Georges rimaud : « pourquoi les aga khan studs ont demissionne du syndicat des eleveurs »

Autres informations / 29.06.2012

Georges rimaud : « pourquoi les aga khan studs ont demissionne du syndicat des eleveurs »

Jeudi

après-midi, le Syndicat des éleveurs était réuni à Boulogne. Le sujet de la

réforme des primes a évidemment occupé une grande partie des débats. Directeur

des Aga Khan Studs, Georges Rimaud a annoncé que son entité quittait le

Syndicat. Il nous explique pourquoi.

JOUR DE

GALOP. – D’APRES NOS INFORMATIONS, VOUS AVEZ DEMISSIONNE CET APRES-MIDI DU

SYNDICAT DES ELEVEURS. EST-CE EXACT ET POUVEZ-VOUS NOUS EXPLIQUER POURQUOI ?

Georges

Rimaud. – C’est vrai. Nous avons démissionné parce que nous ne nous sentons

plus représentés dans les actions du syndicat, puisque la décision qui a été

votée lundi au conseil d’administration de France Galop a été votée à

l’unanimité. Cela signifie donc qu’elle a été votée par les représentants du

Syndicat des éleveurs qui assistaient au conseil d’administration. Ne nous

sentant plus représentés, nous préférons démissionner pour l’instant… jusqu’à

une possible prochaine concertation.

AU-DELA

DE CELA, SUR QUOI PORTE VOTRE CRITIQUE ?

Je ne

parlerai pas aujourd’hui de tous les aspects de fond, à chaud, mais je note que

la réforme mise au vote n’a permis aucun débat, puisqu’elle n’était pas

annoncée comme telle. Le processus démocratique d’usage dans l’institution n’a

pas été respecté puisque certaines décisions, qui n’ont pas été débattues, ont

été prises.

ON

ENTEND QUE D’AUTRES ELEVEURS VONT VOUS SUIVRE. CONFIRMEZ-VOUS CES INFORMATIONS

?

Je crois

que d’autres que nous ont eu la même réaction concernant des mesures qui ont

été votées alors qu’elles ne correspondent pas à leur vision de l’élevage. Si

d’autres personnes vont sans doute démissionner, je crois que c’est parce

qu’elles ont le sentiment de ne pas être représentées. Mais vous devez leur

poser la question à elles, pas à moi ! À ce sujet, je tiens à préciser que les

propos que je tiens aujourd’hui n’engagent que moi et l’entité que je

représente. Je ne suis, en aucun cas, le leader d’un groupe qui fait

dissidence. Il ne faut pas se tromper sur ce point. Je représente uniquement

les Aga Khan Studs, qui ont le sentiment de ne pas être écoutés au sein des

instances du Syndicat des éleveurs et en tirent donc toutes les conséquences.

N’allez pas faire de moi ce que je ne suis pas. Dans le débat, j’ai d’ailleurs

été assez modérateur.

VOTRE

VOIX N’ETAIT PAS ECOUTEE ? VOUS ETIEZ POURTANT ELU AU SYNDICAT…

Lors de

la réunion de jeudi au syndicat, j’ai dit ce que j’avais à dire, comme à chaque

fois. J’espère d’ailleurs que mes propos seront repris dans le compte-rendu qui

va être fait de cette réunion. J’ai proposé des idées pour évoluer mais il

semble que cela n’intéresse pas grand monde. C’est pourquoi je me pose la

question : « Pourquoi sommes-nous au Syndicat des éleveurs aujourd’hui, si

ceque nous disons n’est jamais considéré ? »

ALLEZ-VOUS

RECREER UN NOUVEAU SYNDICAT ?

Si les

personnes qui pourraient démissionner veulent s’organiser, elles le feront

peut-être, mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui. Le sujet, c’est que la

mesure qui a été prise nous semble destructrice d’un modèle économique qui

fonctionne. Changer ce système sans réels arguments économiques nous semble

donc totalement malvenu.

D’AUTRES

ELEVEURS POURRAIENT SUIVRE…

D’après

nos informations, d’autres éleveurs ou haras pourraient démissionner rapidement

du Syndicat des éleveurs, étant en désaccord avec la réforme votée lundi à

France Galop. Deux points sont particulièrement critiqués : le concept de «

conçus » (qui remplace celui de « nés et élevés ») et le plafonnement à 10 % de

la prime pour les assimilés. Parmi les noms entendus, figureraient notamment

les Wertheimer, le Haras d’Etreham, le Haras du Mézeray, le Haras de

Saint-Pair, et d’autres encore.

LES

ELEVEURS ANGLAIS "PRIMENT" LEURS COURSES

Jeudi,

le Thoroughbred Breeders' Association (T.B.A.) a annoncé une nouvelle mesure :

un fond de 5.000.000 £ va être distribué sous forme de primes afin de pallier

le faible niveau des allocations en Angleterre. Présidente du T.B.A., Kirsten

Rausing a détaillé au cours de cette réunion le BOBIS, qui est le système

d’incitation pour les éleveurs et les propriétaires britanniques : « C’est un

système fait pour être transparent et simple pour les éleveurs et les

propriétaires qui vont vite en comprendre les avantages. Il reconnaît et

récompense la contribution des propriétaire-éleveurs et encourage la

conservation des pouliches, dans le but d’avoir une augmentation du nombre de

poulinières sur notre sol au cours des cinq prochaines années » Cette prime a

été imaginée par Julian Richmond-Watson, Paul Greeves, Grant Pritchard-Gordon

et Louise Kemble. Son but est d’augmenter de 25 % les allocations reçues. Cette

augmentation se repartie pour 70 % aux propriétaires et 30 % aux éleveurs. La

prime est réservé aux poulinières qui sont enregistrées auprès de Weatherbys

comme basées en Angleterre. Celles qui sont présentées à un étalon étranger sont

éligibles si elles sont basées en Angleterre. Les éleveurs vont devoir payer

150 £ par foal pour qu’il soit éligible à cette prime, tandis que les

propriétaires paieront, eux, 250 £ dès que le cheval atteint 2ans.