Ryan curatolo : un reve americain devenu realite

Autres informations / 17.01.2012

Ryan curatolo : un reve americain devenu realite

Ce lundi soir à Beverly Hills, aura lieu la cérémonie des

Eclipse Awards, les "Oscars" du monde des courses américaines. Parmi

les nominés, un Français, Ryan Curatolo, va concourir pour le titre de meilleur

apprenti aux États-Unis. Un rêve pour le jeune homme de 19 ans, parti au pays

de l’Oncle Sam en espérant simplement monter le matin…

 

Né à Marseille, Ryan Curatolo fréquente régulièrement

l’hippodrome de Borély avec son père, pour lequel il engage des paris. Après

l’école, c’est sa destination fétiche. Encore très jeune, il a déjà une idée

bien arrêtée pour son avenir : il veut devenir jockey. Un jour, à la faveur

d’une rencontre avec le directeur de Borély, Ryan prend conscience que son rêve

peut devenir réalité. L’homme lui explique qu’il a tout pour être jockey : il

est petit et léger. Ryan nous raconte : « À l’âge de dix ans, j’ai fait un

stage de découverte à l’Afasec de Cabriès grâce à mon père. Mais j’étais trop jeune

et ils m’ont dit de revenir quatre ans plus tard. À quatorze ans, j’ai donc été

accepté à Chantilly. J’ai effectué tout mon apprentissage chez David Smaga.

Mais je n’ai pas beaucoup monté et je suis parti en juillet 2010 à Miami, pour

des vacances, tout en espérant monter à l’entraînement le matin. » Le jeune

jockey va cependant faire bien plus que préparer les chevaux le matin. En

quelques semaines, les entraîneurs locaux lui confient de plus en plus de

montures, bien qu’il soit étranger et ne parle que très peu anglais. Il nous

confie : « Tout s’est emballé, je me suis mis en selle en course quelques

semaines après mon arrivée, après avoir travaillé chez plusieurs

professionnels. En effet, le 24 octobre, j’ai monté ma première course aux

États-Unis. » Nous sommes alors à Calder, en Floride, et, rapidement après son

arrivée, Ryan remporte sa première course. Par la suite, il monte aussi à

Gulfstream Park et les kilos de sa décharge diminuent rapidement, signe de sa

fulgurante progression.               

 

un nouveau protéGé de patriCk BianCone

Les bons résultats s’enchaînent et Patrick Biancone remarque

le jockey marseillais : « Par la suite, j’ai été contacté par Patrick Biancone

pour travailler ses chevaux, nous avoue le jeune pilote. Il m’a tout appris :

monter à l’entraînement comme en course. Il m’a donné aussi

de la confiance pour être "relax" à cheval. Enfin,

il m’a présenté à un grand propriétaire new-yorkais, Carl Lizza. Ce dernier m’a

proposé un contrat de premier jockey que j’ai accepté. » Sous l’aile de Patrick

Biancone, Ryan Curatolo apprend et progresse à grand pas, comme de nombreux

grands pilotes ayant goûté à l’école du professionnel français, à l’instar

d’Olivier Peslier, Dominique Bœuf, Gérald Mossé, Éric Legrix, William Mongil et

surtout Julien Leparoux, qui évolue lui aussi aux États-Unis.

 

Sur les traces de julien leparoux

D’ailleurs, comme Ryan, Julien a été nominé aux Eclipse

Awards. D’abord en tant qu’apprenti puis en tant que jockey. Et, à chaque fois,

il a obtenu la récompense, respectivement en 2006 et 2009. Ryan est donc sur la

bonne voie avec Patrick Biancone et l’appui du propriétaire Carl Lizza (Flying

Zee Stable), qui

compte parmi les plus puissants sur le circuit

nord-américain. Et si le propriétaire est décédé en juillet 2011, son écurie a

survécu. Elle est basée à New York et Ryan Curatolo a quitté la Floride pour la

grande ville américaine. C’est d’ailleurs sur l’un des hippodromes régis par la

New York Racing Association qu’il enlève son premier Groupe, avec Street Game

dans les Hill Prince Stakes (Gr3), à Belmont Park. Il fait alors preuve d’une

science du train exceptionnelle, en mettant le peloton au pas, avant de lâcher

ses rivaux dans la ligne droite.

