Geneviève neveux

Autres informations / 04.07.2012

Geneviève neveux

Réaction

de Geneviève Neveux, éleveur et propriétaire, à la décision de France Galop sur

la modification du système de primes propriétaires et éleveurs

« Suite

à la décision du conseil d’administration de France Galop, la virulence des

réactions de certains grands haras ou de leurs représentants me laisse

perplexe. Et curieusement, elle semble se focaliser sur la prime à l’éleveur,

alors que le grand enjeu, pour les juments allant à la saillie à l’étranger,

était le maintien de la prime propriétaire, ce qui est acquis du moment

qu’elles restent sur le territoire français plus de 6 mois. De plus, la

modification du mode d’attribution de ces primes devrait les favoriser, eux qui

ne courent que relativement peu leurs 2ans et font faire à leurs chevaux

l’essentiel de leur carrière à 3 et 4ans. Ils devraient donc être largement

gagnants, avec une mesure qui va dans le sens de la préservation des chevaux,

ce qui est excellent. Le grand débat concerne donc la prime à l’éleveur, plus

précisément la surprime aux chevaux conçus en France, c’est-à-dire 5 % des

gains des chevaux en question (15 % pour les "conçus" contre 10 %

pour les "assimilés"). Il est vrai que c’est la première fois que

l’on applique cette notion de "conçus" et "non conçus",

hautement symbolique… À titre personnel, j’aurais préféré que la prime

propriétaire (et donc la prime à l’éleveur) soit réservée aux chevaux nés sur

le territoire français, et donc de suffixe "FR", comme cela avait été

proposé par le Syndicat des éleveurs à l’origine. Cela aurait amené une

réorganisation des échanges et une très probable diminution du nombre de

juments allant à l’étranger, ne serait-ce que pour des raisons d’organisation

et/ou de délai (le poulain devant naître en France). Mais ce n’est pas cela qui

a été décidé par France Galop et nous avons donc cette surprime de 5 % pour les

chevaux issus d’un étalon basé en France, qui ne mérite pas en soi de telles

réactions. Quant à l’obligation pour les juments de rester en France plus de 6

mois, elle ne devrait pas gêner les haras, grands ou petits, mais beaucoup plus

les profiteurs du système, ceux qui n’amenaient leurs juments que quelques

semaines en France, le temps nécessaire pour que le poulain puisse être

assimilé, avant de les faire repartir dans leur pays d’origine. Au final une

mesure symbolique, la surprime de 5 %, mais un assainissement de la situation

(l’obligation de résidence des juments sur le territoire français plus de la

moitié de l’année), et une modification intéressante des primes

propriétaires…Etait-ce vraiment la peine ? Oui de mon point de vue, car rien

n’aurait été pire que le statu quo, notre système étant devenu une passoire et

fonctionnant de plus en plus au bénéfice des étalonniers étrangers, qui en sont

d’ailleurs les plus ardents défenseurs. Ils ont sauvegardé l’essentiel, la

notion d’assimilés, et devraient être satisfaits, de même que les sociétés de

vente qui sont leurs principaux relais, ainsi que les éleveurs qui vont à

l’étranger, qui ne seront que très légèrement pénalisés. Saluons donc ce

premier pas, qui donne un signal positif, même si ce ne sera pas suffisant pour

ramener en grand nombre des étalons de qualité en France. Et faisons le bilan

du système dans quelques années, ce qui nous amènera probablement à faire

évoluer ces règles, dans le sens de l’objectif commun qui devrait être le nôtre

et qui est de remettre l’élevage français, et surtout ses étalons, au niveau

qui devrait être le sien. Nous en sommes encore loin, raison de plus pour

avancer, même à petits pas ! »