Des debats tres animes a l’assemblee des eleveurs !

Autres informations / 23.08.2012

Des debats tres animes a l’assemblee des eleveurs !

À la

suite de l’assemblée générale du Syndicat des éleveurs, mercredi dans

l’établissement des ventes Arqana, un débat était organisé. Le thème : “Quels

leviers pour renforcer demain la compétitivité de nos élevages ?” Différents

intervenants, à la tribune et dans la salle, se sont relayés pour proposer des

solutions. Alors que le sénateur Ambroise Dupont a commencé son exposé en

insistant sur la nécessite d’une union de la filière pour défendre le dossier

de la T.V.A. à Bruxelles, les divisions sont vite apparues dans la salle.

Arqana-France Galop, Paris-Province : les débats ont été vifs. Face à la

problématique du propriétariat, Tim Richardson a souhaité que les entraîneurs

s’expriment. Présente dans la salle, Christiane Head-Maarek, Présidente de

l’association des Entraîneurs, a pris la parole : « J’ai discuté avec beaucoup

de mes collègues pendant ces ventes, et très peu avaient reçu des ordres

d’achat. Beaucoup m’ont également dit qu’ils viendraient en octobre.

Aujourd’hui, les courtiers ont pris la place des entraîneurs, et je le déplore,

même s’il y a de la place pour tout le monde. Il est aussi évident que nous ne

communiquons pas assez avec nos propriétaires. C’est pour cette raison que lors

des passages des licences, nous sommes plus sévères. Il faut que les jeunes

soient armés, qu’ils parlent anglais, qu’ils comprennent que leur métier n’est

pas seulement l’entraînement, qu’il faut aller chercher les clients… » Le

président des éleveurs, Loïc Malivet, en citant les derniers chiffres

disponibles, a alors constaté un déplacement des populations de chevaux, avec

une baisse des effectif en région parisienne et dans le Sud-Est, alors que ceux

du Sud-Ouest augmentent. « Si le coût de la pension d’un cheval est supérieur à

Chantilly, c’est que nous déclarons notre personnel, a expliqué Christiane

Head-Maarek. Je vais juste rappeler les chiffres de l’Afasec : pour 3.000

chevaux déclarés à Chantilly, il y a 1.000 cavaliers d’entraînement. Cela fait

un cavalier pour trois chevaux. » François Rohaut, également présent dans la

salle, a été choqué par ses propos. Si, à chaud, et sans prendre le micro, il a

juste déclaré à sa collègue qu’elle ne pouvait pas tenir de tels propos, il

nous a demandé de publier la réaction suivante : « Lors de l’assemblée générale

des éleveurs, Madame Christiane Head-Maarek a, devant l’assistance et pour

justifier les différences de prix de pension pratiqués par les entraîneurs

cantiliens et les entraîneurs de province, accusé ces derniers de pratiquer le

travail au noir. Je ne peux accepter de telles accusations diffamatoires et

mensongères et demande à Madame Head-Maarek de retirer ses propos et de

présenter ses excuses aux entraîneurs de province, tous particulièrement

choqués par de telles déclarations tenues par la présidente de l’association. »

UN BILAN

DES VENTES ARQANA

Éric

Hoyeau, président d’Arqana, a pris la suite d’Ambroise Dupont, en commençant

par expliquer le paradoxe français. Alors que les allocations françaises sont

largement supérieures à celles distribuées en Grande-Bretagne (151,2 millions

d’euros contre 79,3 millions d’euros), le chiffre d’affaires généré par les

ventes de yearlings en France est nettement inférieur à celui des ventes

anglo-saxonnes (44,324 millions d’euros contre 119,058 millions d’euros). «

C’est à se demander si trop d’allocations tue le marché, a commenté Éric

Hoyeau. Le vrai challenge, c’est combattre la faiblesse de la demande

domestique. Plutôt que de se focaliser sur des problèmes comme les primes à

l’éleveur, il faut prendre de la hauteur et avoir une vision industrielle.

Aucune industrie française ne peut survivre sans une demande domestique. C’est

pour cette raison que nous lançons l’idée d’un Grenelle du propriétariat. Son

objectif serait d’élaborer une stratégie à cinq ans, destinée à reconstruire un

parc de propriétaires à la hauteur de la qualité de nos courses. Pour cela, il

faut une mise en commun des moyens, avec les propriétaires et les associations

qui les représentent ; France Galop dans son ensemble, et pas uniquement son

département propriétaires mais aussi le marketing, la codification, le système

informatique, le programme, les sites ; les sociétés de course de province, qui

sont un relais important dans les régions ; les entraîneurs ; les courtiers ;

les éleveurs et Arqana. Pour que ce projet soit couronné de succès, il doit

être porté par le président de France Galop et dirigé par une personne dédiée à

100 % à ce type d’activité. Il faut en déterminer les méthodes et les moyens et

balayer tous les tabous. Le Syndicat des éleveurs peut être un moteur pour

porter ce type de projet. »

HUBERT

MONZAT : « LE PROPRIETARIAT EST UNE PRIORITE POUR BERTRAND BELINGUIER »

En

réaction à cette proposition, Hubert Monzat, représentant France Galop en

l’absence de Bertrand Bélinguier, excusé pour raisons familiales, s’est élevé :

« Bertrand Bélinguier n’a pas besoin qu’on lui fixe sa feuille de route, et ces

effets d’annonce ne sont pas nécessaires. Une de nos priorités est la question

du propriétariat. Pour ce faire, nous nous attachons à distribuer un maximum de

ressources au titre d’encouragement des courses, et à encourager l’accélération

du cycle de carrière des chevaux. Il est indispensable que nous agissions

ensemble pour développer le propriétariat. La stabilisation du nombre des

propriétaires en France n’est pas suffisante. Compte tenu de la réalité

socio-économique, il faut développer d’autres formes de propriétariat, comme

les écuries de groupe. » Après la réunion, nous avons parlé avec le directeur

général de France Galop qui a encore insisté avec nous sur les efforts

importants effectués par France Galop depuis huit ans, car le département

propriétaires a été créé en 2004. « Pour Bertrand Bélinguier, c’est clairement

une priorité, car c’est France Galop qui a la responsabilité d’agir et qui

agit. » Louis Romanet a rappelé les actions du F.R.B.C. (dont les principaux

acteurs sont France Galop et Arqana) pour trouver des investisseurs étrangers

dans nos courses. Il a également souligné que la production devait s’adapter au

marché, tant en terme de qualité que de quantité.

ORIGINE

DES ACHETEURS EN AOUT ET OCTOBRE 2011 (DONNEES ARQANA)

                                               Poids

en % du C.A.               Poids en % des

yearlings achetés

                                               Août

   Octobre                      Août    Octobre

Français

                                 26 %    49 %                           34

%    53 %

Étrangers

pour la France        38 %    29 %                           32

%    21 %

Étrangers

pour l’export          36 %    22 %                           34

%    26 %