films publicitaires créés pour

2011, les commandos du bonheur, reprennent les mêmes codes, celui de l’humour

et des jockeys, illustrent encore une fois notre volonté de placer le pari

hippique au centre de préoccupations pour 2011. »

UNE

ENTREPRISE RESOLUMENT TOURNEE VERS L’INTERNATIONAL

Si

Philippe Germond a souligné que la Suède et la France étaient les deux seuls

pays à afficher une croissance de leurs enjeux hippiques, il a aussi prévenu

qu’être un « îlot de bonheur au sein d’un monde morose » n'offrait pas un

statut satisfaisant. Le PMU a donc vocation à relancer l’activité hippique là où

elle est en péril. Outre l’offre des courses étrangères, le PMU commercialise

également les courses françaises à l’international. En masse commune, neuf

partenariats sont effectifs, pour une croissance de 13,5 % du C.A., alors que

49 partenariats sont signés en masse séparée, pour une hausse de 26 % du C.A. «

L’objectif est une croissance de 20 % à l’international », a confié Philippe

Germond. Pour ce faire, une plateforme de connexion pour les opérateurs en

masse commun va être créée. Le PMU cherche aussi à exporter le modèle français

dans les pays de tradition hippique pour redynamiser les filières locales. «

Cela peut aussi passer par l’acquisition de certains opérateurs étrangers,

ajoute Philippe Germond. Des dossiers sont à l’étude. »

LE

STATUT JURIDIQUE N’EST PAS UN PROBLEME AU QUOTIDIEN

À

l’évocation de la possible acquisition d’opérateurs étrangers, le problème du

statut juridique du PMU a été posé. En effet, un GIE ne peut que très peu

s’endetter. « Au quotidien, notre statut n’est pas un problème, a rassuré

Philippe Germond. La lutte contre le déficit de l’hippisme dans certains pays

passera par l’acquisition de certains opérateurs. Selon leur taille, notre

statut posera ou non un problème. Un changement de ce statut serait donc une

conséquence d’une évolution stratégique, mais pas une fin en soi. »

GENY,

UNE FILIALE AUTOMNE

Le 19

janvier dernier, le PMU a officiellement racheté au fonds d’investissement

Serenpidity les 50 % qui lui manquaient de Geny. « Pour que Geny fonctionne de

façon sereine, il fallait qu’il soit détenu à 100 % par un industriel. Mais

Geny reste une entreprise autonome au sein du PMU », a expliqué Philippe

Germond. Quant aux rumeurs de lancement d’un quotidien hippique, le PDG du PMU

n’a pas souhaité les commenter.

PMU :

LES CHIFFRES-CLES

Activité

2010 : 9,540 milliards d’euros : chiffre d’affaires du PMU (+ 2,6 %)

928

millions d’euros : total des enjeux Internet (+ 39 %)

9,342

milliards d’euros : total des paris hippiques (+ 0,4 %)

Dont

points PMU : 8,324 milliard d’euros (+ 0,1 %)

Dont

Internet : 730 millions d'euros (+ 9,4 %)

2,371

milliards d’euros : produit brut des jeux (+ 1 %)

791

millions d’euros : résultat net total (+8 %)

Chiffres

au 31 décembre 2010

 

CHIFFRES-CLES

2010

11.000

points PMU

36.000

connexions simultanées

500.000

clients Internet

10

millions de visiteurs uniques

643

millions de tickets Quinté+ joués

3

milliards de transactions

 

ACTIVITE

PREMIER TRIMESTRE 2011

2,577

milliards d'euros : chiffre d’affaires (+ 8,3 %)

318

millions d'euros : enjeux Internet (+ 56,8 %)

2,471

milliards d'euros : enjeux hippiques (+ 3,8 %)

629

millions d'euros : produit brut des jeux total (+ 3,8 %)

56

millions d'euros : produit brut des jeux Internet (+ 20,5 %)

Chiffres

au 31 mars 2011

 

LES

PARIS SPORTIFS

L’an

dernier, à la même époque, Philippe Germond annonçait deux objectifs dans le

domaine sportif : être parmi le top 3 des opérateurs de paris sportifs proposer

une offre la plus large possible et la plus compétitive dès le jour J de

l’ouverture du marché. Avec un C.A. de 44 millions d’euros, et 10 % des parts

de marché, le PMU s’est inscrit dans le top 4 des opérateurs de paris sportifs.

Les chiffres du premier trimestre 2011 font état d’une progression des parts de

marché (14 %), ce qui le situe dorénavant dans le top 3. L’objectif avoué de

2010 a donc finalement été atteint dans les premiers mois de 2011. Le

partenariat avec Paddy Power fonctionne bien. La marge de progression est

cependant encore large, et Philippe Germond concédait que l’activité

"sport" n’était pas encore bénéficiaire. « Nous ne gagnons pas encore

d’argent sur le pari sportif, mais comme toute nouvelle activité, elle a

vocation à devenir profitable. On mise sur un équilibre en année trois. » À

court terme, c’est-à-dire pour 2011, les objectifs se situent dans l’accroissement

du nombre de parieurs, avec le développement du live-betting et celui de la

vidéo live, véritable outil au service du parieur et donc facteur de

live-betting.

UN

MARCHE EN DEÇA DES PREVISIONS

Comme

l’ont souligné nos confrères du Figaro dans leur édition de lundi 11 avril, les

chiffres générés par le marché des paris sportifs sont largement en deçà des

prévisions. Pour Philippe Germond, la clé ne réside pas dans le déplafonnement

du taux de retour parieur. « Ce n’est pas le sujet, confirme-t-il. Pour

illustrer, je citerai deux exemples. D’abord le taux de retour au parieur dans

le domaine hippique, qui était de 82 % en 2010 et va s’établir à moins de 80 %

en 2011. Cela ne nous empêche pas de gagner des parts de marché en hippique.

Ensuite, le cas de l’Italie : leur marché des paris sportifs va très bien, avec

un taux de retour inférieur à 80 %. Le déplafonnement n’apportera donc pas le

dynamisme souhaité. Selon moi, et comme ce que l’on a constaté pour l’hippique,

la croissance des paris sportifs passera par le développement de l’offre. Nous

devons développer l’offre sur les sports les plus visibles, et sur les paris

handicaps. Le rugby, par exemple, ne représente que 5 à 6 % des prises de

paris, car il est amputé des paris handicaps. » Pour résumer, le levier de

croissance ne se situerait pas dans la fiscalité, mais dans l’offre proposée.

« LUTTER

CONTRE L’ILLEGALITE DANS LE SPORTIF »

« Le

développement des paris sportifs passe aussi par la lutte contre les sites

illégaux, a martelé Philippe Germond. Si l’on combattait ces sites, certains

gros parieurs retourneraient dans la légalité. Je ne comprends pas pourquoi

aucune procédure n’est lancée contre ces sites. »