Un week-end sur la route des étalons

Autres informations / 30.01.2012

Un week-end sur la route des étalons

Samedi

28 et dimanche 29 janvier a eu lieu la troisième édition de la Route des

Étalons. Vingt-sept étalonniers ont joué le jeu et ont présenté près d’une

centaine de sires aux nombreux éleveurs qui se sont déplacés sur les routes de

Normandie.

De la

Manche jusqu’à la Sarthe, en passant par le Calvados et l’Orne, plusieurs

centaines d’éleveurs ont sillonné les routes qui mènent aux 27 haras de la

Route des Étalons. D’un avis général, l’événement organisé par Christine

Dutertre, la directrice du haras du Mézeray, a été une franche réussite. « Cette

route n’a de sens que par la présence des éleveurs qui jouent le jeu, nous a

confié la principale organisatrice. Ils sont les principaux acteurs de

l’événement et tout s’est passé sans retenue ni timidité. C’est le secret de la

réussite de ce rendez-vous. Les gens sont décontractés et reviennent chaque

année. » L’événement d’élevage fête sa troisième année d’existence et s’est

déroulé sous le signe de la convivialité. Chaque haras a réservé un accueil de

choix à ses visiteurs, qui ont passé un week-end inoubliable. « Nous n’avons

que très rarement l’occasion et le temps de découvrir les étalons, nous a

confié un éleveur belge. Ce week-end nous permet de gagner du temps et de

passer un moment très agréable. » Les visites des haras ne se résument pas qu'à

une présentation d’étalons, c’est aussi et surtout un moment de partage, un

instant privilégié pour le commerce. « Cette année nous avons eu très peu de

touristes et de promeneurs, explique Christine Dutertre. Sur les 250 personnes

qui sont passées au haras du Mézeray, nous n’avons eu que quatre curieux. Les

personnes qui se sont déplacées étaient pour la plupart des éleveurs et elles

sont venues dans un but précis. » Dans chaque haras, les éleveurs ont demandé à

voir tous les étalons, sans afficher de préférence avant leur présentation.

Mais, dans chaque haras, certains étalons impressionnent plus que les autres.

Au haras d’Etreham, l’entrant Wootton Bassett a reçu un bon accueil. « Il a

déjà un peu changé par rapport au mois de décembre lorsque nous l’avons

présenté à Deauville, nous a dit Nicolas de Chambure. C’est un cheval élégant

et précoce qui attire l’oeil et plait aux éleveurs. » Mais la star du haras,

c’est Elusive City, qui impressionne beaucoup les éleveurs par son modèle. «

Elusive City a le profil type de l’étalon américain. Il est grand, massif,

compact et dégage beaucoup de puissance. » Chez la famille Head, au haras du

Quesnay, Youmzain a fait parler de lui : « Il a eu beaucoup de visites,

confirme Vincent Rimaud, ce qui est normal parce qu’il avait reçu un bon

accueil l’année dernière. Il faut dire que c’est un très beau cheval et que son

souvenir en piste est encore bien ancré. » Le Quesnay n’était ouvert que le

samedi et pourtant, « nous avons ouvert nos portes le dimanche, poursuit

Vincent Rimaud. Les éleveurs avaient envie de venir voir les étalons. C’était

logique de leur ouvrir à nouveau les portes. »

Dans

l’Orne, au haras de Grandcamp, Coastal Path, le demi-frère de Martaline, a

séduit les éleveurs. « Il a impressionné par son physique, raconte Éric

Lhermite. Never on Sunday a aussi rappelé de bons souvenirs aux éleveurs

attachés à Kendor. Ils se ressemblent beaucoup. Evasive avait reçu un bon

accueil l’année dernière. Il a changé physiquement et dégage beaucoup de

puissance. Vision d’État, qui est arrivé la même année, a lui aussi beaucoup

changé, il a été parfait tout le week-end. » Bien plus à l’ouest, dans la

Manche, au haras de la Hêtraie, Silver Frost a aussi fait déplacer les foules.

Très tôt le samedi matin, les éleveurs sont venus le voir ou le revoir. Mais

celui qui a impressionné par son physique, c’est le nouvel entrant

Shakespearean. Des étalons, les éleveurs en ont vus de toute sorte. Des grands,

des moins grands, des dormeurs, mais aussi leur contraire, à l’instar de Desert

Style, l’étalon du haras du Hoguenet. Paré d’une muselière, Desert Style peut

être un danger pour tout le monde. « C’est l’un des meilleurs étalons

européens, explique Anthony Baudouin, mais il ne faut surtout pas le lâcher du

regard. C’est un vrai méchant. Il a d’ailleurs déjà failli me couper un doigt.

»

DES

ETRANGERS SUR LES ROUTES

La Route

des Étalons n’est pas réservée qu’aux éleveurs français. Sur les routes des

haras, nous avons pu admirer un défilé de plaques d’immatriculations

étrangères. Des éleveurs anglais, irlandais, allemands, belges, espagnols,

suisses et mêmes russes, ont parcouru les différentes étapes de la Route des

Étalons. FRANCE GALOP SUR LA ROUTE DES ETALONS

L’édition

2012 de la Route des Étalons a aussi vu la présence d’un groupe de nouveaux

propriétaires de chevaux de course, encadré par le département propriétaire de

France Galop. C’est un groupe de vingt-cinq personnes qui a visité les haras, à

la découverte de ce qui est à l’origine de leur nouvelle passion. Cette

initiative est à souligner à un moment où l’élevage est dans la difficulté. Un

événement comme celui ci peut s’avérer être un déclencheur de passion, ou tout

du moins la renforcer. « C’est la première opération de l’année du département

propriétaire de France Galop, nous a confié Isabelle Sepulchre, la responsable

du service. Nous sommes partis samedi matin dans un petit bus avec les nouveaux

propriétaires agréés l’année dernière. Nous avons visité le haras du Quesnay

dans la matinée, avant de déjeuner à Deauville, pour poursuivre l’après-midi

par la visite du haras du Logis et du haras du Mézeray. Ç'a été un franc succès

et on nous a déjà demandé de reproduire l’événement. Nous avons décidé de faire

plus d’actions de ce type cette année et de faire moins de réceptif. »