Comment redonner des couleurs a l'elevage français ?

Autres informations / 06.10.2011

Comment redonner des couleurs a l'elevage français ?

Par

François Doumen, éleveur et entraîneur, membre de l’Association des entraîneurs

propriétaires

Toute la

difficulté d'une réforme du système actuel réside dans le fait qu'il faut

mettre les moyens pour tirer notre élevage vers le haut tout en n'oubliant pas

les objectifs de recette du PMU. Nous savons tous que ladite recette est

essentiellement générée dans les courses support de paris à la carte (TQQ,

Multi, 2sur4, etc.) par les chevaux moyens mais pour la plupart réellement

français. Certains se plaisent à dire que le malaise des socioprofessionnels

(éleveurs et entraîneurs) viendrait d'une mauvaise gestion, mais si les

entraîneurs ne consentaient pas à s'associer avec des investisseurs ou des

éleveurs, bon nombre de produits ne seraient pas entraînés et resteraient sur

les bras des éleveurs, même de certains grands. Pour améliorer l'élevage

français, il faut attirer de bons étalons et conserver nos champions sur notre

sol. Pour cela, il faudrait passer par une réduction importante des primes aux

propriétaires et aux éleveurs pour les chevaux conçus à l’étranger et

considérés comme assimilés. Bien sur, l'application de cette réforme devra se

faire dans un délai raisonnable, mais il n'est pas normal d'accorder un pareil

"avantage fiscal" sans contrepartie ni contrainte. Le système actuel

fait indirectement la promotion d'étalons stationnés dans des pays étrangers.

Nous proposons d'affecter les sommes ainsi récupérées, soit environ 5 à 7

millions d'euros par an, à l'augmentation des allocations qui entraînera

mécaniquement l’augmentation des primes aux éleveurs et propriétaires. Mais on

n'aura rien sans rien. Ceux qui se plaignent de manquer de bons étalons,

devront être prêts à payer les saillies plus cher, à participer aux

syndications éventuelles et surtout à faire le ménage chez eux, en

sélectionnant les poulinières, car sans une bonne jumenterie française, on ne

peut aspirer à de meilleurs étalons. Ce besoin d'étoffer la jumenterie

française, passe également par un meilleur programme pour les bonnes juments

d'âge qui sont trop souvent vendues à 3ans, faute de débouchés ensuite. Grâce à

tous ces efforts, nous inciterons les grands propriétaires et les grands

éleveurs à garder sur notre sol les bons étalons et nous verrons probablement

des investisseurs étrangers envoyer des étalons de qualité faire la monte en

France. Alors, tout le monde profitera de ces fameuses primes, mieux

distribuées, ce qui ne nous empêchera pas, comme par le passé, d'acheter en

toute connaissance de cause, des yearlings made in GB, IRE, GER ou USA.