Si erbray m’etait conte...par clementine chatillon

Autres informations / 01.07.2011

Si erbray m’etait conte...par clementine chatillon

Quiconque

croise Jacqueline de Pontbriand sur son chemin ne reste pas indifférent à son

regard pétillant, son oeil vif, son sourire…Toujours entourée de ses neveux ou

nièces qui partagent sa passion*, cette femme célibataire a épousé la cause du

cheval. Impeccable et élégante comme il se doit aux courses, même si elle est «

sur le pont » de bon matin pour déplacer les lices et orchestrer les opérations

! Après une carrière de monitrice d’équitation, elle succède à son père Michel,

en 1996, à la présidence de la Société des courses d’Erbray. Il en a tenu les

rênes durant 51 ans tout en assurant conjointement la présidence de la Société

des courses de Châteaubriant durant 38 années. Un sacerdoce ! La première

réunion organisée à Erbray l’a été en 1901. En 1989, Michel de Pontbriand

entreprend le transfert de l’hippodrome à l’extérieur du village, sur le site

des Bigodières. Il a même acquis une partie des terrains à ses frais pour que

le projet se réalise…Aujourd’hui classé deuxième catégorie, l’hippodrome d’Erbray

est charmant et champêtre. Il se pare de ses plus beaux habits à la fin juin

pour accueillir ses trois réunions annuelles. Cette entreprise est possible

grâce au travail de 80 bénévoles, qui se transmettent souvent le flambeau de

générations en générations. Jacqueline, qui est à leur tête, ne compte pas les

heures où elle se rend à Erbray pour réparer les haies (à quatre pattes dans

l’herbe), changer les lices, planter des haies, superviser la réalisation du

boxe du salivarium, arroser la piste… Un travail de longue haleine qui porte

ses fruits puisque le PMU n’hésite pas à organiser à Erbray des courses PHH.

Sur l’hippodrome, la recette provient essentiellement de ce que j’appellerai

les produits dérivés. Pour cela, la moitié des bénévoles enfile son tablier

pour assurer la réalisation de galettes (la Bretagne n’est pas loin !). Sans

oublier le cidre et le vin nécessaires à désaltérer le public… et le personnel.

Le soir, Jacqueline réunit tout ce petit monde autour d’un banquet pour les

remercier. Mais, en début de meeting, la prochaine réunion a parfois lieu le

lendemain ; il faut reboucher les trous après le souper. C’est Jacqueline et sa

garde rapprochée qui s’attellent à cette tache. Heureusement, fin juin, les

jours sont très très longs dans l’Ouest de la France ! Tous cohabitent même

s’il faut ménager encore plus ce personnel que seule la reconnaissance

rétribue. Malheureusement les générations suivantes ne sont pas toujours là

pour assurer la relève. Certains d’entres eux m’ont exprimé leurs craintes

quant à la survie de ces journées mais se rassurent cependant grâce au nombre

grandissant de partants et à l’enthousiasme de leur présidente. Ainsi si vous

vous égarez sur une petite route de la Loire-Atlantique, entre Angers et

Nantes, arrêtez-vous à Erbray. Cela vaut le détour !

* Ce

sont eux qui ont baptisé son petit chien « Ascot »