 

la nomination aux eclipse awards

Avec cinq Stakes dans la poche, et cent trente-six succès,

Ryan Curatolo a connu une ascension incroyable, imposant une domination sans

partage chez les apprentis new-yorkais. En fin d’année, il a également

participé au Breeders’ Cup Juvenile Fillies’ Turf (Gr2), en selle sur pure

Gossip, une pouliche de l’Écurie Flying Zee, avec laquelle il a terminé

septième. Une première expérience qui témoigne de la reconnaissance du pilote.

Le jeune homme en est conscient. Mais le plus beau est

arrivé lors de la nomination pour les Eclipse Awards : « En 2011, j’ai été

sélectionné parmi les trois meilleurs apprentis des États-Unis en lice pour les

Eclipse Awards. J’ai eu beaucoup de chance l’an dernier et je suis très fier

d’avoir atteint mon but jusqu’aux "Eclipse", en ayant gagné sur de

nombreux hippodromes américains. Pour y arriver, j’ai eu l’appui de mon père,

de Patrick Biancone et de Carl Lizza. Être sélectionné parmi les meilleurs

apprentis américains, alors que je suis français, est la plus belle chose au

monde. »

 

Ryan Curatolo a-t-il une recette pour le succès ? Tous les

jockeys étrangers venus chercher la gloire aux États-Unis n’y ont pas forcément

réussi. Il nous a précisé : « La recette du succès aux États-Unis ? C’est de

rester positif et simple, tout en travaillant. Il faut aussi croire en ses

rêves. » Ryan Curatolo souhaite maintenant continuer sur sa lancée et

progresser pour arriver au sommet, à l’image de son modèle, Lanfranco Dettori.

 

ryan Curatolo en ChiFFreS

Né le 29 avril 1992 à Marseille 136 victoires aux États-Unis

5 succès de Stakes, dont les Hill Prince Stakes (Gr3), avec Street Game

 

 

ILS PARLENT DE RYAN

patriCk BianCone : Entraîneur, formateur de Ryan Curatolo

« Ryan a commencé à monter un peu pour moi l’hiver dernier,

en Floride. Cela a tout de suite bien fonctionné, d’autant qu’il a beaucoup de

talent. J’ai appelé David Smaga et il m’a dit que c’était un bon garçon,

travailleur, qui avait du potentiel. Ensuite, j’ai introduit Ryan auprès de

Monsieur Lizza qui avait une grosse écurie, et c’était parti ! Il est difficile

de le comparer à Julien Leparoux. C’est un exercice délicat, comme pour les

chevaux. Je dirais simplement que Julien était plus mature puisque, quand il a

réussi aux États-Unis, il avait déjà 22, 23 ans alors que Ryan n’en a que 19.

Aujourd’hui, il est dans le top 3 à New York, et, bien qu’il continue de monter

pour Flying Zee Stables, il se met désormais en selle pour tout le monde. Je

n’ai pas de méthode particulière pour sortir des bons jockeys. C’est comme pour

les bons chevaux, quand on a eu un, on en a un autre et tout s’enchaîne. Le

tout, c’est d’avoir face à vous des personnes talentueuses et réceptives à ce

qu’on leur dit, qui assimilent ce qu’on leur explique. »

 

Carl lizza : Propriétaire de Flying Zee Stables

« Ce gosse a vraiment beaucoup de talent. Je l’ai vu

commencer son ascension en Floride. Patrick Biancone entraînait pour moi et il

avait propulsé Julien Leparoux en haut de l’affiche. Et il m’a dit que Ryan

était aussi bon que Julien. J’ai donc décidé de le prendre comme premier

jockey. »

 

ChriStophe Clément

Pour lui, Ryan s’est imposé à plusieurs reprises.

« Ryan est très bien posé à cheval. Il a une bonne main et

je peux parler avec lui, ce qui est superbe. Il faut espérer maintenant qu’il

suive tous les conseils qu’on lui donne pour effectuer une grande carrière. »